‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 305 sur 482 · DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE DU REIN · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE DU REIN

La dégénérescence amyloïde, cireuse ou lardacée du rein (itucomatose) est une des formes du mol de Bright.

Canaes.

C'est une maladie chronique qui reconnaît deuicauses:lasyphilU et la suppuration. Parmi

les diverses causes de suppuratioa, la phitûsie

[1} Mackeniie, TransacUotu of t/u paihologicat Svcietij. Londres, vol. XXII, p. I).

(1) Coupland, Transacliom oftkt pathologicul Socielij, vol. XXXI, p. 380 et vol. XXVII, p. SOI.

(3) Voyei Harlingen, Maladiei vénériermet, tgfhi- U; la Encyclopédie dé chirwgit; toow I, p. 69S.

DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOtDE DU REIN. — SYMPTOMES.

et la carie osseuse en sont les deux grands facteun.

La dégénérescence am^loïde du rein consiste dans la métamorphose rétrograde des gloroërulee Ae Matplphi {Bg. 237S) et des artérioles qui defiennent saillantes et brillantes; leur membrane est atteinle et il se Tait une transsudation dano les tubes rénaux.

Hg. }17â. — Corpntcules de MilpIgUi.

AiDii l'aspect du rein dilTëre aux différentes périodes de la dégénérescence.

A la première période l'organe paraît presque normal comme volume, coloration et rapports avec sa capsule, de même qu'à la coupe ; mais ■i OD 7 applique de l'iode ou de la méthylaniline, on roil apparaître des points colorés qui vont en a'irradiant de la base des pyramides fers la capsule et qui indiquent la présence de ' glomérules dégénérés.

A la seconde période, cette dégénérescence s'accompagne de changements secondaires dans les tubes, tout l'organe est augmenté de volume et présente à la coupe un aspect lisse et pftle ; la substance corticale est plus épaisse et plus deose. La plupart des tubes sont bouchés, et l'application de l'iode ou de la mélhylanillno produit la réaction caractéristique.

A la troisième période, le rein est atrophié, la substance corticale est relativement diminuée, creusée d petites dépressions irréguUères à la surface d'un aspect jaune blanchâtre, granuleux ou strié. En j appliquant de la teinture d'iode, on constate de légers changement dans la substance corticale, le sommet des papilles donne la réaction bien marquée, des lignes brunâtres remontent le long des pyramides. Cette disposition de la pigmentation est due i la coloration des raisseaux et des tubes, tandis que l'absence de coloration de la substance corticale est due ï la présence de dëpAls lardacés et b la destruction des tubes.

A aucune période de la dégénérescence amy< loide la capsule n'est adhérente, mais il ; a En^cL de cbinirgie.

d'autres affections rénales où les capsules sont adhérentes (la syphilis par exemple)et qui peuvent être associées k la dégénérescence amyloïde.

Les diffère nia étals dans lesquels on peut trouver les reins et qui résultent de cette affection sont les dégénérescences amUoïdes simples, l'hyperthrophie par transsudation, l'atrophie; ils correspondent aux trois périodes décrites cl* dessus.

SyinptAmes.

Les débuts de cette maladie se font graduellement et ne s'accompagnent pas de symptômes rénaux ou urinaires. Elle peut exister à un élat 1res avancé sans qu'on la soupçonne, & moins qu'on ne la recherche tout parliculièrément. Cependant, quand un malade atteint de spbilis, do phtbisie, de carie, de nécrose ou de tuute autre cause de suppuration prolongée évacue une grande quantité d'urine liquide, très dense, on doit soupçonner une dégénérescence amylolde. La quantité d'albumine contenue dans l'urine est tout d'abord faible, mais elle augmente graduellement, etft la tin on constate un cinquième, un tiers ou même la moitié d'albumine. Dans les dernières périodes, on trouve des cylindres hyalins. On constate rarement la présence de l'urée ou d'autres parties constituantes de l'urine. Bien qu'il n'y ait pas d'hydropisie ni d'ascite, d'autres organes tels que le foie ella rate participent souvent â cette dégénérescence, et la plupart du temps, sinon toujours, ces organes sont dans un état de dégénérescence plus avancée que le rein. Un sujet atteint de dégénérescence amyloïde viscérale présente une teinte cireuse généralisée, ses forces sont épuisées, il est émacié,Bon sangesl très pauvre, les globules blancs y sont en très grand nombre, comme dans le cancer et les affections débilitantes, et il devient très aqueux.

En général la cause qui a produit l'état amyloïde entraîne la mort de l'individu avant que l'affection amyloïde ne soit arrivée à un degré assez avancé pour être mortelle par elle-même; mais, dans les cas exceptionnels, la mort arrive par anémie, par urémie ou par la dégénérescence amyloTde du rein et d'autres organes. D'autre part, si la cause de l'affection amyloïde se trouve supprimée comme par une amputation, il est très remarquable de voir la rapidité avec laquelle le processus morbide rétrograde et les organes reviennent à leur élat normal.

Outre le foie et la rate, tes vaisseaux sanguins VI. — 28

HYDRONÉPHROSE, -* DIAGNOSTIC.

guliëre, arrondie, occuper la région rénale de Tabdomen remonter jusqu'au bord des côtes, descendre jusqu'à la crête iliaque et dépasser en dedans la ligne médiane en môme temps qu'elle Tail saillie dans la région lombaire. Dans les cas Biceptionnels, la tumeur atteint un tel volume 9a*eUe distend tout l'abdomen et prend l'aspect Bl les caractères physiques d'un kyste ovarien. Plusieurs erreurs de diagnostic ont été faites dans des cas semblables, et des opérations commencées en vue de pratiquer l'ovariotomie ont dû être abandonnées ou se terminer par l'enlèrement du rein affecté. Dans d'autres cas l'existence delà tumeur est intermittente : à certains moments, elle fait saillie et est très appréciable, dans d'autres on ne peut en constater la prélence(l).

Causes.

Tout ce qui apporte un obstacle à l'écoulement de l'urine peut être une cause d'hydronépbrose, mais les tumeurs les plus volumineuses sont celles qui se forment quand la cause de robstmcUon produit ses effets graduellement et que celle-ci ne devient que peu à peu complète. Un ealcol enclavé dans l'uretère, un néoplasme de la ressie qui bouche l'orifice vésical de l'uretère, une rétraction cicatricielle ou congénitale de l'uretère, des replis de la muqueuse en forme de Talvule, des torsions de l'uretère, une compression causée par une tumeur, par un utérus gravide ou rétroversé, par un kyste hydalide, et d'une façon générale toute cause qui déterminera one compression de l'uretère, pourront amener de lliydronéphrose.

Les rétrécissements de l'urèlhre, le cancer de l^itérus ou de la vessie et en général toutes les causes qui mettent obstacle à l'écoulement de l'urine des deux reins, produisent de l'hydronéphfose et de la pyonéphrose, mais n'amènent pas sou? entladistension des reins au point de causer une tumeur abdominale ou lombaire. Le cancer de l'utérus et du vagin est souvent une cause mortelle d'hydronéphrose et de pyonéphrose, mais le degré de la distension est rarement considérable.

Le liquide contenu dans le kyste hydroné- ^Érotique est liquide, opalescent et constitué par de l'urine d'une composition imparfaite, jaune, brune ou rougeàtre. On peut y trouver de l'acide urique, des urates et de l'oxalate de diaux. Quelquefois le liquide est trouble et contient du muco-pus; d'autres fois U renferme des

(1) Medkfhchirwgical Transactions, wol. LIX,p. 363 •

caillots de date ancienne ou récente qui le colorent en brun ou en rouge. Dans bien des cas le liquide n'a pas d'odeur, il ne présente aucune réaction par la chaleur ou l'acide nitrique ni avec la liqueur cupro-potassique ; sa densité est faible, il laisse à peine un résidu à l'évaporation et ne contient ni urée ni acide urique ; en réalité ce n'est que de l'eau renfermant une grande quantité de chlorure de sodium et quelques cellules épithéliales.

Ssrmptômes.

Quand la dilatation n'est pas assez considérable pour donner lieu à la présence d'une tumeur, il n'y a pas de symptômes d'hydronéphrose, celle-ci n'est simplement qu'une complication ou une conséquence d'une autre affection qui n'attire pas l'attention du médecin. Cependant quand il existe une tumeur, il faut la traiter comme une affection propre, surtout quand elle menace de compromettre les organes voisins en les comprimant ou d'umener la mort par sa rupture dans le péritoine. la tumeur est parfois irrégulière ou lobulée et souvent fluctuante ; si elle s'affaisse, on constate en môme temps l'écoulement par l'urèlbre d'une grande quantité d'urine, très dense ou bien contenant du pus, du mucus ou du sang. En raison de son volume, elle peut causer beaucoup de douleurs et apporter un obstacle considérable aux fonctions du côlon, déterminant ainsi de la constipation. Quand elle prend naissance par suite de causes qui par elles-mêmes ne produisent pas de la douleur, son développement peut ne pas s'accompagner de troubles généraux ou locaux; si au contraire ses causes, produisent par ellesmêmes de la douleur, telles qu'un calcul rénal, on verra survenir des accès de coliques néphrétiques et d'autres manifestations dues à la cause elle-mêm^, avant que la tumeur ne fasse son apparition.

Diae^nostic.

11 est souvent extrêmement difficile de diagnostiquer l'hydronéphrose de la pyonéphrose et des abcès périnéphréliques, dans certains cas même, cela est impossible. Les abcès périnéphrétiques causent de la plénitude dans la région lombuire, tendent à s'étendre en haut et en bas, mais ne présentent pas habituellement la forme d'une tumeur circonscrite plus ou moins mobile, gagnant la partie antérieure de l'abdomen et que l'on peut sentir dépassant la ligne médiane en avant, quand le patient se couche sur le dos.

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