‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 261 sur 482 · RUPTURE DE LA VÉSICULE ET DES CANAUX BILIAIRES · texte numérisé non relu

RUPTURE DE LA VÉSICULE ET DES CANAUX BILIAIRES

sicule et des canaux biliaires peut se terminer par la guérison pourvu que Tépanchement de bile soit lent tout d'abord afin que les adhérences qui se forment puissent créer une espèce de poche kystique, séparée de la cavité péritonéale, il peut se déverser de grandes quantités de bile, 9 à 13 litres, qui formeront une tumeur Yolamioeuse au-dessus du foie dans l'hypochondre droit, repoussant le diaphragme et le poamon et faisant saillir la paroi abdominale antérieure. C'est ce que Ton observait dans les cas de Skeete (i), Fryer (2), Barlow, dont les deux derniers se terminèrent par la guérison. Dans tons ces cas, on retira 7 à 8 litres de liquide, par des ponctions répétées tous les dix jours. Dans la dernière observation, Texamen da liquide fit reconnaître qu*il était « plein de bile » dans une proportion de huit dixièmes pour deux dixièmes de substances étrangères. Dans les deux dernières observations, les matières fécales restèrent grisâtres, décolorées, pendant un certain temps, puis quand la bile recommença à couler dans Tintestin, le kyste cessa de se remplir et les malades revinrent à la santé.

Il n'est pas douteux que, dans ces cas, la vésicule biliaire ou Tun des canaux ait été rompu, que pendant quelque temps toute la bile sécrétée a été dérersée dans une cavité formée par des adhérences inflammatoires, et qu'enfin les canaux normaux ont pu se reconstituer. Cette terminaison faTorable me semble expliquée par les ei^kériences de sir Benjamin Brodie, sur la ligature du canal cholédoque. Il constata que les effets produits par la ligature de ce canal ne ressemblaient pas du tout à ce qui se passait quand on liait une artère ou une veine ; qu'elle ne déterminait pas l'adhérence des parois, mais qu'il se faisait un épanchement de lymphe organîaée au-dessus et au-dessous de la ligature qui edliérûtau canal et aux parties voisines; c'est ainsi que se trouvait formée une cavité au centre de laquelle était la ligature, détachée par Tulcération du canal. La bile pouvait donc se déverser dans cette cavité par l'orifice situé audessus de l'ulcération et s'écouler delà cavité par Torifice situé au-dessous de l'ulcération, de sorte que bien que la continuité du canal fût interrompue, la bile trouvait néanmoins une issue convenable. Sir Benjamin Brodie fait remarquer ^e le môme fait se produisait quand on appliquait deux ligatures à quelque distance l'une de

(1) Skeete, London médical Journal^ vol. VI, p. 274,

(2) Fryer, Med. chir, transaci.y vol. IV, p. 330 et irolome XXVll, p. 378.

Encycl. de chirargie.

l'autre sur le canal cholédoque. Tledemann et Gmelin ont obtenu les mêmes résultats sur des chiens; ils constatèrent que le passage de la bile était rétabli au bout d'une période variant de treize à vingt-six jours après l'application de la ligature. «

La vésicule biliaire peut être complètement séparée de ses connexions sans qu'il s'ensuive une mort immédiate et sans qu'il y ait déversement de son contenu.

Francis Ogston (1) a rapporté l'observation suivante :

Chez un homme sur le ventre duquel on avait trépigné, on trouva la vésicule biliaire pleine de bile, en liberté dans l'abdomen, près de Tombilic, on avant do rintestin grôle, ayant été rompue à l'origine du canal cystique. A sa surface adhérait un petit morceau de substance hépatique répondant à Torifice cystique. Le patient mourut au bout de trois jours, d'hémorrhagie ; on trouva 10 livres de sang dans la cavité péritonéale.

Ogston rapporte un second cas dans lequel la vésicule biliaire avait été détachée avec une partie du foie, de la môme façon, mais dans ce cas, les viscères lésés faisaient liernio à travers la paroi abdominale, et la mort avait été instantanée.

Dans Tobservation si connue de Walter Fergus (2), la vésicule biliaire fut rompue près de Tintersection des canaux cystique et hépatique; le fuie avait été déchiré également; cependant le malade se portait si bien au bout de cinq jours, qu'il fut considéré comme convalescent et qu'on lui permit de se lever; deux jours après il fut pris de péritonite aiguG et mourut le neuvième jour.

A l'autopsie, on trouva la vésicule biliaire vide, la cavité péritonéale contenant une grande quantité de bile et la péritonite était généralisée. La déchirure du foie était en voie de réparation, et il est possible que si le repos absolu avait été gardé plus longtemps, l'extravasation do la bile aurait été empêchée par la formation d'adhérences, et que la guérison aurait pu avoir lieu.

Le siège le plus fréquent de la rupture des voies biliaires semble être le canal cystique. Poland (3) et Wolff (4) ont publié des observations de rupture, du canal cholédoque, et Campaignol (5) un cas de rupture longitudinale de la branche gauche du canal hépatique. Bryant cite un cas de rupture transversale du canal hépatique à 6 millimètres au-dessus de sa jonction

(!) Ogston, Brit. and foreign med. chir, Review, vol. XXXIX, p. 193.

(2) Fergus, Med. chir. transact., vol. XXXI, p. 47.

(3) Poland, Fothergillian prize Essay.

(4) Wolff, Gaz. med., 1830.

(5) Campaignol, Journal hebdomad., t. II, p. 210, I 1829.

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