L. PICQUÉ. — DES HERNIES
tonéaly dont il n'existe qu'un cas unique, présenté par M. Terrier en i88iy à la Société de chirurgie.
Contenu de la hernie. — Le contenu de la hernie ombilicale est variable.
Tous les auteurs signalent la rareté de l'épiploon dans la hernie de l'enfant. Feré pense que cette opinion n'est justifiée que jusqu'à six mois, époque avant laquelle l'épiploon est rudimentaire; après six mois au contraire, il ne serait pas impossible de le rencontrer.
Quoi qu'il en soit, chez l'adulte, on observe surtout l'entéro-épiplocèle ; rarement, on y rencontre Tentérocèle pure comme dans les cas de Goyrand d'Aix (i) et celui plus récent de PolaUion (2).
L'épiploon affecte dans la cavité du sac, une disposition variable ; on peut y rencontrer cette forme de sac épiploîque décrite par Prescott Hewett, et dont nous avons parlé ailleurs.
Nous signalerons surtout les brides et les adhérences qui peuvent devenir le point de départ d'un étranglement véritable.
Si rentérocèle pure est rare, l'épiploeèle pure est également une forme que l'on observe peu souvent. Dolbeau, 1857 et Molinier, 1866, en ont cependant présenté des cas à la Société anatomique.
Les parties de l'intestin qui se rencontrent le plus souvent dans la hernie, sont Tintestin grêle et le côlon transverse.
On y a vu également le caecum, mais c'est là un fait assez rare; Testomac, dont la présence dans la hernie ombilicale avait déjà été signalée par J. Polt, occupait le sac dans le cas dont Kirmisson a présenté robservation à la Société anatomique.
Signalons pour mémoire la hernie de l'utérus gravide signalée par Murray et Léotaud, de la Trinidad; le plus souvent du reste, la ligne blanche est distendue, et c'est plutôt une éventration à laquelle on a affaire.
Duplay a également signalé la hernie du ligament suspenseur du foie et de la veine ombilicale, il en a rapporté (3) deux cas dus à Foucher et à Nicaise. Il existe d'ailleurs un cas dans la science publié par Cloquet,et qui semble, d'après Duplay, se rapporter à cette variété de hernie.
Symptômes.
Chez l'enfant, la hernie est rarement volumineuse, le plus souvent elle affecte le volume
(1) Goyrand, Soc. de chir., 1861.
(2) Polaillon, Soc, de chir., 1881.
(3; Duplay, Thèse.
d'une noisette ou d'une noix ; chez l'adulte, le volume est plus sujet à varier. Gosselin les a divisées sous ce rapport comme nous l'avons déjà dit, en petites, moyennes et grosses ; les petites hernies sont rares, les moyennes sont de beaucoup les plus fréquentes ; la hernie occupe le siège de la dépression ombilicale ; mais parfois la partie inférieure delà cicatrice semble restée accotée au bord inférieur de Tanneau, et la taroeur parait située au-dessus de l'ombilic, mais il est facile de reconnaître qu'elle siège bien daos l'anneau môme.
Dans les cas où la cicatrice a suivi l'évolatîoii de la tumeur, elle est déplissée et donne lien i une tache pâle et transparente que Vidal, de Cassis, a désignée sous le nom de stigmate, et dont la position centrale ou latérale dépend des rapports de l'intestin et des cordons vascolaires. Quand le stigmate est central, ces derniers donnent lieu à trois dépressions qui séparent la tumeur en trois lobes, d'où le nom de hernie trifoliée (Malgaigne), disposition qui pourrait du reste également tenir, ainsi que le fait remarquer Malgaigne, à des tractus fibreux, d'où cette conséquence qu'on pourrait observer la hernie trifoliée môme dans les cas où la cicatrice n'est pas déplissée, et même en dehors de la hernie ombilicale proprement dite. Quoi qu'il en soit, ce déplacement appartient surtout à la hernie de l'enfant ; il est exceptionnel chez l'adulte chez lequel on observe le plus souvent la cicatrice sur les côtés dé la tumeur, et c'est cette particularité qui, au dire de Malgaigne, avait fait croire à J.-L Petit que la hernie de l'adulte était toujours une hernie adombilicale.
Dans les hernies volumineuses, la peau est ordinairement mince, plus ou moins distendue; dans certains cas, l'amincissement était tel qu'on a pu observer des ruptures.
Les symptômes fonctionnels sont ordinairement nuls, au moins chez les adultes, qui sont en état de fournir des renseignements précis; parfois on a constaté quelques troubles digestirs caractérisés par des douleurs, des tiraillements, quelquefois môme des coliques ; ces symptômes seraient alors spéciaux à la hernie ombilicale. M. Gosselin les a surtout signalés dans les grosses hernies ; il pourrait môme y avoir, au dire de Duplay, des symptômes très accusés dans les très petites hernies.
La marche de ces hernies est fatalement progressive; elle entraîne parfois la production de tumeurs volumineuses qui peuvent recouvrir une étendue plus ou moins grande des membres