‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 271 sur 482 · ABCÈS DES CANAUX BILIAIRES · texte numérisé non relu

ABCÈS DES CANAUX BILIAIRES

Les calculs peuvent donner lieu à des abcès dans les canaux biliaires sur tous les points où ils s'enclavent ou développent de l'inflammation. Parfois un calcul enclavé dans un conduit fait développer un abcès dans le tissu hépatique sous-jacent, et au bout d'un certain temps le calcul peut passer du conduit dans l'abcès ainsi formé, ou bien des adhérences peuvent se former entre le conduit enflammé et les tissus voisins, et alors le calcul passe dans un abcès péri-

HYDATIDES.

tonéal circonscrit» ou bien il peut ulcérer les tuniques de Testomac ou de Tintestin, plus souvent du duodénum et donner lieu à une fistule biliaire, gastrique ou intestinale.

Les très petites concrétions constituant la gnveUe biliaire, qui sont formées dans les radicules du canal hépatique, peuvent amener un obstacle partiel au cours de la bile et la dilatation des canaux ; dans certains cas, elles peu- Tent s'enfermer dans de petits kystes fibreux; mais dans d'autres elles amènent Tulcération des conduits et des abcès multiples du foie.

Symptômes.

Les symptômes de ces abcès des canaux întra-hépatiques sont très obscurs. 11 n'y a pas d^ictère, pas d'atrophie du foie ni de douleurs; quelquefois ils causent une sensation de pesanteur dans le voisinage du foie avec des

douleurs analogues à des coliques et des frissons suivis de sueurs et de chaleur, comme dans les fièvres intermittentes.

Les abcès des canaux extra-hépatiques donnent lieu à des coliques hépatiques, à de la sensibilité dans la région du foie, à des vomissements ou à des troubles intestinaux. Si l'abcès siège dans le canal cholédoque, il y aura presque certainement de l'ictère par obstruction biliaire, et le foie sera gonflé et sensible.

Traitement.

11 faut chercher à calmer la douleur, combattre les symptômes inflammatoires et faire disparaître l'obstruction biliaire, si cela est possible, par l'administration de vomitifs non hyposlhénisants. L'intervention chirurgicale sera très rarement utile.

HYDATIDES.

(Joe hydatide ou en d'autres termes un kysle

^ échinocoques n'est autre chose que l'état de

'^ive d'un ?er ruban né, le txnia echinococcus,

^ii'OQ trouve dans l'intestin du chien et du loup

^t qui n'est formé que de trois anneaux (I). Ledé-

^^oppement d*un kysle hydatiquc chez l'homme

^t très lent et ne se produit qu'après l'inges-

UoQ d'œufs de taenia, qui sont avalés en môme

^^mps que les aliments ou les boissons; l'eau

^e qu'on laisse à la portée des chiens en est un

Véhicule très commun.

Une tumeur hydatique consiste en :

i^Une vésicule épaisse, gélatineuse, élastique, grisâtre, transparente, formée de tissu lamineux hyalin, c'est Vtctokystc de Huxley ;

%^ Une membrane mince, délicate, molle, mais pas très élastique, limitant l'ectokyste et portant d'habitude à sa face interne une foule de petits corps, comme des grains, c'est la membrane fertile, Vcndokyste de Huxley ; c'est de plus la partie essentielle à la vie du kyste à echinocoque ;

3* De très petits bourgeons qui sont produits par Fendokyste et restent pendant un certain temps attachés à lui par un pédicule, soit isolés soit en groupes et sont enfermés dans une

(1) Voyez Cauvet, Histoire naturelle médicale , I* édition. Paris, 1885, t. I, p. 385. — Davaine, Traité det entozoaires et des maladies vermineuses, 2* édition, Paris, 1877, p. 919. — R. Blanchard, Traité de zoologie médicale. Paris, 1886, p. 805.

petite vésicule mince. On voit ces bourgeons à la face interne de l'endokyste sous l'aspect de petits grains blanchâtres ; ce sont des scokx ou embryons du tœnia echinococcus, qui présentent les caractères anatomiques de la tête de ce ver : la double rangée de crochets et les quatre ventouses ovales placées à égale distance des crochets ;

4<> Une certaine quantité de liquide aqueux, clair, qui distend l'endokyste et dans l'intérieur duquel flottent de nombreuses vésicules de toutes dimensions, quelques-unes des plus petites restent adhérentes à la membrane mère. Ce sont les vésicules secondaires ou filles, dont quelques-unes des plus grandes contiennent une troisième et celle-ci une quatrième génération .

Cobbold dit : « La production des hydalides filles et petites-filles par prolifération ou bourgeonnement a donné lieu à bien des controverses. Leuckart soutient que ces formations secondaires prennent ordinairement leur origine en diiTérenls points situés entre les lamelles de l'endokyste. Naunyn prétend d'autre part que les vésicules filles sont des bourgeonnements spéciaux à l'endokyste. Je crois que le processus observé par Leuckart est exceptionnel, que ces vésicules sont des scolex anormaux développés par bourgeonnement de l'endokyste; et je suis de l'avis de Naunyn, que Tendokyste ne produit pas seulement des scolex, mais qu'il

HENRY HORBIS. — MALADIES ET LÉSIONS DE L'ABDOMEN

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prend également part k la rormalion des hydalides secondaires et tertiaires, soit exogènes, soit endogènes. En d'autres termes, et d'accord avec Von Siebold, Wagener et Bremser {I), on admel que les vésicules secondaires ou filles sont, pour la plupart, des scolex mëtamorphoséB ou imparfaitement développés, qui à leur tour peuvent donner naissance à de vrais scolex. »

Le liquide au milieu duquel flottent ces vés^ cules est limpide et alcalin, d'une densité de 1007 t 1009, ne contenant pas d'urée, mais des traces d'albumine; la présence d'une grande proportion de chlorure de sodium donne un précipité blanc abondant avec le nitrate d'argent. 11 peut contenir des échinocoques, des crochets ou des scolex, ou des lambeaux de la membrane bydatique striée; mais au-dessus de ces différents corps, le liquide hydatique se dislingue par sa composition chimique de tout autre liquide pathologique.

En dehors de l'ectokyste, il y a habituellement une capsule d'enveloppe, plus ou moins épaisse, formée par des produits inflammatoires. Cette capsule adventice adhère intimement âl'organt^ ou au tissu dans lequel la tumeur se développe et possède des vaisseaux sanguins très abondants.

Quelquefois le kjste hjdatique est stérils, c'est-à-dire qu'il ne renferme pas de scoles développés sur l'endokyste, mais simplement le liquide qu'on y trouve habituellement. Cm kystes stériles sont appelés actphalocystet. C'est la forme de kyste hydatique qui guérit promplementpar la ponction. En parlant des bjditides du foie, nous décrirons lea dilTëreotei modîBcations que les kystes hydatiques peuvait subir.

Celles-ci peuvent survenir & toutes les périodes el dans l'un ou l'autre sexe et dans tou lea tissus. Le siège le plus habituel est la cavité abdominale et en particulier le foie. Dana li grande majorité des cas, quand des kystes hydatiques existent dans d'autres organes, ili ne sont que secondaires et ont pris naissance dus le foie. Ils peuvent exister pendant des année) sans porter atteinte à la vie et même sans qu'on en soupçonne la présence.

RYSTliS HYDATIQUES DU FOIB.

SymptftlDMI.

Pendant un certain temps, les progrèi ie^ kystes hydatiques du foie sont insidieui et leur

Pig. îî;c,

présence n'est pas soupçonnée tant qu'il n'y a pas une tumeur perceptible. Quand celle-ci apparaît, clic n'est d'abord pas plus girosïe qu'une orange, mais elle peut s'accroître au point de remplir la plus grande partie de l'abdomen. La Forme du foie se trouve ainsi changée. La sur-

(l)lir«iDMr, Traitédttvtrt in fetftnatw. Paris, 1837.

imposBlbia i

face de lu tumeur est lisse et régulière, k moiDs que, comme cela arrive quelquefois, deux ou un plus grand nombre de kystes fassent saillie k la surracc du foie assez près l'un de l'autre el loi donnent un aspect lobule. La tumeur est élastique sinon fluctuante. S'il n'existent pax, ou s'il existe seulement une mince cavité de tissu hé* patique au-dessus du kjste, on percevra de ta

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