‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 339 sur 482 · L. PIGQUÉ. — DES HERNIES · texte numérisé non relu

L. PIGQUÉ. — DES HERNIES

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par un étranglement peu accentué et conclure dans tous cas de Tintensité des symptômes au degré de la constriclion.

Les exemples sont nombreux qui prouvent le contraire, et M. Gosselin cite des cas d*étrang]ements accompagnés de symptômes alarmants qui onl pu être réduits avec la plus grande facilité. Nous pourrions citer d'autre part le cas d'un malade observé par nous à la Charité, et chez lequel Tabsence de tout signe alarmant coexistait avec un étranglement très serré*. Les cas sont aussi nombreux où l'étranglement chronique résiste au taxis le plus méthodique. 11 y a donc là une inconnue : il faut simplement retenir de ce fait, que dans les étranglements chroniques la temporisation est dangereuse, puisque l'absence de signes alarmants ne peut nous renseigner sur le degré de constriction.

L'étranglement spasmodique est une forme bien étudiée par Richter, très fréquente mais sur laquelle il avait basé une théorie pathogénique inacceptable, comme nous l'avons établi plus haut. Elle est caractérisée par des rémissions plus ou moins longues dans les symptômes de l'étranglement.

Tel malade, après une période plus ou moins longue, pendant laquelle les divers symptômes de l'étranglement ont présenté une extrême intensité, tombe dans un calme presque absolu, à ce point que, n'était la tumeur, on pourrait croire à une réduction spontanée. Les vomissements cessent, le ballonnement diminue, la respiration se calme et se régularise, le pouls devient plus régulier, quelquefois môme le malade paraît se rcchauiïer, puis tout à coup, soit spontanément, soit à la suite de ringestion d'un peu de liquide, les phénomènes graves de l'étranglement reparaissent avec leur intensité première : il n'est pas rare de voir se répéter plusieurs fois ces alternatives de rémission et d'exacerbation des symptômes.

Du reste dans l'étranglement dit aigu on peut observer également, comme le fait remarquer Gosselin, des rémissions, mais beaucoup plus courtes.

Quoi qu'il en soit, cette forme, qu'on pouvait appeler, avec M. Gosselin, étranglement à marche rémittente, est intéressante à connaître, car elle peut donner le change, faire croire à la réduction et conduire un chirurgien inexpérimenté à une temporisation fatale au malade.

A côté des formes précédentes partout signalées par les auteurs, nous devons placer le choléra herniaire, qui, quoique moins fréquemment observé, présente une importance

considérable. Dans cette forme ainsi appelée, parce qu'elle présente la plus grande analogie avec le choléra, les symptômes sympathiques sont au maximum : l'aîgidité et la cyanose soot très accusées, la température axillaire peat tomber à do*". Comme autres symptômes, on peut observer quelquefois, quoique plus raremeot, de véritables crampes.

M. Berger, qui a étudié ce symptôme avecle plus grand soin (1), a fait remarquer que cet accident apparaît parfois dès le début : les crampes occupent, selon le même auteur, de préférence les membres inférieurs, qooiqo'oo puisse les observer au poignet et à Tavant-bras. Liées à rélranglemenl, elles disparaissent généralement avec lui.

M. Berger, dans le môme travail, signale encore des contractures, des accès éclamptiqaei, voire même des phénomènes cérébraux caractérisés par du délire, des convulsions ches les enfants, de l'aberration mentale chez radulte, enfla de la contraction pupillaire et du strabisme.

L'analogie avec le choléra devient plus complète encore, quand aux phénomènes précédents vient se joindre de la diarrhée : ce symptôme, qu'il ne faut pas confondre avec les selles que présente quelquefois le malade au début de l'étranglement, est en général un phénomène tardif : on s'est appliqué à en faire le signe caractéristique du pincement latéral, mais ainsi que M. Ledentu le fait remarquer (2), il peut se montrer également dans le cas d'étranglement d'une anse complète : du reste, il s'agit surtout de selles séreuses, ne rappelant que de très loin les matières fécales et qu'on peut expliquer avec cet auteur par une transsudation séreuse, qui se produirait dans le bout inférieur sous l'influence de l'irritation causée par l'agent d'étranglement. Cette interprétation est acceptable, quoiqu'il est à remarquer que l'irritation constante au niveau de la constriction intestinale n'amène cette hypersécrétion que dans les cas graves. M. Berger nous faisait souvent remarquer que le même phénomène constituait un accident ultime, non seulement dans l'étraDglement herniaire, mais aussi dans les diverses variétés de l'étranglement interne.

En terminant, nous pouvons rappeler avec l6 professeur Duplay que ces formes ont été souvent observées dans le cours des épidémies de

(1) Berger, Bulletin de la Société de chirurgitt 187G.

(^) Ledentu, Article Hernie du Dictionnaire de méd. et de chirurgie de Jaccoud, Paris, I873f tome XVII.

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