LARYNGITE TUBERCULEUSE CHRONIQUE
plus fréquents dans les formes secondaires.
LARYNGITE GUNDULAIRE CHRONIQUE,
Elle est caractérisée par Tinflammation des glandes et des couches superficielles de la muqueuse, ainsi que par l'hyperplasie de leurs éléments histologiques. La desquamation et la dégénérescence deVépithélium se font avec une intensité Tariable et remplacent la sécrétion normale. Une forme particulière de laryngite glandulaire chronique, la laryngite sèche, laryngitis iicca, se montre principalement chez les femmes. Les produits de sécrétion et de desquamation adhèrent, par leur viscosité, à la surface de la muqueuse et s'y dessèchent en croûtes annulaires ou fragmentées, d'une odeur félide et d'une couleur jaunâtre, grisâtre ou brunâtre selon qu'elles sont mélangées de mucus, de pus ou de sang. Tous les jours, ou à des intervalles plus longs, ces croûtes sont détachées par de nolents efforts de toux; quelquefois leur adhérence est déjà détruite par un léger travail de suppuration qui s'établit au-dessous d'elles. Des excoriations en partie hémorrhagiques se remarquent souvent aux points d'où les croûtes se sont détachées. Ces croûtes sont composées de pus, de mucus et surtout d'épilhélium desquamé» déformé, dégénéré, infiltré de gouttelettes graisseuses. Dans la plupart des cas que j'ai tus moi-même, les croûtes occupaient la muqueuse au niveau du cartilage cricoïde et des anneaux supérieurs de la trachée. D'autres fois elles occupaient tantôt un ventricule, tantôt la commissure antérieure des cordes vocales. Une seule fois, appelé en consultation par le D' Smith, de Frederick Maryland, j'ai vu celte laryngo-trachéite fétide, associée à une rhinopharyngite fétide. Des exemples semblables ont été cités par Frânkel (1), Moure (2) et par d'autres auteurs.
Sous le nom de chorditis tuberosa^ Tiirck (3) désigne une inflammation chronique des cordes vocales, caractérisée par la présence de petites tumeurs blanchâtres ou de nodules à la face spuérieure de ces cordes. Elle semble spéciale aux chanteurs. Le plus souvent elle est unilatérale et siège sur la corde vocale gauche. Sa pathogénie n'est pas encore nettement élucidée. La congestion locale, consécutive à des efforts vocaux particuliers, pendant le cours de légères atteintes de laryngite catarrhule, pourrait déter-
(l)Fninkcl, Ziemssen's Cyclopâdia, vol. IV, p. 140. (2) Moure de Bordetux, Rev. mens, de larijng., ttc.,]nfn 1883, p. 16?. ()) Tûrck, op. cit,, p. 164.
miner une hyperplasielimitée,qui se terminerait par la production de ces nodules permanents.
[Cette forme de laryngite est très fréquente chez les chanteurs, en effet, et exige l'intervention chirurgicale. Je suis arrivé dans bien des cas à détruire les nodules par des cautérisations au nitrate d'argent et par des grattages faits avec les mors d'une pince (D'^G. P.).]
LARYNGITE HYPERTROPHIQUE CHRONIQUE.
Dans les laryngites de nature tuberculeuse ou syphilitique, et moins fréquemment dans celles qui ne sont sous la dépendance d'aucune diathèse, les tissus subissent une hypertrophie. Les éléments conjonctifs ou musculaires des cordes vocales sont le siège le plus fréquent de cette lésion, qui entraîne souvent une constriction suffisante pour nécessiter la trachéotomie.