‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 419 sur 482 · W. ALLINGHAM. — LÉSIONS TRAUM. ET MAL. DU RECTUM ET DE L'ANTS · texte numérisé non relu

W. ALLINGHAM. — LÉSIONS TRAUM. ET MAL. DU RECTUM ET DE L'ANTS

près ce que j'ai pu observer, sont l'exposition à l'humidité ou au froid, le frottement des vêtements, Tusage du papier imprimé comme détersif — surtout des journaux bon marché dont l'encre s'en va au moindre frottement, — l'oubli des ablutions de propreté, et les efforts, quelle qu'en soit la cause. Assez fréquemment un petit extra sous le double rapport de la nourriture et delà boisson, sans excès véritable, sert de cause déterminante; ii faut surtout se méfier, à cet égard, des vins mousseux ou très corsés, et des alcools nouveaux.

Symptômes.

Le premier symptôme est une sensation de plénitude ou de pesanteur, un léger battement dans l'anus; il y a encore une tendance à la constipation, qui provoque un peu d'effort; il s'ensuit fréquemment une démangeaison fort ennuyeuse, qui se montre dès que le malade s'est réchauffé au lit, l'empêchant de dormir pendant quelque temps et le portant à gratter la partie affectée. Le matin, le malade trouve l'anus un peu gonflé et tendu, et, si c'est un homme qui s'observe, il notera après chaque selle une légère tache de sang.

Traitement.

Le traitementf pour un cas de ce genre, consiste dans la privation d'exercice actif, et dans un régime frugal ; légumes bien cuits et poisson, mais sans beaucoup de viande, et sans bière ni alcools ; le vin môme n'est pas bon. Si le malade est fumeur, il doit diminuer sa ration habituelle : le tabac cause souvent une irritation sympathique de la gorge et du rectum. Le malade peut prendre un bain chaud, ou un bain turc; malin et soir il doit se laver la région de l'anus avec de l'eau chaude et du savon blanc, après quoi il y fera des applications d'un mélange de glycérine et d'acide lannique, ou de pommade au calomel ; une cuillerée à café d'extrait de Saturne dans un grand verre de lait frais constitue encore une lotion très rafraîchissante. Comme médicament, il prendra une pilule de Plummer, avec un peu de taraxacum et de belladone, pendant deux ou trois soirs au moment de se coucher, et le matin à jeun, un peu de citrate de magnésie effervescent, du phosphate de soude ou du sulfate de potasse et de soude, ou encore cette préparation dont j'ai constaté l'efficacité en bien des occasions : Eau magnésienne, 15 grammes; bicarbo-

nate de potasse, 4^,20; sirop ou teintore de séné, 8 grammes ; esprit d'éther nitrique, 2 grammes; eau pure, 65 grammes. Un tiers de verre d'eau de Friedrichsball, prise à jeun avec deux fois autant d'eau chaude, ou des sels de Carhbad produiront aussi un bon effet

S'il y a négligence du malade et qu'un cooseil médical ne soit demandé qu'après qu*il s'est déclaré une inflammation aiguë et que les symptômes dont je viens de parler sont dans tout4 leur intensité, le chirurgien épargnera à son malade bien du temps, de la douleur, et de l'ennui pour l'avenir en excisant les excrois^ sauces cutanées enflammées, ou, s'il s'agit de tumeurs sanguines, en les ouvrant largement par transfixion avec le bistouri, et en évacuant le caillot. L'incision doit être faite dans le sens des plis radiés de l'anus. 11 faut mettre un pea de coton absorbant dans la plaie, qui guérit rapidement. Il est toujours bon dans les cas de ce genre de s'assurer, au moyen d'un lavement, s'il existe quelques hémorrhoîdes internes associées aux externes ; si oui, il faut s'en occuper aussi, ou le malade se trouvera probablement plus mal de l'opération pratiquée sur les hémo^ rhoïdes externes. Si le malade ne veut point accepter de traitement opératoire, il faut enduire soigneusement les parties tuméfiées d'extrait de belladone et de glycérine en parties égales, et appliquer un cataplasme chaud. Quelquefois le malade trouve le froid plus calmant : il faut alors maintenir constamment de la glace, ou, si on ne peut s'en procurer, faire des applications d'eau de Goulard, additionnée d'extrait de belladone. Je n'ai jamais vu les sangsues faire beaucoup de bien, et souvent elles font beaucoup de mal.

Après une première crise d' hémorrhoîdes, il faut toujours se mettre en garde contre une récidive par une vie simple, suffisamment d'exercice, la privation des excitants, la suppression des excès de tabac, une propreté extrême de l'anus, et une absolue régularité des selles. Si celle-ci ne peut être obtenue sans le secours de médicament, le malade s'adressera avec grand avantage aux préparations de poivre noir, soufre et séné en parties égales, ou à la poudre de réglisse composée de la pharmacopée allemande, dont une cuillerée à café, deux ou trois fois par semaine, le soir en se couchant, suffit généralement pour procurer une selle par jour; enfin les eaux minérales, comme celles de Friedrichsball, de Pullna, ou d'Hunyadi Janos, sont souvent fort utiles. Une persévérance attentive dans l'observation de ce traite-

HÉMORRHOIDES INTERNES. — VARIÉTÉS.

ment fera, suivant toutes probabilités, disparaître la tendance bémorrhoïdaire.

Une préparation dont j'aime beaucoup à me servir, pour prévenir les crises, est la suivante : Sulfate de magnésie, 2 grammes ; acide nitrique dilué, 10 gouttes; suc de taraxacum, 30 grammes; infusion de Colombo, 30 grammes; à

prendre deux fois dans la journée. Ce médicament agit doucement sur le foie et l'intestin» et en même temps il est tonique. Après l'avoir pris une semaine, le malade se sent en général merveilleusement mieux. Son appétit est bon, ses selles régulières, et il est capable de supporter la fatigue et de prendre de Texercice.

HÉMORRHOIDES INTERNES.

Ganses.

Alors que, pendant la grossesse, les hémorrhoïdes veineuses externes sont fréquentes et disparaissent ordinairement après l'accoucbement, l'inverse a lieu pour les hémorrhoîdes internes ; elles font le plus fréquemment leur apparition après la délivrance, quand toutes les parties sont relâchées et que l'involution utérine s'effectue. Je n'essayerai pas de donner la raison de cette particularité ; j'établis seulement un fait que j'ai obàervé nombre de fois. Quant aux autres causes des hémorrhoîdes internes, ce sont en réalité les mêmes qui produisent les hémorrhoîdes externes. Il faut y ajouter l'influence de l'hérédité et les maladies de Tappareil génito-urinaire.

Je ne partage pas l'opinion de M. Yerneuil sur la part importante qu'il attribue dans l'étiologie des hémorrhoîdes internes aux boutonnières musculaires y décrites plus haut dans le chapitre consacré àl'anatomie ; j'ai pour cela deux motifs principaux : le premier, c'est qu'ainsi la présence d'artères dans les tumeurs hémorrhoïdaires ne s'explique plus ; le second, c'est qu'à mon avis la contraction des fibres circulaires et longitudinales de l'intestin favorise et ne gène pas la circulation de retour; les boutonnières qui découpent les parois musculaires du rectum jouent en réalité le rôle de valvules et soutiennent la colonne sanguine qui se rend au foie, et, bien loin de causer la stase du sang, elles la préviennent, en empêchant la régurgitation dans les états congestifs de cet organe.

Variétés.

Sous le rapport de la structure et de l'aspect extérieur des hémorrhoîdes internes, on peut observer trois variétés bien tranchées, à savoir : les hémorrhoîdes capillaires, les hémorrhoîdes artérielles, et les hémorrhoîdes veineuses ; ces variétés se rencontrent parfois isolément, mais d'autres fois elles s'associent chez le même malade.

Les hémorrhoîdes de la première variété se présentent sous forme de tumeurs petites, turgescentes, d'un aspect framboise, bourgeonnantes à leur surface, de consistance spongieuse, et saignant au moindre contact; elles sont souvent situées assez haut dans l'intestin. Malgré leur petitesse, la quantité du sang fourni par elles peut être très considérable. Comme structure, elles sont formées presque exclusivement de vaisseaux capillaires hypertrophiés et de tissu connectif spongieux; aussi ai-je proposé de les dénommer hémorrhoîdes capillaires. Elles ressemblent très exactement à des nœvi artériels, comme structure microscopique, sauf qu'elles sont recouvertes extérieurement d'une membrane beaucoup plus mince, et qu'elles ont par suite une grande tendance à saigner. Dans les derniers temps de l'existence de ces tumeurs, leurs vaisseaux nourriciers principaux augmentent de calibre, et le tissu aréolaire devient plus dense et plus abondant. Une exsudation de lymphe oblitère les capillaires, et supprime ainsi les hémorrhagies de la surface. Je crois que ces altérations résultent d'un travail d'inflammation lente. C'est de cette manière que se forment le plus ordinairement les hémorrhoîdes de la seconde variété, hémorrhoîdes internes artérielles. Voici les caractères auxquels on peut les distinguer : les tumeurs sont de volume variable, atteignant quelquefois des dimensions fort considérables ; elles sont très luisantes à leur surface, douces au toucher, dures, vasculaires, et, dès qu'on les gratte, elles saignent abondamment; le sang est d'un rouge vif et sort par jets. En introduisant le doigt dans l'intestin, on trouve qu'à la partie supérieure de chaque hémorrhoïde aboutit une artère qui bat avec autant de force que la radiale et qui souvent n'a pas un calibre moindre. En disséquant une de ces tumeurs, on reconnaît qu'elle est constituée par des artères et des veines nombreuses, largement anastomosées, tortueuses, quelquefois dilatées en des sortes de poches, et par un stroma de tissu conjonctif .

La troisième variété comprend les hémorrhoîdes

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