ÉTRANGLEMENT. — SYMPTOMES
amènent bientôt une disproportion entre leur volume et le calibre de Tanneau constricteur. Le plus souvent il s'agit de hernies mal contenues, soit que le malade ignore Texistence de Boa hernie, soit qu'il emploie des moyens insuffisants de contention, soit enfin que la hernie est réellement incoercible. Enfin, à côlé de ces hernies mal contenues, il faut placer les hernies Dettement irréductibles et qui sont souvent le siège, ainsi que les précédents, de Fétranglement consécutif. Ajoutons queTarrét des corps étrangers a pu en devenir le point de départ.
Outre ces données étiologiques.les hernies à étranglement consécutif se distinguent des autres an ce que le début est insidieux et que les accidents ont une marche progressivement croissante.
Ainsi les variétés de hernies à anneaux larges dans lesquelles elles se produisent indiquent suffisamment pourquoi il ne se produit pas d'étranglement primitif : le mode d'apparition des symptômes et leur marche pouvant justifier à la rigueur l'hypothèse de l'étranglement consécutif. Mais si elle est née de l'observation clinique eUe n'a pu recevoir encore de consécration anatomique, au moins dans la grande majorité des cas ; en présence des lésions d'un sac herniaire on ne peut, ainsi que nous l'avons dit plus haut, déterminer exactement si elles ont précédé ou suivi rétranglenient : on est donc en droit de les considérer, quant à présent, comme consécutives à l'étranglement, et de faire rentrer leur histoire clinique dans celle de l'étranglement chronique ou spasmodique ou dans les cas d'étranglement peu serré.
U faut toutefois faire une exception en faveur de quelques cas publiés par G. Richelot, Berger etMougeot. Déjà Pott,cité parBroca, Doyen (1), Laborde (2), avaient rapporté des faits analogues pour la hernie inguinale. Il résulte des faits publiés par G. Richelot (3) que la péritonite herniaire peut exister seule ; si elle complique le plus souvent l'étranglement herniaire, elle pourrait peutêtre contribuer aie produire ou du moins à l'exagérer : mais il faut se rappeler que quand elle se développe en dehors de tout étranglement, elle ne s'accompagne ordinairement d'aucun des lignes de Félranglement herniaire avec lequel il est dès lors impossible de le confondre.
Il résulte donc de ce qui précède que l'étran- ^ment consécutif occupe une place très res-
(1) Doyen; Soc, an.t 1856.
(3) Laborde, Soc, an., 1S62.
(S) Richelot, De la péritcniie herniaire. Thèse iaragarale. Paris, 1874.
treinte, sinon hypothétique, dans l'histoire des accidents herniaires.
Ces symptômes sont nombreux : tantôt ils se produisent dans la tumeur (symptômes physiques) ou résultent du retentissement de l'étranglement sur l'appareil digestif (symptômes fonctionnels), tantôt enfln ils apparaissent dans d'autres appareils organiques plus ou moins éloignés. Nous les désignons pour le moment sous le nom de symplômes éloignés ou à distance pour ne pas préjuger de leur nature.
Symptùmes physiques, — Lorsqu'il existe une tumeur, condition qui manque quand il s'agit d'une hernie profonde, elle présente les caractères suivants. Elle n'est plus réductible même sous l'influence de pressions méthodiques : ce caractère estpathognomonique, mais dans le cas de hernies réductibles seulement, car il est des hernies habituellement irréductibles qui deviennent le siège d'un étranglement plus ou moins serré et dans lesquelles, on le comprend, ce caractère ne présente aucune valeur.
Dans tous les cas, la tumeur a pris une consistance inusitée : dure, quand l'anse est très distendue, elle présente le plus ordinairement une rénitence, parfois même une fluctuation des plus accusées. Quand l'anse présente une longueur suffisante, il n'est pas rare de percevoir dans les manœuvres de réduction un gargouillement caractéristique.
La percussion donne parfois de la sonorité : mais ce signe peut faire défaut, soit qu'il y ait un épanchement de liquide dans la cavité du sac, phénomène qui est loin d'être rare, soit que l'anse contienne surtout une notable quantité de liquide intestinal.
Dans certains cas, il existe une faible sonorité au niveau du pédicule qui tient surtout au voisinage de la cavité abdominale. Enfin, la pression exercée au niveau du collet est douloureuse, et ce fait est d'autant plus important que la tumeur proprement dite est le plus souvent indolente, et quand la pression y provoque de la douleur, celle-ci est toujours plus accusée au niveau du collet.
Symptômes fonctionnels, — Le premier de ces symptômes est le vomissement; dans certains cas, assez rares du reste, les vomissements surviennent dès le début des accidents, en dehors de toute ingestion de liquide, et se continuent avec une intensité croissante : plus souvent, ces vomissements s'arrêtent pendant un temps plus