HERNIE CRURALE ÉTRANGLÉE. — TRAITEMENT
néraL Nous avons ailleurs cité des examens anatomiques qui prouvent que cette manière de voir est parfaitement fondée, et l'on pourra en résumé admettre avec M. le professeur Gosselin qu'une hernie crurale est étranglée lorsqu'on la trouve très tendue, quand, en pressant avec le doigt au niveau du pédicule, on détermine uoe douleur bien nette môme quand le malade ne présente que quelques coliques et de l'inappéteoce.
La discussion doctrinale que nous avons faite ailleurs ainsi que l'étude de l'épiplocële en général nous dispensent de revenir ici sur les signes qui permettent de distinguer et les raisons qui dans les cas douteux nous font admettre, tantôt Tépiplocèle enûammée, tantôt l'étranglement herniaire.
A côté des cas où la hernie crurale étranglée évolue sans symptômes apparents, nous devons placer les cas au contraire où elle s'accompagne d'accidents généraux très intenses : cette hernie semble, en effet, avoir le privilège de ces accidents sérieux, bien étudiés par Malgaigne sous le nom de choléra kemiaire et sur lesquels notre maître M. Berger a eu le mérite de revenir récemment, en insistant davantage, comme nous l'avons déjà dit, sur les accidents nerveux qui les accompagnent.
Harche. — Terminaison. — Pronostic.
Dans certains cas exceptionnels, la réduction peat se faire spontanément ou sous l'influence de pressions légères. Rarement il se produit un phlegmon stercoral consécutif à la gangrène de l'intestin et suivi lui-même d'un anus contre nature. Le plus souvent la mort arrive par l'aggravation progressive des phénomènes généraux, ou par le fait des complications locales (péritonite par propagation ou par pénétration) sur lesquelles nous avons ailleurs insisté.
L'intervention ne met pas toujours à l'abri de la terminaison fatale. II résulte en effet des statistiques de Bryant et de celles de M. Gosselin, que le tiers environ des malades traités succombe au bout d'un temps variable après Topération. Mais ce dernier auteur estime que sans intervention les trois quarts environ seraient fatalement condamnés à mourir, et il ajoute que l'intervenlion hâtive permettrait d'en sauver les quatre cinquièmes.
La statistique qu'il a publiée (1) et portant sur 17 cas est du reste intéressante à connaître et
(1^ Gosselin, art. Crurale (Région), Dict. de méd. de Jaceoud, Paris, 1872, tome X.
vient bien à l'appui de cette opinion. Chez 4 malades l'étranglement ne remontait pas à 24 heures; ils ont tous guéri par le taxis aidé du chloroforme : chez 4 autres le début des accidents datait de moins de 50 heures ; le taxis ayant échoué, l'opération a été pratiquée chez eux avec succès. Les 9 autres enfin ont été amenés, 1 après 66 heures, 3 dans le courant du quatrième jour ; 4 dans le cours du cinquième ; i le huitième jour. Tous ont été opérés. 7 ont succombé; 2 seulement ont guéri.
Traitement.
La rapidité avec laquelle se produisent les lésions de l'intestin dans l'étranglement crural exige plus qu'ailleurs une prompte intervention.
Nous retrouvons ici les deux méthodes déjà exposées et sur le manuel opératoire desquelles nous n'avons pas à revenir: le taxis et la kélotomie, avec ou sans ouverture du sac. Nous laissons de côté la kélotomie sans ouverture du sac dont nous avons suffisamment montré les inconvénients.
Si nous consultons le relevé fait en 4875 par M. le professeur Gosselin, nous constaterons que le taxis d'une façon générale est moins souvent applicable dans la hernie crurale que dans les • autres hernies, et que d'autre part la kélotomie semble, par contre, fournir des résultats meilleurs.
Ainsi, sur 104 hernies crurales, M. Gosselin a employé le taxis dans 56 cas où Tëtranglement avait moins de 50 heures. 22 fois le résultat a été obtenu; une tentative a été mortelle.
Le taxis tenté dans 113 cas de hernie inguinale a au contraire donné 67 réductions dont 3 mortelles.
D*autre part, 81 hernies crurales opérées ont donné 47 guërisons et 41 morts, soit 58 p. 100 de succès; 33 cas, opérés avant 50 heures d'étranglement, ont fourni 25 guérisons, soit76 p. 1 Oi) de succès, tandis que sur 4^ opérés après 50 heures il n'a pu obtenir que 26 guérisons, soit 46 p. 100 seulemenL
Ces derniers chiffres montrent surtout que Topération doit être (Région) pratiquée de bonne heure et que la temporisation est dangereuse, point sur lequel nous avons d'ailleurs insisté (1). Mais si la kélotomie présente en général plus d'avantages que pour la hernie inguinale, on doit surtout invoquer avec M. Gosselin le petit volume de la tumeur. Le taxis semble lui-môme moins souvent applicable en raison de l'apparition ra-
(1) Voy. Hernies en général.