‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 417 sur 482 · CANCER DU RECTUM. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

CANCER DU RECTUM. — TRAITEMENT

queuse. S'il me faut enlever une portion de la paroi recto-vaginale, je ne m*en inquiète pas, car, dans tous les cas où je Tai fait, j'ai réparé le dommage au moment même de l'opération, et presque toujours avec succès. Dans le cas où la maladie ne remonte pas très haut dans le rectum, il est possible de laisser le sphincter, et d'abaisser l'intestin pour le suturer à la peau. Je n'ai point certainement obtenu les succès dont se vantent certains chirurgiens dans les faits de ce genre. J'ai vu plusieurs fois la traction être assez grande pour faire partir les sutures, et d'autres fois les matières fécales ont pénétré dans la plaie, et il a fallu enlever les sutures pour évacuer le pus, etc. Chez deux malades seulement, j'ai eu de bons résultats : la peau s'est réunie très exactement à la muqueuse ; ces deux malades étaient des femmes maigres, véritables sujets de choix pour l'opération.

Quand il faut extirper de petites portions du rectum, il existe plusieurs façons de procéder, et le chirurgien peut éviter l'incision postérieure, et employer une incision en fer achevai, embrassant la circonférence postérieure de l'anus ; arrivé dans le tissu cellulaire, on renverse le lambeau en avant, on enlève la tumeur, et ensuite on rabat le lambeau en bas, et on le suture à l'intestin sans sacrifier les sphincters. M. James Adams, de l'Hôpital de Londres, a conseillé de pratiquer la côlotomie avant d'extirper un cancer du rectum. Voici les arguments qu'il fournit en faveur de cette pratique : « Sauf les cas les plus légers, l'opération peut se montrer incomplète et la maladie récidiver promptement; après l'extirpation complète de la partie inférieure du rectum, la rétraction consécutive est souvent fort grande, et peut môme quelquefois déjouer tous les efforts ; en tout cas, la cicatrisation de la plaie serait notablement hâtée et les chances de récidive locale fort diminuées par le changement apporté au cours des matières fécales. » Je n'ai point encore essayé cette opération complexe de la côlotomie avec extirpation consécutive, mais je suis porté à croire que bien des raisons militent en sa faveur.

J'ai vu dans tous les cas d'extirpation du rectum, dans ceux qui appartiennent à mes confrères comme dans ceux de ma pratique, se produire vers le troisième mois après l'opération une rétraction considérable, à moins qu'on n'ait pris certaines précautions. Les coarctations qui en résultent sont très difficiles à traiter, et en réalité il en est dont on ne peut jamais venir

complètement à bout. Dans tous mes cas, dont quelques-uns datent aujourd'hui de plusieurs années, j'ai fait porter au malade, dès le dixième ou le quatorzième jour de l'opération, une canule en caoutchouc vulcanisé dans Tintestin. Il l'enlève chaque jour au moment des selles, mais il la porte d'ailleurs constamment pendant quelques mois ; le résultat est qu'il ne se produit ni rétrécissement ni rétraction de l'orifice anal et que les malades se trouvent parfaitement à l'aise. Dans un de mes cas, le sujet, un homme, a été obligé de porter toujours une canule depuis l'opération ; s'il la laisse une couple de mois, les parties se resserrent. J'emploie des canules de 8 à 10 centimètres de long, à extrémité conique pour que l'introduction en soit facile ; l'autre extrémité présente un rebord assez large pour empêcher l'instrument de glisser par hasard dans le rectum, et aussi pour permettre de le fixer au bandage destiné à le maintenir en place.

Quelle a été maintenant ma part de succès dans les 36 opérations que j'ai faites depuis le 2 mars 1874? Malheureusement, avec la meilleure volonté, il est impossible de mettre dans la réponse à cette question toute l'exactitude désirable.

Les malades, surtout ceux de l'hôpital, s'en vont et sont perdus de vue ; mais j'ai fait tout ce que j'ai pu pour suivre mes opérés, et j'y ai suffisamment réussi, puisque je connais le résultat pour 26. Sur ces 26 malades,

1 est mort 4 ans après Topération.

2 sont morts 2 — — —

5 — plus de 18 mois après l'opération. 7 — 1 an environ — —

5 — des suites directes de Topération. 5 vivent encore.

Des 5 survivants, 1 a été opéré il y a plus de sept ans; chez les autres, l'opération date de moins de deux ans. Des 5 opérés qui moururent des suites directes de l'opération (c'est-à-dire dans les 14 premiers jours), 1 succomba à l'intoxication phéniquée — un aide se servit, sans le vouloir, d'une solution forte pour les lavages de la plaie — alors que la cavité péritonéale était ouverte ; 1 succomba à une hémorrhagie secondaire le 10« ou le 12* jour; 1 à la péritonite, peu de jours après l'opération ; et 2 furent emportés par un érysipèle. Il reste encore les dix opérés qui ont été perdus de vue : de ceux-là, je puis seulement dire qu'ils quittèrent mon service au bout de deux mois, alors

HÉMORRHOIDES EXTERNES. — CAUSES.

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