‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 445 sur 482 · PIED BOT ÉQUIN. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PIED BOT ÉQUIN. — TRAITEMENT

Somme toute, le pied bot équin a plusieurs caractères essentiels qui peuvent ainsi se réunir : élévation du talon ; raccourcissement et courbure de la plante du pied ; élargissement de sa partie antérieure.

Traitement.

Ici comme pour les autres formes de pied bot, nous étudierons trois ordres de moyens :

a. Moyens mécaniques. — Consistant en appareils destinés à ramener le pied à sa conformation normale ou à Ty maintenir quand on a réduit sa difformité.

b. Moyens opératoires, — Consistant à diviser par la méthode sous-cutanée les tissus rétractés qui s'opposent à la réduction.

c. Moyens physiologiques, — Tels que manipulations, massage, frictions, galvanisation, et en somme tous les procédés destinés à fortifier les muscles affaiblis ou à rendre aux parties rétractées leur souplesse normale.

Ces trois ordres de moyens s'appliquent suivant certaines règles aux divers degrés du pied bot équin. Prenons pour exemple un équin complet type, avec rétraction de l'aponévrose plantaire et difficulté des mouvements de l'articulatien tibio-tarsienne due à la rétraction du tendon d'Achille. Il y a flexion de l'avant-pied sur l'arrière-pied dans l'articulation médio- tarsienne. 11 faut dissocier le traitement en deux temps ; dans le premier le chirurgien corrigera les déformations de la plante du pied et prendra, pour point d'appui fixe, la partie postérieure dont la mobilité rendrait les manœuvres difficiles. Dans un second temps il rétablira les mouvements du cou-de-pied.

Pour exécuter la première partie du programme, Adams, Little, Fisher et avant eux J. Guérin conseillent la section sous-cutanée des tissus rétractés de la plante du pied. D'autres chirurgiens préfèrent l'extension brusque (Delore) ou la mobilisation progressive par des manœuvres quotidiennes (de Saint-Germain).

Il faut d'abord savoir, ce qui est parfois difficile, si la rétraction siège dans les couches superficielles ou profondes de la plante, et aussi quelle est sa puissance. D'habitude la plus grande résistance se rencontre au niveau de la partie interne de l'aponévrose plantaire. Pour reconnaître le degré de rétraction, on placera l'index sur le bord interne du pied et de l'autre main on redressera la plante, les parties rétractées se tendront nettement sous le doigt explorateur.

L'opération se fait ensuite de la manière suivante. Le patient est placé de telle façon que la plante du pied regarde en haut, on le fait donc coucher sur le ventre, puis un aide saisit le pied et, exerçant sur lui une extension modérée, il tend fortement les tissus rétractés. On prend alors un ténotome ayant une lame de 3 centimètres et demi et à pointe bien affilée, on l'introduit à plat à travers la peau du bord interne du pied au milieu de la bande rétractée, et on dirige la lame transversalement au-dessus de cette bande. On retourne ensuite le tranchant vers elle, et l'aide, étendant le pied le plus possible, les parties résistantes viennent se diviser sur le tranchant, auquel on n'imprime que de très légers efi'orts. Le ténotome est ensuite retiré et on ferme la petite plaie avec» le doigt. On examine alors s'il existe encore des portions de muscle» ou d'aponévrose qui résistent ; et dans ce cas,, on réintrodui' le ténotome par le même chemin pour compléter la section.

Quand le pied bot équin est très ancien, souvent le tendon de Tadducteur du gros orteil et l'aponévrose qui l'entoure forment un relief très apparent après la section de Taponévroscplantaire. Il faut alors diviser ce tendon ; on y arrivera facilement en pratiquant une seconde ponction à un pouce et demi environ de la racine du gros orteil. Généralement il ne survient aucun accident à la suite de ces diverses sections sous-cutanées ; on pratique soigneusement l'occlusion des plaies au moyen d'un peu de coton enduit de collodion ; on applique ensuite un bandage compressif pour éviter tout danger d'hémorrhagie sous-cutanée, et on place la jambe et le pied dans une goilttière de fil de fer bien matelassée. Trois à quatre jours après, les petites plaies sont guéries, on enlève tout pansement et on peut commencer l'application des moyens mécaniques.

Ils ont pour but de maintenir le pied dans la situation où on l'a amené par la section des couches rétractées de la plante, et aussi de remédier aux autres obstacles à la réduction,, contre lesquels l'acte opératoire n'a aucun pouvoir. La partie antérieure du pied ne peut être redressée après la section de l'aponévrose plantaire, à cause de la rétraction des ligament? astragalo-scaphoïdien et calcanéo-cuboïdien inférieurs. On ne peut réduire cet obstacle que par un exercice prolongé et l'application de certains appareils. Des manœuvres d'extension de l'avant-pied sur le massif postérieur du tarse seront souvent pratiquées ; on s'efforcera de dérouler pour ainsi dire la plante et après chaque

TU

■èanea on fliera le pied daas nn appareil mëcaniqne. Ceas-d ont «té Ms variis, presque Iods ■ont boni et préuntent nn type nnifonne arec dea parfecliDnnemeDts plus ou moina grandi. Ua se composent d'une partie poiiale, aeinelle de bois 00 de fer, qui reçoit la plante du pied que l'on ; flxe au mojea de courroies, et d'une taloonitre. Celle semelle peut «Ire arliculée pour combattre les fortes courbures médio-larsiennes. La portion jambière est Tonnée de leviers articulés avec la semelle et destinés à ramener le pied dans l'axe du membre.

L'appareil d'Adams, qui n'est qu'un perTecttoonemenl du soulier de Scarpa, est nn bon tipe du genre (Bg. S406). Pour l'appliquer, le cbi-

BÀBEITE. — CHIRDRGIE ORT^OPeDIQUE.

ng. IlOG. — Bottine d'Adami pour li requin.

mrgien, placé en face du pattenl, (lëcfait le genou à 43 degrés et place le membre déformé dans l'appareil en s'appliquBiit avant lout à bien attacber le luion sur la semelle, car lout le auccès dépend de la bonne application des appareils. Toujours ils doivent être fixés très solidement; mais il faut aussi veiller à ce que la peau ne soit ni excoriée ni gangrenée par la pression mal ménagée des courroies.

Généralement il faut deux ou trois mois pour obtenir une réductiun complète do la déformalion planlaire, après quoi on peut passer au second acte du traitement, et s'occuper de rétablir les mouvements du cou-de-pied. Ils sont gênés par le raccourcissement des muscles du mollet et la rétraction du tendon d'Achille, et aussi par l'immobilité de la jointure. Deux mojens existent pour remédier à la rétraction du tendon d'Achille, les appareils et la ténotomie. D'après H. de Saint-Germain, les appareils oui quelquefois raison de certains pieds bots accidenlols; mais le fait est rare, et pour

lui la lénotomle est la règle dani tons les m de pied bot conflrmé. La puola d« Bonyia-fi professait qne l'opération ètail un adjarenl fa appareils doit être retournée ; les manipolatiosi et les appareils sont nliles el même indisp» sables, mais ils ne sont que les complémentin les auxiliaires de la ténotomie.

Tétu4omie du tendott ^Achille. — Pour lu pratiquer cette opération, quelques précauti» ■ont nécessaires. Nous l'exposerons telle pi nous avons appris k la pratiquer sotu la dinctîon de H. de Saint-Germain. L'enfant est mcbé sur le ventre et la jambe est mainlBOH aolidement par un aide de telle façon qM le pied k opérer dépaaaa le bout de la table oa Ai m. Le cbirurgien saisit alors fortemenl avec ■ main gaucbe l'arant-^ed pour le redresio^ tendre le tendon d'AcbtUe. De la main dnriiel prend un lénotome droit et aign. Pour les jenoM enfants, jusqu'à trois ou qnalre ans, on se >» vira avec avantage de téootomes droits et es» bes, k lame forle et courte ajant I GentîmtH à IZ mlUimélres de longueur. On pénébm avec le ténotome droit, toujours du cAté ioIMC du teodoo, suivant une ligne paaaant transi» salement par le sommet de la mallAole intoiw. Scoutetten détermina cette ligne, ^n i'MtK la blessure do veines très volumiDeuses fm l'on rencontre sonvent derrière la maUda. Le ténotome sera dirigé directement vers le tendon, et on ouvrira sa gaine, en enfonftot sa pointe dans le corps du tendon. Retinot alors le ténotome droit, on introduira le coarte par la niéme voie el, arrivé entre la peau el le tendon, on redressera la lame de hçM qu'elle attaque transversalement celui-d, <• sciera alors légèrement de haut en bas, et oB sentira en même temps le tendon qui cè^ peu Jt peu et fail entendre les craquements caractéristiques du tissu fibreux divisé. A la Bail la section on sentira un ressaut et une détente subîteiil faudra alors fléchir fortement le pied afin de détruire les dernières brides celluIeoMs; c'est cette manœuvre que V. Duval appelait le coup du tnalin. 11 s'écoule ordinairement peu de sang par la petite plaie; on l'obture avec un peu d'ouate et de collodion, et on place aussiUU le pied dans une situation aussi correcte qne possible pour combattre l'équinisme el suW l'enroulemenl plantaire.

Adams conseille d'appliquer l'appareil s» quatrième jour après l'opération ; H. de Stiat- Germain applique le jour même, aussilAl sprèi, l'appareil k plaquette dont il se sert dliabilnda

et qui donne loi^ours d'excellents réeullats.

Page 1