PIED BOT. - VARUS ACCIDENTEL
ou sans sections aponévrotiques ou tendineuses, et on maintient ensuite le redressement obtenu, au moyen de bandages et d'appareils. Voici comment doit se faire l'opération : après anesthésie, on fixe avec la main l'extrémité inrérieure de la jambe sur le bord d'une table, et avec l'autre main on saisit le pied de façon que la paume corresponde à la partie sur laquelle doit porter le principal effort, tandis que le pouce et les autres doigts s'appliquent du côté opposé. On exerce alors des pressions dans le sens contraire à la déviation, et on exécute à la fois des mouvements de circumduction et de latéralité. Quand le sujet sera un adolescent ou un adulte, il faudra confier la jambe à un aide afin d'agir sur la difformité avec les deux mains. La séance durera de une demi-heure à trois quarts d'heure et sera répétée toutes les trois semaines ou tous les mois. Après chaque séance on appliquera un appareil plâtré ou un appareil à tractions élastiques destiné à augmenter la correction violemment obtenue.
Dans un cas de varus équin consécutif à une affection médullaire, nous avons vu, en 1882, M. le professeur Trélat, dont nous étions alors l'interne, pratiquer le redressement forcé au moyen d'un appareil très puissant construit par la maison CoUin. Cet appareil immobilisait fortement le cou-de-pied, et un fort levier agissait sur une seconde partie mobile sur la première, qui embrassait au contraire tout l'avant-pied. La manœuvre faite sous Taclion du chloroforme fit entendre des craquements dus à la rupture des tissus fibreux. Aussitôt après l'opération, le pied fut placé dans un appareil pl&lré et, quelque temps après, le malade sortait portant une bottine spéciale. On avait pratiqué aussi la ténotomie du tendon d'Achille.
Malgré les bons résultats donnés par les méthodes de traitement dont nous venons de parler, il est des formes graves et invétérées de pied bol qui résistent encore. L'organe dilTorme rebelle à tout traitement orthopédique bien entendu devient une partie inutile, gênante, et souvent on a été amené à le supprimer. Mais dans ces dernières années, la thérapeutique de ces cas difticiles s'est enrichie de nouveaux moyens d'action, que les méthodes antiseptiques ont bientôt rendus classiques. Nous traiterons dans un paragraphe spécial de ces opérations, qui sont aussi bien indiquées dans les cas rebelles de varns accidentel que dans les varus congénitaux invétérés.
Récidives du varns congénital.
Elles s'observent surtout dans la clientèle hospitalière et sont dues le plus souvent à la négligence des parents qui ne continuent point les précautions qu'on leur a conseillées pour perpétuer la guérison de la difformité. On peut classer sous plusieurs titres les causes de ces récidives, il nous suffira de les énumérer. La récidive peut tenir à ce que le traitement est commencé trop tard, d'où le précepte de le faire le plus tôt qu'il est possible. Elle tient à l'absence ou au d(^fuut de développement par paralysie ou atrophie des masses musculaires de la jambe. Quand en effet, la paralysie est très étendue, il faut faire porter pendant très longtemps^ môme toute la vie, des appareils de prothèse qui empochent de perdre le bénéfice acquis par le redressement du pied.
Le traitement opératoire défectueux, la division incomplète des tendons, leur cicatrice trop courte, et surtout pour Bôeckel, la persistance de l'équinisme, sont encore des causes de récidive de la plus haute importance.
La négligence dans le traitement consécutif, les interruptions dans l'application des appareils dues aux douleurs ou à des maladies intercurrentes, font encore bien souvent perdre tous les bénéfices d'un traitement bien commencé.
Inutile d'insister sur les moyens à employer contre toutes ces causes de récidive, ils se déduisent de leur simple constatation; mais on ne saurait trop insister près des parents pour leur faire comprendre que bien souvent le succès dépendra autant de leur fermeté et de leur bonne volonté que de l'habileté du chirurgien.