L. PIGQUÈ. — DES HERNIES
pide des lésions. Cependant au début il est susceptible de donner de bons résultats ainsi qu'il résulte de la statistique que nous avons rapportée à propos du diagnostic.
En présence d*une hernie crurale étranglée le chirurgien devra donc se comporter de la façon suivante :
Si Tétranglement n'a pas 24 heures de durée et si la tumeur est petite et à plus forte raison de moyen volume, on devra procéder tout d*aiK>rd à un taxis modéré avec Faide du chloroforme. M. Gosselin pense que si Tétranglement est susceptible de réduction, il cède généralement au bout de 6 à 7 minutes : si à ce moment la réduction n*est pas obtenue, il est rare qu'on puisse réussir plus tard. Cependant il conseille, si la hernie est petite, de continuer pendant 12 à 13 minutes, et si la hernie est plus volumineuse pendant 15 à 18. 11 considère d'ailleurs comme terme moyen une durée de i5 minutes et pense que l'on devra à partir de ce moment considérer la hernie comme non justiciable du taxis et opérer de suite. On pourrait à la rigueur essayer de pratiquer l'opération de J.-L. Petit, mais dans la grande majorité des cas, nous avons dit qu'il convenait de pro- « céder à l'ouverture du sac selon le procédé ordinaire.
Si l'étranglement date de deux ou trois jours au plus et porte sur une hernie volumineuse on pourra agir comme précédemment. Mais si la hernie est de moyen volume et à plus forte raison peu volumineuse, il faudra se servir du taxis non pour obtenir la réduction, mais comme moyen d'exploration et pour bien s'assurer de rirréductibililé. Puis il faudra recourir de suite à l'opération, et dans ce cas, ouvrir le sac, l'opération de Pelit ne présentant alors que des inconvénients, puisqu'elle empêche le chirurgien de constater l'état de l'intestin.
Nous devons, en terminant, dire quelques mots de la cure radicale dan$ la hernie crurale étranglée.
Les raisons que nous avons indiquées au traitement de la hernie crurale pour justifier dans certains cas la cure radicale doivent être invoquées également ici pour expliquer les tentatives que l'on a faites dans ce sens lorsque la hernie est étranglée. Les procédés à appliquer sont les mêmes que ceux que nous avons exposés i propos de la cure radicale dans l'étranglement herniaire en général.
11 résulte d'une statistique de 82 cas publiée par M. Paul Segond (i), qu'en faisant la part de ce qui revient à l'ancienneté de Tétranglemeot dans le degré de la mortalité, l'opération n'a pas aggravé le pronostic et qu'il n'existe pas de complications locales à mettre sur le compte de la cure radicale : c'est là une constatation importante rigoureusement déduite par l'auteur de faits minutieusement étudiés. Ajoutons que sur 37 cas qui ont pu être suivis, M. Segond n'a pa noter que 5 récidives seulement, 2 promptes et 3 tardives, dont l'une après 18 mois. Dans 32 cas, il y eut cure radicale apparente, et quelques-uns de ces malades ont été vus 2, 3, et 4 ans après l'opération. Puisque d'une part l'on sait la difficulté qu'il y a à bien contenir it hernie crurale exposée de ce fait à une prompte aggravation, puisque d'autre part la cure radicale ne semble pas aggraver le pronostic opératoire et qu'elle donne de bons résultats, il est évident qu'on doit la tenter toutes les fois qu'elle sera possible. Sans revenir sur des procédés déjà exposés, nous dirons, avec M. Segond, qae dans ce cas le procédé qui semble convenir de préférence est la ligature du collet et l'excision du sac, à condition toutefois que la dissection soit facile et le sac non adhérent aux vaisseaux fémoraux.