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HENRY MORRIS. — MALADIES £T LÉSIONS DE L'ABDOMEN
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avec le canal cyslique. Quand la vésicule biliaire est pleine de calculs, il suffit d'un coup porté sur elle pour la faire rompre.
Hoffmann (1) relate le cas de la femme d'un fermier qui fut tuée par un coup que lui donna son mari sur riiypochondre gaucbe. La vébicule biliaire pleine de calculs s'était rompue. Il cite aussi le cas d'une femme qui fut tuée par un coup de bâton.
Maclachan (2) publie l'observation d'un vieillard qui tomba par terre en descendant de son lit et mourut de péritonite au bout de quarante -buit heures. La vésicule biliaire s'était rompue et un calcul volumineux était enclavé dans le canal cystiquc.
Les symptômes de la rupture de ces organes, si elle n*est pas compliquée de celle d'autres viscèresy varient selon que Tépanchement se faitdans la cavité péritonéale ou dans une cavité circonscrite par des adhérences. Quand il n'y a pas d'épanchement, on observe simplement un état de coUupsus plus ou moins marqué, des douleurs abdominales, des vomissements, de la dyspnée, et tout cela peut disparaître rapidement. Quand l'épanchement de bile se fuit dans la cavité péritonéale, il donne lieu à une péritonite aiguë.
John Bell (3j s'exprime ainsi :
X J'ai vu mourir bien mallieureusement un homme qui, à la suite d'une cliutc, avait eu une ruptun.» des canaux biliaires qui avait déterminé un gonlleinent du ventre accompagné d'une douleur très vive; il était affecté de rictèrc le plus intense que j'aie jamais observé, et quand on ouvrit l'abdomen on le trouva plein do bile, de sérosité et de lymplie coagulée; les intestins, d'une teinte jaune uniforme, étaient enflammés, adliérents en certains points ei gangrenés dans d'autres. »>
Si la bile s'épanche dans un espace circonscrit par des adhérences, on observera les symptômes d'une péritonite aiguë localisée, accompugnéc d'ictère, plus tard il se formera une tumeur dans l'hypocbondre, et si toute la bile sécrétée s'épanche dans une cavité kystiforme, les selles seront décolorées. L'époque à laquelle se fait l'exlravasalion biliaire est variable ; dans l'observation de Fergus, elle s'est faite le septième jour, dans celle d'Ogston au bout de quinze
(1) Hofmann et Brouardel^ Éléments de médecine iéf;ale. Paris, 1881, p. 324.
(2) Maclaclian, Med. Gaz., t. XXXVU, p. 968.
(3) John Bell, Discourses on the nature and cure of wounds, 3* édit., p. 358.
heures, tandis que dans d'autres c'est au moment môme de Faccident. Si la vésicule biliaire est rompue, la bile se déverse généralement en grande quantité, et la mort est immédiate. Leseure (1) cite cinq cas où la mort a été iostantanée dans quatre, le cinquième était celui d'uD enfant de douze ans, qui vécut quatre jours. Dans l'observation de rupture du canal hépatique publiée par Sutton, la douleur abdominale parait avoir augmenté lentement à partir du moment de l'accident; l'ictère et le gonflement abdominal survinrent au bout de quelques jours, et k mort arriva au trente-huitième jour. L'ictère est sans doute l'effet du shock, bien qu*il poisse résulter d'une obstruction au siège même du traumatisme.
Traitement.
Quand on a quelque raison de soupçonner une lésion traumatique de la vésicule ou descanaux biliaires, il faut prescrire un repos absola afin d'empêcher, s'il est possible, Tépanchement de la bile et de donner le temps aux parties voisines de sécréter une lymphe organisaUe qui entoure l'endroit lésé. On sait, d'après les observations qui en ont été publiées, que la bile ne se déverse pas toujours immédiatement, etsl Von peut éviter pendant quelques semaines les efforts que déterminent les vomissements, l'usage des purgatifs, en un mot les mouvements actifs de quelque organe que ce soit, on aura de légitimes raisons de compter sur la guérison. Le repos absolu au lit, les fomentations chaudes pour soulager la douleur, l'application de sangsues au siège du traumatisme, tels sont les moyens à employer ; on peut aussi faire sucer un peu de glace pour combattre les vomissements et apaiser la soif; on ne donnera que la plus petite quanlilô possible de nourriture et àl'état liquide.
Si, au bout de quelques jours, il était nécessaire de provoquer une évacuation intestinale» il faudrait administrer des lavements et non des purgatifs.
Sil se forme une tumeur, on donnera issue à la bile par des ponctions répétées autant qu il sera nécessaire. Les observations de Fryer et de BarloNv prouvent que ces pratiques peuvent être suivies de succès.
Dans certains cas, on devrait faire la laparotomie suivie de suture ou d'enlèvement de la vésicule bilia'u'e.
(1) Leseure, Thèse inaugurale. Paris, 1834.
PLAIES DU FOIE PAR ARMES A FEU
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