‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 360 sur 482 · HERNIE CRURALE ÉTRANGLÉE. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

HERNIE CRURALE ÉTRANGLÉE. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE

destinés à la contenir et les accidents d'étranglement qui peuvent en être la conséquence pourraient dans une certaine mesure, surtout si elle était incoercible ou douloureuse, justifier les tentatives de cure radicale qui ont pu lui être opposées (i).

Dans la majorité des cas cependant, on devra recourir au traitement palliatir.

On se sert habituellement du bandage français dont Textrémité antérieure*a été fortement Indinée en bas pour mettre la pelote au contact de Vanneau; le bandage, du reste, est presque toujours insuffisant et la hernie mal contenue; on comprend en effet que la pelote placée sur la cuisse elle-même puisse être soulevée dans les mouvements de flexion, à moins qu'on augmente la force du ressort, ce qui ne laisse pas d'être fatigant ou douloureux. Le bandage de Poullien (fig. 2300) et le bandage flrançais de Raynal (fig. 230i) sont le plus fréquemment employés.

HBBI<flE CRUnALE ÉTRANGLÉE.

Cet accident se produit plus fréquemment ici que dans la hernie inguinale; la statistique de Bryant, citée par Duplay, fournit, sur cent étranglements, cinquante inguinales et quarante-quatre crurales.

M. le professeur Gosselin, sur une statistique de cent vingt cas, a relevé un nombre à peu prés égal pour la hernie crurale et la hernie inguinale, mais il fait remarquer avec raison que ce résultat ne contredit pas Topinion généralement admise, puisque la hernie crurale est incontestablement plus rare que la hernie inguinale.

Ajoutons, avec le même auteur, que cette fréquence peut s'expliquer par Tétroitesse plus grande de l'anneau herniaire, et aussi parla transformation fibreuse des anneaux accidentels.

Uuant aux causes occasionnelles, je me suis roffisamment expliqué à cet égard dans la première partie de ce travail.

Anatomie pathologique.

Les lésions sont ici les mêmes que celles

décrites précédemment, savoir, des perforations

petites ou étendues, des escbares au niveau du

* contour de la portion serrée ou sur la surface

de Tanse (2).

Dans la hernie crurale, ces lésions semblent marcher avec plus de rapidité que partout ail-

(1) Voy. Cure radicale.

(2) Voy. Hernies en général.

leurs; dans un cas déjà cité, l'intestin était sphacélé après neuf heures d'étranglement.

M. Gosselin invoque trois causes pour expliquer cette rapidité du processus : l'étroitesse et la rigidité de l'agent d'étranglement, l'absence d'épiploon et le pincement latéral si fréquent dans la région qui nous occupe. Dans certains cas cependant, les lésions peuvent au contraire se produire avec la plus extrême lenteur. Dans un cas de M. Gosselin, cité par Delaunay ( \ ), l'anse intestinale très petite et étranglée depuis dix jours ne présentait aucune lésion appréciable ; dans un autre, le résultat de l'examen fut négatif et néanmoins l'étranglement remontait à vingt jours ; ce sont là des cas exceptionnels.

Agent de V étranglement, — Tantôt il est constitué par l'anneau accidentel fourni par le fascia cribriformis, tantôt par le collet du sac.

Ce dernier mode d'étranglement, d'abord invoqué par J.-L. Petit, fut pendant longtemps considéré à tort comme le plus fréquent par la plupart des chirurgiens, il existe néanmoins; Gosselin, sur treize opérations, constata réellement au cours de l'opération l'inextensibilité du collet; néanmoins il n'hésite pas à reconnaître que le plus souvent l'agent de l'étranglement est constitué par l'anneau accidentel du fascia cribriformis. Ce fut Arnaud qui, en 1740, soupçonna son action dans la production de l'étranglement. Les recherches de Scarpa et de J. Cloque! introduisirent définitivement cette donnée dans la science, qu'on reproche à Malgaigne, et à tort comme nous l'avons dit, d'avoir méconnu (2).

Malgré l'importance des recherches précitées, quelques chirurgiens essayèrent de rendre à l'anneau crural le rôle important que Gimbernat, Sabatier et Boyer lui avaient fait jouer dans l'étranglement de la hernie crurale.

Avec Chassaignac et Bax reparut ce mode d'étranglement, sous le nom d'étranglement par vive arête. Nous ne reproduirons pas les arguments que les partisans de cette doctrine ont fait valoir en sa faveur. L'existence de l'étranglement d'emblée ne saurait nous convaincre, tant sont fréquents les cas où la hernie est méconnue et les erreurs de diagnostic qui peuvent en découler.

Nous nous contenterons donc de rappeler les faits suivants sur lesquels M. le professeur Gosselin s est appuyé pour la combattre.

(1) Delaunay, Gaz, méd., 18G1.

(2) Malgsiij^no, Examen des doclnnes reçues jusqu'à ce jour sur l'étrangletnent des hernies {Bull, de VAcad, de méd,, 1840, t. V, p. 388).

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