‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 418 sur 482 · HÉMORRHOÏDES · texte numérisé non relu

HÉMORRHOÏDES

HÉMORRHOIDES EXTERNES.

Les Mmorrhoides externes peuvent être divisées en deux variétés :

La première comprenant toutes les hypertrophies ou excroissances de la peau qui avoisine l'anus ;

La seconde, les tumeurs veineuses sanguines situées en dehors du sphincter externe. Celles-ci sont en réalité ou bien des coagulations de sang dans des veines dilatées (fig. 2372), ou bien des extravasations coagulées dans le tissu connectif.

Fig. 2372. — Héroorrhoide externe veineuse par thrombose d'une veine dilatée (Després).

La première variété d'hémorrhoïdes externes est souvent une suite de la seconde, car, lorsqu'un caillot se résorbe, il reste après lui une exubérance^ un pli de peau, qui en marque la place et peut devenir le point de départ d'accidents nouveaux, si par hasard il s'enflamme plus tard. Dans ce cas, le pli de peau se tuméfie, il devient œdémateux, luisant, et extrêmement douloureux au toucher; quelquefois il s'ulcère, ou bien la suppuration s'établit si l'inflammation atteint un degré élevé ; il peut ainsi se produire une fistulette petite mais douloureuse. Parfois l'œdème est assez considérable pour s'étendre jusque dans l'intestin, et former tout autour de l'anus un bourrelet épais constitué par la peau et la muqueuse renversée.

Quant aux hémorrhoïdes externes de la seconde variété, les hémorrhoïdes veineuses sanguineSy elles se présentent sous l'aspect de tumeurs bleuâtres, ovoïdes ou globuleuses, très dures et excessivement douloureuses; on peut,

en les saisissant entre la peau et l'index, les séparer des tissus sous-jacents, et elles donnent la sensation d'un corps étranger contenu dans leur intérieur. Quelquefois, mais rarement, on peut, à l'aide d'une pression douce, les vider de leur contenu, mais celte manœuvre n'a rien d'avantageux pour le malade, car en peu d'heures elles deviennent plus douloureuses et plus grosses qu'avant. Par l'irritation qui en résulte, elles provoquent des spasmes des sphincters et des muscles releveurs de l'anus qui les attirent en haut où elles sont pincées, ce qui augmente beaucoup les souffrances du malade. Juste au moment où celui-ci est sur le point de s'endormir, il se produit un spasme qui l'éveille ; il existe en outre des battements constants avec la sensation d'un corps étranger introduit de force dans l'anus : cette sensation porte sans cesse le malade à essayer de se débarrasser par des efforts d'expulsion qui, s'il s'y abandonne, exaspèrent la douleur. Souvent le malade ne peut s'asseoir, si ce n'est dans une position forcée ; il ne peut davantage marcher, et, quand il tousse, les secousses lui occasionnent des souffrances aiguës. Pendant la défécation, et quelque temps encore après, la douleur augmente beaucoup. En même temps, il y a de la fièvre, une langue saburrale, et ordinairement de la constipation.

Tels sont les symptômes d'une « crise » aiguë d'hémorrhoïdes externes, et il faut se souvenir qu'une poussée prédispose à une autre.

Ganses.

Quelles sont maintenant les causes des hémorrhoïdes externes, causes éloignées et causes déterminantes? Dans les premières, il faut comprendre les obstructions du foie ou du système porte, l'accumulation des matières fécales, et tout ce qui peut gêner la circulation de retour du rectum. On peut donc regarder comme une cause prédisposante d'hémorrhoïdes externes tout état susceptible d'entretenir une constipation de forme chronique. Une vie trop large — surtout la consommation de grandes quantités de viande, — l'usage immodéré des boissons alcooliques, l'abus du tabac, les occupations sédentaires, etc., sont au nombre des causes éloignées. Parmi les causes déterminantes, les plus communes, d'à-

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