HERNIE INGUINALE ÉTRANGLÉE. — SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
portant sur une grande étendue du canaL Le plus souvent Télranglement se fait au niveau de Torifice profond. Verneuil, dans un fait rapporté par Ramonède, a constaté nettement Texistence, à la partie supérieure du canal, d*un diaphragme à bords tranchants et assez résistant pour ne pas se déchirer sous la pression du doigt. Panas, Broca, ont fait des constatations analogues. D'après Ramonède, Tétranglement aurait invariablement le môme siège.
Déjà A. Cooper avait signalé un double étranglement dont Tun correspondait à l'anneau du grand oblique. Goyrand a constaté la présence de l'étranglement à 2 ou 3 centimètres au-dessus du même anneau (1).
M. le professeur Trélat a rapporté récemment à la Société de chirurgie un cas remarquable où l'étranglement siégeait plus bas ; il s'agissait d'une hernie funiculo-testiculaire, variété dont nous avons parlé plus haut : l'étranglement se trouvait au niveau du rétrécissement situé entre le canal et la cavité vaginale ; déjà, du reste, Dupuytren et Scarpa avaient signalé une disposition analogue, quoique les faits qu'ils signalent semblent plutôt 86 rapporter à la hernie enkystée de Cooper avec déchirure de la tunique vaginale. Le cas de Scarpa est plus précis, car la hernie avait un double sac dont rinférieur contenait le testicule. Des observations plus récentes ont été publiées: dans un cas de Goyrand le sac était divisé en deux parties, par un rétrécissement annulaire qui étranglait la partie inférieure de l'anse et qu'il fallut débrider. Brémond, en 1844, Dudon, de Bordeaux, en 1870, en ont rapporté d'autres exemples. Au dire de Trélat, BiM. Verneuil et Panas avaient déjà observé une disposition analogue.
Quelquefois, c'est le testicule lui-même qui devient, par la situation anormale qu'il occupe dans la trajet, l'agent de l'étranglement. Dans un cas de Richter, le testicule qui occupait ordinairement le trajet vint à l'anneau et comprima l'anse d'une hernie scrotale, au point de donner Heu aux symptômes de l'étranglement. Dans un autre cas rapporté par Joberl, le testicule, situé près de l'anneau interne, s'était glissé entre ce dernier et Tintestin.
Le sac présente, du reste, dans la hernie con-
(1) La distance qni sépare les étranglements double* est qoelquefois très considérable. Dans un cas rapporté par Ramonède, Broca trouva un premier rétrécissement près de l'anneau externe : au-dessus et à 8 centimètres de ce premier collet se trouvait Toriflce abdominal du sac muni d'une valvule.
La grande distance qui les séparait tenait à la dilatation de l'ampoule fusiforme du trajet inguinal.
génitale les caractères suivants, sur lesquels Ramonède insiste d'une manière toute spéciale : existence possible d'une poche sous-péritonéale, diaphragme au niveau de l'orifice interne du canal inguinal, diaphragmes échelonnés sur le trajet du sac, ampliation de la portion du sac contenu dans le canal inguinal, conservation derobliquité du trajet inguinal, situation très profonde de l'agent d'étranglement dans certains cas, et nous ajouterons la possibilité d'un étranglement inférieur. Quel que soit le siège de l'étranglement, le sac présente ordinairement un épanchement séro-sangui noient dont la production s'est faite rapidement et qui est caractéristique dans la hernie qui nous occupe. Rarement l'épiploon fait partie delà hernie ; le plus souvent c'est l'intestin grêle.
Dans les diverses variétés de hernies congénitales que nous avons envisagées plus haut, le siège exact de l'étranglement n'est pas toujours facile à déterminer.
Dans la hernie inguino-interstitielle, on signale ordinairement son siège élevé sans préciser davantage; il est probable cependant qu'il se trouve placé comme dans la variété précédente au niveau de l'orifice profond du canal. Tillaux admet d'ailleurs que l'étranglement se produit par simple compression et par le fait de l'introduction dans Tampoule de nouvelles anses intestinales.
Dans la hernie propéritonéale, l'agent siège au niveau de l'orifice qui fait communiquer la cavité des deux sacs avec le péritoine. Nous avons vu plus haut que, dans le cas de Broca, l'étranglement supérieur siégeait au moins à 8 centimètres de l'étranglement inférieur (il s'agissait, on le sait, d'un double étranglement).
Nous ne faisons que le citer pour mémoire.
Symptômes et diagnostic.
Nous signalerons sans nous y arrêter davantoge l'erreur qui consiste à confondre avec un étranglement inguinal certaines inOammations du cordon spermatique, telles que lafunile et la phlébite du plexus pampiniforme. Nous avons déjà discutécette question dans une autre partie de ce travail. 11 est nécessaire d'insister davantage sur le diagnostic de la hernie étranglée avec certaines tumeurs du cordon.
L'hématocèle du cordon a pu, en raison de son apparition brusque à la suite d'un effort, être confondue avec une hernie étranglée. Pott, au dire de Duplay, rapporte deux cas de ce genre; dans le premier, on faillit pratiquer la kélotomie ; dans le deuxième, on se borna à des tenta-