ÉTRANGLEMENT. - TERMINAISON
choléra et attribuées par ^dal de Cassis à la constitution médicale régnante.
On ne connaît rien d'autre part sur leur pathogénie, et l'opinion d'après laquelle ces acddents sont toujours dus à une forte constriclion est, comme nous l'avons dit, très exagérée.
Dans un cas de Berger rapporté par M . Duplay, une hernie accompagnée des accidents du choléra herniaire put 'Céder facilement après quelques minutes de taxis.
Terminaison de rétranglement.
Dans certains cas exceptionnels, l'étranglement peut guérir sans l'intervention du chirurgien, soit spontanément, soit sous l'influence d'un taxis modéré pratiqué par le malade. Dans ces conditions, la tumeur diminue peu à peu pour disparaître complètement : les symptômes fonctionnels et sympathiques s'amendent progressivement.
L.e plus souvent, en dehors de l'action chirurgicale, l'affection se termine par la mort ou l'établissement d'un anus contre nature.
La mort succède le plus ordinairement à la péritonite qui survient par les deux mécanismes indiqués plus haut, la propagation au péritoine de l'inflammation née au niveau du collet du sac, ou la perforation spontanée de l'intestin an point serré suivie de la pénétration du liquide dans la cavité péritonéale lorsque les adhérences n'ont pas fourni une barrière suffisante contre l'épanchement des liquides intestinaux dans la séreuse.
Souvent les malades favorisent l'apparition d'une péritonite par perforation en se livrant à des manœuvres plus ou moins violentes de taxis.
Quoi qu'il en soit, l'on voit survenir les signes d'une péritonite d'intensité variable selon les cas, mais qui peut dans le cas de pénétration amener la mort en quelques heures.
En l'absence de péritonite, d'autres lésions ont pu provoquer la mort : c'est ainsi que Ycrneoily à la Société de chirurgie, et plus récemment Ledoux(l), ont attiré d'une façon spéciale l'attention sur la congestion pulmonaire. Cette complication, dont nous avons déjà parlé, est surtout fréquente chez les sujets atteints de lésions anciennes et chroniques de l'appareil respiratoire, et manifestement lié à l'étranglement: elle cesse ordinairement avec lui, et peut repanltre chez le même sujet avec un nouvel étranglement ; mais dans certains cas elle peut lui
(1) Ledoux, Thèse inaugurale, 1S73.
survivre et entraîner la mort par la persistance de Talgidité et de la cyanose qu'elle tient sous sa dépendance pour M. Verneuil.
Dans les cas où l'autopsie n'a révélé ni péritonite ni congestion pulmonaire, deux théories ont été invoquées pour expliquer le mécanisme de la mort.
On a incriminé à tort, pensons-nous, la douleur et l'épuisement nerveux qui en résulte, puisque dans bien des cas l'étranglement, quoiqu'indolent, n'en donne pas moins lieu à des accidents de collapsus. Récemment G. Humbert (1) a invoqué la septicémie intestinale, hypothèse difficile à admettre si l'on songe que la constipation la plus prolongée est impuissante à la produire. Nous croyons qu'on peut plus facilement expliquer ces faits insolites par l'action réflexe prolongée sur le grand sympathique. Nous avons vu en effet que les phénomènes généraux tenaient à cette action.: leur aggravation due à la persistance de la même cause est suffisante pour expliquer la mort.
L'étranglement qui ne se termine pas par la mort aboutit presque fatalement à l'anus contre nature.
Les choses se passent de la façon suivante : L'agent de l'étranglement persistant, l'anse se perfore au niveau du point étranglé ou se sphacèle sur sa partie libre : dès lors, si la péritonite adhésive qui se développe au collet du sac a fourni une barrière solide contre la pénétration du côté de la cavité péritonéale, les liquides intestinaux s'épanchent dans le sac : ils y provoquent une péritonite herniaire intense et des phénomènes inflammatoires du côté du tissu cellulaire et de la peau. Dès ce moment la tumeur a notablement augmenté de volume, elle est douloureuse dans toute son étendue : la percussion donne une sonorité qui contraste avec la matité des premiers jours ; la palpation fournil une sensation de clapotement dû à la collision du liquide avec les gaz épanchés dans le sac.
La peau est rouge, œdémateuse ; en un point sa coloration devient livide : elle ne tarde pas à se perforer et à donner issue à un liquide infect, horriblement fétide, mélangé de lambeaux d'intestin sphacélé. Peu à peu les eschares s'éliminent, la suppuration diminue, mais il persiste un anus contre nature ou une fistule stercorale, selon qu'il existe ou non un éperon au niveau de la perforation intestinale.
(1) G. Hambert, Elude sur la septicémie intestinale. Thèse inaugiurtle. Paris, 1S73.
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