‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 48 sur 482 · LARYNGITE TUBERCULEUSE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

LARYNGITE TUBERCULEUSE CHRONIQUE

La laryngite tuberculeuse chronique, caractérisée souvent par la présence d'ulcérations, donne lieu plus d'une fois à la périchondrite et à la nécrose, surtout des cartilages aryténoïdes. Elle est généralement due à Tinfiltration tuberculeuse secondaire. Si l'on en croit les données laryngoscopiques, la maladie débute, chez les sujets porteurs de lésions pulmonaires tendant rapidement à la caséification, par une laryngite congestive catarrhale ; puis au bout de quelques semaines se développent des ulcérations petites, non suppurées, à la face postérieure de l'épi glotte et en d'autres points du larynx. Ces ulcérations multiples s'étendent à la fois en profondeur et en surface ; lorsque deux d'entre Biles sont suffisamment rapprochées, elles se confondent et déterminent alors, par contiguïté, une ulcération suppurée des lissus avoisinants. Il se produit dans bien des cas un gonflement considérable de l'épiglotte, auquel fait suite une tuméfaction des cordes ventriculaires et vocales, ainsi que des replis interaryténoîdes et aryténo-épiglottiques. On voit, par places, sur ces tissus tuméfiés des ulcérations tuberculeuses et suppurées. Elles naissent particulièrement sur l'épiglotte, sur les extrémités arylénoïdiennes des cordes vocales, la face interne du cartilage aryténoïde elle repli interaryténoïdien, mais elles peuvent aussi occuper d'autres points.

Dans les phthisies pulmonaires à marche plus lente, qui débutent par une pneumonie localisée, la première manifestation laryngienne est la pâleur de la muqueuse. Ensuite on voit les contours du larynx s'épaissir d'une façon caractéristique, surtout aux endroits où domine

J. SOU»€O0EI«. — PLAIES ET MALADIES DES VOIES AÉRIENNES

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le tissa Ijmpboide. Ce pbénomiDe est sartoBt , visible pour les cartilages sapencTtéanldea doQt les contoan prismatiques, si nets et si Dnement découpés, se changent en des masses piramidales fig. 21 16).

La base de la tnméraciion morbide occupe le point qui A l'élal sain est le sommet de l'organe, et Ta en s'efBIanl d'arrière en avant le long du repli qui s'étend du carlîl<ige arrténalde àrépiglolie. L'épiglolle augmente elle aussi notablement de volume. Dans les replia inlerarylénoïdes la tuméraction est diffuse ou biea cir-

Fig. ÎII6. -

conscrile. Quand elle est circonscrite, elle peut aDecler la forme d'une masse unique, sphéroidale, ou surmontée de plusieurs points acuminés. A cette tuméraction peuvent se borner toutes les manifestations de la tuberculose larjugée; mais souvent l'iutlammalion et la suppuration se produisent à la surface et dans l'intérieur même des organes tuméSés. Il est commun ; de voir la périchondrite et la nécrose, qui se | localisent de préférence à l'apophyse vocale postérieure. De la la téaion se propage souvent au corps des cartiliges arvténuides, qui, détruits par la nécrose, sont expectorés en masse ou en petits fragments. La nécrose du cartilage cricoïde est chose rare, de riiénie que celle du . cartilage Ihjroîde.

LAHYNGITE HYPHIUTIQUB ClIROSIQUE.

La litrj/ti'jite »ypbiUtique chronique, plutOt ■ubaiguë que chronique, apparaît aux périodes secondaire et tertiaire de la svphilis. Quand elle se montre quelques mois après les accidents primaires, on peut présumer qu'elle est secondaire; si elle ne survient qu'une ou plusieurs années nprès, elle est très probablement tertiaire. Quelquefois les lésions de la première forme passent insensiblement à la deuxième forme, de telle fai;an que la distinction eu devient absolument impossible.

Dans certains cas, on a vu au laryngoscope des plaques muqueuses et des papules, et l'on en a conclu, sans raison, que ces accidents étaient les précurseurs de toules les ulcérations laryngées de la seconde période. Très souvent

on n'est condoil à former un diagnostic sftr et prompt que par le récit et les aveux du malade ; les lénom locales en effet ne peuvent être distinguées des manifeaUtions de la laryngite non syphilitique avant la production des ulcérations. A ce moment, la distribution symétrique, bilatérale des ulcérations, la STmétrie de leurs contours, sont de bons éléments de diagnostic qui permettent de différeoderU larvnfnte syphilitique de la laryngite laberculeuse.

[Le diagnostic des deux affections repose surtout sur le siège, la coloration, l'aspect général des ulcérations. Chei le tuberculeux ce sont les points du larynx les ptos riches en glandes qiU sont les premiers atteints. Les ulcérations sont d*abord superficielles, leur coloration est d'un rose violacé. Chez le syphilitique, c'est surtout le vestibule laryngien et l'épiglotte en particulier qui sont le plus fréquemment atteints. Les ulcérations sont entourées d'une aréole d'un rouge sombre, elles sont couvertes d'un pus jaunâtre bien lié et s'accompagnant.en général, d'un ujdème dur ,G. P.'..

L'ulcération, et cela est vrai surtout pour l'épiglotte, est un des premiers phénomènes de la période tertiaire. Les gommes sont généralement plus tardives.

Il.es gommes du larynx revotent le plus sou-

vent la forme infiltrée. Rarement ou trouve une tumeur bien délimitée. Jecrols que c'est à cette forme infiltrée qu'il faut rapporter tous les cas d'ulcérations syphilitiques dites tertiaires (D' G. Puyet).)

Lorsque ces accidents sont abandonnés k eux* mt>mes, ils aboutissent à des perles de substance profondes, et plus d'une fois leur cicatrisatioa ne se fait qu'au prix de rétrécissements.

Les gommes se rencontrent isolément (flg- 21 17) ou par groupes (fig. 2118); leur grosseur varie de celle d'un grain de mil à celle d'une noisette. Elles sont particulièrement exposées k s'ukérer, et ce processus gagne souvent les cartilages dont il ronge et détruit le tissu.

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