‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 300 sur 482 · ABCÈS DE LA TROMPE. — SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

ABCÈS DE LA TROMPE. — SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC

▼ont constaté des lésions des trompes que je suis tenté de croire que, dans la plupart des cas de pelvi-péritonite récurrente due à la rupture d'un kyste, c'est dans la trompe qu'il faut rechercher l'origine du mal », plutôt que de l'attribuer à la rupture d'un petit kyste ovarien.

Causes.

L'inflammation de la trompe est souvent causée par l'état puerpéral; elle peut l'être aussi par l'extension, par continuité de tissu, d'une inflammation provenant du vagin ou de l'utérus quand ces organes sont atteints de catarrhe ou d'ulcérations. Il est plus probable que, dans quelques cas une ovarite ou une périovarite a précédé l'inflammation de la trompe et son adhérence à l'ovaire. 11 est certain que l'abcès de l'ovaire coexiste avec une pyo-salpingite, ainsi que le prouvent les observations de Bernutz et de Tait (1).

En 18M, une femme, âgée de 29 ans, entra à Thôpiul Middlêsex et mourut rapidement d'une péritonite Bonigué. A Tiutopsie, on trouva les intestins agglatinët et recouverts d'une lymphe verdàtre. Une grande quantité de pus remplissait le cul-de-sac postérieur du bassin et Ton voyait du pus sortir d'un abcès de la grosseur d'un œuf de poule en rapport avecTovaire gauche ; Tovaire lui-môme était très gonflé et la trompe très volumineuse. L'ovaire droit était deux fois aussi gros qu'à l'état normal, et la trompe de ce côté était dilatée. L'utérus était rétroversé, mobile et sans altération de tissu.

La pelvi-péritonite, quelle qu'en soit la cause, peut donner lieu aune inflammation tuberculeuse des trompes, mais le plus souvent c'est l'inverse qui arrive, et la péritonite est la conséquence et non la cause delà salpingite. Tout arrêt brusque de la menstruation passe pour amener la dilatatubûre comme conséquence de l'inflammation de la trompe. Morgagni a constaté que cette affection se rencontrait souvent chez les prostitnèeSy ce qui d'après lui, rendait compte de leur stérilité habituelle. 11 est possible que l'extension d'une inflammation leucorrhéique ou blennorrhagique des trompes et des ovaires soit la cause de l'état signalé par Morgagni comme fréquent chez les femmes de la viUe. 11 existe égalaient d'autres causes que celles que je viens d'énumérer. J'ai observé une pyosalpingite chez une femme qui avait un prolapsus de l'utérus et des ulcérations de cet organe, et une hydrosalpingite énorme chez une autre qui mourut

(1) Tait« DUetues of Wrnitn^ 4* édit., p. 61.

de l'extension d'une affection cancéreuse de l'utérus. Wilks et Moxon en ont observé en môme temps qu'un chancre du vagin.

La métrite septique en est également une cause bien connue.

Symptômes et diagnostic.

On trouve généralement dans les antécédents de la malade des troubles pelviens ou péri-utérins durant déjà depuis longtemps, qui ont été probablement causés par l'inflammation du péritoine ou du tissu cellulaire pelvien. Il existe aussi depuis longtemps des irrégularités de la menstruation : celle-ci est très profuse, revient à des époques très rapprochées et est précédée et accompagnée de douleurs très vives. Celles-ci qui sont plus constantes^ comme dans l'ovarite, augmentent par les mouvements et deviennent tellement intenses, pendant le coït, qu'elles rendent cet acte tout à fait impossible. La stérilité se trouve donc produite par une double cause : l'obstruction de la trompe et l'impossibilité des rapprochements sexuels. Ces symptômes résistent à tout traitement médical ou chirurgical tel qu'incisions, dilatations, cautérisations, pessaires, sangsues, etc. Au toucher vaginal ou rectal, on trouve souvent un gonflement sensible, plus ou moins flxe, situé à l'endroit où l'on senthabitueUement l'ovaire, ou si l'afifection tubaire est double, ou peut le sentir des deux côtés. Quelquefois on perçoit dans ce gonflement une fluctuation très nette. Lawson Tait prétend que la forme particulière, en saucisse, de la trompe distendue lui a permis de diagnostiquer une hydro ou une pyosalpingite. D'autre part, les examens nécroscopiques viennent souvent confirmer ce que dit Bernutz, que les tumeurs périutérines constatées à l'examen vaginal sont souvent formées par les produits inflammatoires enkystés du péritoine pelvien, même dans les cas où les trompes sont très distendues. Il peut ainsi arriver qu'un diagnostic correct se trouve basé sur des prémisses fausses, et si l'on persiste à croire à la nature supposée d'une tumeur péri-utériue, on peut très bien commettre une erreur. Les tumeurs produites par le gonflement de la trompe doivent être distinguées de celles de la pelvi-péritonite, que celles-ci soient des coUections enkystées de pus ou des masses viscérales agglutinées. Elles peuvent aussi être confondues avec un petit kyste de l'ovaire ou du ligament large, surtout s'il est fixé par des adhérences au bassin, ou avec un kyste hydatique du bassin. Mais la forme plus arrondie des premiè-

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