DIFFORMITÉS DU COU ET DU RACHIS. — TORTICOLIS
Guérin à la hauteur d'un principe presque général dans la pathogénie des déformations. Là encore, il faut signaler l'excès dans lequel il tomba lui-même pour appuyer sa théorie : on coupa tous les tendons et tous les muscles suivant les cas, et on cite un malade qui subit, sans succès d'ailleurs, plus de cinquante myotomiesou ténotomies sous-cutanées. Les remarquables travaux de Duchenne (de Boulogne) (i) montrèrent bientôt que nombre de déformations avaient pour origine la paralysie et l'atrophie de certains groupes musculaires, et il apprit à employer réleclricité pour remédier à l'atrophie et rétablir la vitalité et la molilité dans les parties où elles étaient défaillantes.
Bientôt môme, on fut encore plus hardi et on s'attaqua aux déformations osseuses elles-mêmes par des procédés plus violents. Rhéa Barton, en 18*26, proposa et exécuta le premier la section des os déformés; Louvier, en 1827, effrayé du danger des fractures ouvertes ainsi produites, inaugura rostéoclasie avec sa fameuse et terrible machine. Dans les vingt- cinq dernières années, Vosteotomie, heureusement rendue presque inoffensive par l'emploi des procédés antiseptiques, a été popularisée par Mac-Ewen et est bientôt universellementadoptée, tandis que nos habiles constructeurs d'nppareils ont contribué au perfectionnement de l'osléoclasie, en agissant sur les os au moyen de machines d'action sûre «t bien ménagée.
Cette dernière période est, en un mot, caractérisée par l'application raisonnée de tous les moyens ihérapeutiques. On s'applique à pré- ▼enir les difformités, à les corriger en divisant les obstacles de nature multiple qui s'opposent à leur redressement (os, tendons, ligaments}. On ne néglige pas les grands modificateurs généraux, l'hygiène et l'hydrothérapie, eton a régularisé les exercices gymnastiques.
Pour nous résumer, disons ici que tous les moyens de la thérapeutique orthopédique peuvent se réunir sous irois chefs principaux :
1» [h'évenir les difformités quand elles ne sont point congénitales. Surveiller dans ce but les
attitudes scolaires de l'enfance (Riant, DalIy), l'état de la vision (Javal), etc. Fortifier les enfants qui ont un système musculaire débile par l'exercice, l'hydrothérapie, l'hygiène générale.
2« Corriger les difformités par des procédés physiologiques, chirurgicaux ou mécaniques, isolés et souvent associés, proportionnés à la nature, à l'ancienneté et au degré des lésions.
3® Maintenir la cotrection effectuée par des moyens mécaniques et physiologiques destinés non seulement à soutenir le squelette redressé, mais aussi à donner aux systèmes musculaire et ligamenteux la solidité qui leur est nécessaire pour le bon fonctionnement des parties.
Chez tous les sujets, le traitement des diathèses (scrofuleuse, rhumatismale, rachitique), qui se rencontrent si fréquemment dans l'étiologie, est formellement indiqué.
Actuellement, on peut dire que les enseignementsde Guersant,J. Guérin, Vincent Duval, Bouvier, Malgaigne, Giraldès, Duchenne (de Boulogne) n'ont pas été perdus. Bien que notre administration n'ait rien fait d'officiel en vue de la création d'instituts orthopédiques, comme il y en a de si prospères et de si utiles en Angleterre et en Italie par exemple, le traitement des difformités a reconquis la place dont il e^l digne dans la science chirurgicale.
Fréquence générale des difformités.
Le D' Fisher nous donne une statistique intéressante portant sur 3,000 sujets observés à l'institut royal orthopédique de Londres. Elle permet de voir la proportion relative des différents cas; le torticolis nous parait cependant peu partagé relativement aux autres :
Difformités da racliis. . 937
Pied bot 581
Courbures rachithiues du membre
inférieur 7i3
Autres difformités du membre inférieur 158
DiflTormiiés du membre supérieur. 42
Torticolis 13