PRURIT DE L*ANUS. — CAUSES
plus ou moins marquée des matières fécales, qui tient à Tatonie des sphincters et à la diminution de la sensibilité de la membrane muqueuse altérée. Par suite, quand le bol fécal arrive dans la partie inférieure du rectum, les sphi:icters ne sont pas avertis de se contracter et le malade n'est pas conscient de sa présence en ce point. L'opération qui, à ma connaissance, donne les meilleurs résultats dans la procidence de l'adulte est celle qu'a recommandée Van Buren et que je pratique comme suit :
Le malade étant anesthésié, avec une pince à griffes, j'attire hors*dc l'anus la partie d'intestin procidente, dans toute son étendue; je fais ensuite avec le cautère actuel, porté au rouge sombre, au moins quatre raies de feu, longitudinales et allant de la base au sommet de la procidence; j'ai la précaution de ne pas faire la cautérisation aussi profonde vers le sommet qu'à la base, parce que près du sommet le péritoine peut être près, sous l'intestin, tandis qu'à la base une brûlure profonde n'est pas dangereuse. Je prends soin d'éviter les grosses veines qui peuvent se voir à la surface de l'intestin. Si la procidence est très volumineuse Je vais même jusqu'àsix raiesde feu. Puis je huile l'intestin etie réduis en dedans de l'anus; cela fait, je sectionne incomplètementles sphincters des deux côtés de l'anus avec le cautère, par un mouvement de scie, et j introduis ensuite une petite mèche de coton builé. A partir du jour de l'opération, je ne laisse le malade se lever pour aucun motif; il va à la selle couché, et par suite le rectum ne sort jamais. Si les plaies ne sont pas toutes complètement cicatrisées au bout d'un mois, je prolonge le décubitus quinze jours de plus ; à crtte époque, il est très rare que la cicatrisation
ne soit pas complète. Le malade peut alors se lever et marcher, mais, encore pendant quelque temps, j'exige qu'il demeure couché pour allei du ventre. L'explication des succès de ce traitement est fort simple. Quand les brûlures sont toutes guéries, l'intestin est attiré en haut parla rétraction des cicatrices longitudinales, et sa circonférence est en même temps rétrécie. Dans les cas de ce genre, avant l'opération, les sphincters musculaires ont entièrement perdu leur contraclilité, et l'anus est large et ouvert; après qu'avec le cautère on a incisé l'anus par un mouvement de scie, les muscles se rétractent et recouvrent leur fonction : le malade a la force de fermer son anus à volonté, et même, dans une certaine mesure, de serrer le doigt introduit dans l'intestin.
Quelquefois, quand une portion volumineuse d'intestin est procidente, on éprouve beaucoup de difficulté à la réduire. J'ai vu, dans quelques cas, l'introduction dans le rectum d'une grosse bougie flexible qui repousse devant elle la portion supérieure de Tintestin descendu, rendre de grands services : un taxis modéré doit être pratiqué en même temps.
11 existe très fréquemment une diarrhée désagréable, comme aussi un écoulement muqueux qui mouille le linge et ne contribue pas pour une faible part au malaise général. Le meilleur remède que je connaisse à cet égard consiste dans l'administration, chaque malin, d'une cuillerée à café de glands torréfiés et moulus dans une tasse de lait. L'usage fréquent et large de l'eau froide, chez ces malades, doit être très vivement recommandé : il remplit la même indication que les lotions astringentes et se montre tout aussi efficace.
PRURIT DE LANUS
Causes.
Le prurit de l'anus, ou démangeaison douloureuse de l'anus, est fréquemment provoqué par des excès habituels de chère et de boisson ; c'est ainsi qu'on l'observe chez les sujets afi'ectés de diathèse urique. Je puis dire, toutefois, qu'il y a des exceptions à cette règle, car j'ai vu un ecclésiastique d'habitudes ascétiques en être effroyablement incommodé, ainsi qu'une dame qui s'était toute sa vie privée complètement d'alcool et mangeait extraordinairementpeu. Les affections du foie avec constipation, les troubles de l'estomac, et les maladies utérines sont des causes
fréquentes du prurit de l'anus; et la goutte, surtout Id goutte latente avec l'eczéma qui l'accompagne, a fort souvent à répondre de l'apparition de celte pénible incommodité. Parmi les causeti locales, les plus fréquentes sont l'existence d'hémorrhoïdes internes, de parasites végétaux, de pediculi, et d'ascarides.
Sans doute il y a bien des cas de prurit auxquels il est impossible d'assigner aucune cause et où l'affection pout alors être considérée comme une pure névrose. En examinant la région, on voit souvent une éruption nettement eczémateuse, à forme humide et sécrétante ; ou bien encore l'anus peut être sec et rugueux, avec une
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