BILIAIRES
PLAIES PÉSÉTRASTES.
Elles sont extrêmement rares, en raison du peu de volume de ces organes et de leur situation, qui les met à Tubri des traumatismes.
Elles causent une mortalité très grande, en raison de l'action irritante de la bile sur le péritoine. John Bell (1), après avoir parlé des plaies de la vessie, s'exprime ainsi : « Les plaies de la vésicule biliaire sont semblables, car son liquide est irritant à un degré encore plus élevé, et le patient échappe rarement à une inflammation rapide et mortelle; l'urine et la bile agissent comme dos poisons projetés dans l'abdomen, et le patient meurt uu milieu de grandes souffrances. >> Plus loin il dit encore : u Au point de vue du degré d'irritation, la bile possède le plus élevé, puis viennent l'urine, les aliments, les matières fécales, enfin le sang; c'est parce que l'épanchement de l»ile est le plus dangereux que les conséquences en sont si graves. » La gravité de la péritonite produite par l'issue de la bile a été exagérée, ainsi que l'ont démontré les expériences d'Iloring {'1\ d'Ilerlin (3) et de r.umpaigiiol >y elles observations qui ont été juibliées. Kaltsrhnïidt en 1735 et Bolin en 18<>0 st)u tenaient que la bile pouvait être épanchée dans l'abdonu'ii sans qu'il y ail un danger immédiat; mais Sabatier, ({ui eut l'occasion de constater un cas de plaie de la vésicule biliaire, considère que la péritonite est mortelle au bout de quelques heures ou de quelques jours, cl qu'elle est le résultat nécessaire de l'extravasAlion de bile dans la cavité abdominale. L'opinion de Sabatier prévaut encore aujourd'hui à la fois en ce qui regarde l'intensité de l'inflammation et la rapidité de son développement.
(V John Bell, loc. cit., p. 356 et 358.
^î lluriiig, Diss. sisiens experiment. de muiationiifua (juas materijp in cursum peritonei injectât sufteunt, Tûbingue, I8I7.
,:r HorUn, Journal f/e médecine, t. XXVII, p. 463.
,4 (Umpaigiiol, Journal hebdomaddire, 1829, t. Il, p. ÎIO.
Symptômes.
Douleurs et tension de rabdomen, surtout dans l'hypochondre droit, a?ec un pouls petit, fréquent et intermittent; dyspnée, insomnie, agitation, refroidissement des extrémités, pAleur de la face, parfois ictère, hoquet et nausées. Stewart (f) a publié un cas de plaie pénétranle de l'abdomen et du fond de la vésicule biliaire, sans autre lésion :
L'abdomen devint immédiatement distendu an raprôme degré et le degré de tympanite ne dimiooa paa ensaite. En dépit des purgatifs et des laTemeott, la constipation resta opiniâtre. On administra noe certaine quantité de liquide alimentaire ; les calmaou ne procurèrent pas de sommeil et il y eut une insomnie continue jusqu'à la mort, qui arriva an bont de huit jours. Après la mort on trouva les intetU'of très distendus, la vésicule biliaire vide et an épaochement abondant de bile.
L'observation de Sabatier (2) se rapproche beaucoup de la précédente :
Le malade mourut au bout de trois jours ; quelques heures après, on avait introduit dans la région iliaque droite une canule par laquelle on retira on liquide inodore, brun-verdàtre, que Ton supposa être de la bile pure. A l'autopsie, les intestins étalent très distendus, la vésicule biliaire ratatinée et presque vide ; son fond portait une plaie de quelques millimè très de long qui correspondait à une lésion semblable du péritoine. L'instrument avait péoétré entre U troisième et la quatrième fausse céte et avait gUisc de liaut en bas et d'avant en arrière eotre les anilages costaux jusqu'au fond de la vésicule.
Walon (3) rapporte un cas mortel de blessure de la vésicule par une baïonnette, et sir Asile y Cooper en a publié un autre :
La baïonnette pénétra juste au-dessous du bord des cétes droites ; le blessé eut une syncope, et lorsqu'il reprit connaissance, il éprouva une douleur Atroce dans l'abdomen qui devint très tendu et sensible, et il mourut au bout de treize heures. On constata une perforition de la vésicule et un épancbement do bile iutra-abdomiual, et partout où le péritoine éuit resté en place, il était très enflammé.
Les plaies des canaux biliaires s'accompagnent sans doute des mêmes symptômes que
(I) Stewart, PhilosopUical transactions. Londres. no 414, p. 341.
,2) Sabatier, Médecine opératoire. Paris, 1796, t. I. p. 43.
^3' Waton, Journal de médecine miiitaite, t. Vil. p. 5Ô0.