CONTUSION ET DÉCHIRURE DU POUMON. ^ SYMPTOMES
sang, hémato-thorax compliquant un pneumothorax ; si la plèvre pariétale est rompue, il se fait un emphysème sous-cutané. Dans les cas rares où la plèvre pariétale est intacte, l'emphysème est întra-pulmonaire seulement, mais l'air peut fuser le long des bronches, gagner le médiastin, et même le cou.
Rtllroth signale comme autres lésions la rupture de Tœsophage et du diaphragme, que nous étudierons plus loin. Nous ajoutons les plaies produites par les fragments de cotes, qui viennent embrocher le poumon, et le fixer quelquefois dans une position anormale.
Si le malade survit à de tels désordres, il n'est pas rare que rinflammation se montre très violente dans la plèvre. Du pus se forme, la plaie pulmonaire se couvre d'une véritable fausse memlmiie. La plèvre devient le siège d'une exsudaficm abondante, et le sang épanché entre en décompotitioii au contact de l'air ; il se fait alors un Yèritable pyo-pneumothorax en général mortel.
Symptômes.
Duplay considère en clinique deux formes, en faisant abstraction des complications.
l^ Parme légère, — Elle correspond aux lésions des deux premiers degrés. Le malade ressent une douleur vive, et il est pris de dyspnée. On remarque bientôt que cet état se prolonge, et que l'aïudété est beaucoup plus forte que dans une simple contusion du thorax. A la percussion on constate une diminution de la sonorité, et une certaine différence dans l'intensité du murmure respiratoire. Si le traumatisme a été violent, le malade est pris de crachements de sang, puis des râles crépitants se montrent, ainsi que de la matité. Bientôt on a sous les yeux tous les signes d'une pneumonie, qui peut se terminer par un abcès du poumon ou une pleurésie. Tous ces phénomènes sont plus ou moins accentués selon la gravité du traumatisme. La terminaison par résolution se voit, mais elle est lente. Elle se termine quelquefois par une pneumonie, ou même lin point de gangrène pulmonaire.
f Forme grave. — L'état général du malade domine la scène dès le début. Le blessé est pâle, froid ; le pouls est petit et peu régulier ; souvent une syncope se manifeste. Quand le malade revient à lui, il éprouve une dyspnée violente, puis une hémoptysie souvent abondante apparaît. Si la plèvre pariétale est perforée, on peut constater presque immédiatement les
signes d'un emphysème sous- cutané. Si la plèvre viscérale est ouverte, l'air du poumon pénètre dans la cavité pleurale, ainsi que le sang, et Ton a les signes d'un hémo-pneumo-thorax. On entend au niveau de la plaie viscérale de gros rftles, et môme quelquefois du gargouillement. Si la plèvre pulmonaire est intacte, ce sont des râles à grosses bulles, et un souffle caverneux. On peut en même temps voir se former un emphysème, lequel reste limité à la base du cou et dure peu.
La terminaison, si le blessé ne meurt pas rapidement, se fait par une résolution lente ou par une des complications suivantes :
Pneumonie traumatique. — Elle se montre du deuxième au troisième jour. Souvent les signes classiques locaux sont masqués par les bruits qui se font au niveau de la plaie, mais le thermomètre peut être du plus grand secours pour asseoir le diagnostic. Si l'individu est sain, cette inflammation peut être curative; s'il est d'une mauvaise santé, elle peut devenir de la gangrène pulmonaire. On en est averti par les crachats fétides, sanguinolents, la prostration et les signes de caverne pulmonaire.
Pleurésie traumatique, — Elle résulte en général du mélange de l'air et du sang dans le sac pleural. Elle peut être limitée quand il existe des adhérences antérieures.
Hémo-pneumo-thorax, — Si la plaie pulmonaire est petite, elle s'oblitère promptement, et le sang se résorbe facilement. Si elle est large, l'hémorrhagie est abondante, les bronches ne s'oblitèrent pas, le sang se décompose, et il se forme un pyo-thorax.
Emphysème, — C'est une complication que nous décrivons plus bas.
Diagnostic.
i o Foime légère, — 11 est souvent (brt difficile de distinguer la contusion simple des parois de la lésion pulmonaire dans ses formes légères. L'hémoptysie peut ne se montrer qu'au bout de plusieurs heures, ainsi que les bruits anormaux, surtout si le malade ne fait que de faibles inspirations à cause de la douleur. Mais dès que l'hémoptysie se montre, on peut affirmer la lésion viscérale.
2° Forme grave, — En général elle est facile à reconnaître de bonne heure. L'état général rapidement grave, l'hémoptysie précoce mettent immédiatement sur la voie. Si l'emphysème sous-cutané se produit, le signe est puthognomonique, soit qu'il se montre au niveau de la contusion, soit qu'il apparaisse à la base du cou.
LE BEC. — MALADIES DU THORAX, PLÈVRES, POUMONS ET COEUR
Notis ne hisoM pu ici le diagnostic des autres complicalions, rraclures, etc., parce qu'il est traité dans les chapitres spéciaux.
Ppoooatic.
Dansles rormesiégùresi) est bénin, psrce que les complications sont généralement surmontées. Dans les formes graves, la vie est en danger dés le commencement, par le choc traumaliquc, les hémorrhagies, puis par l'hémolhora«, le pyo-lhorax, la gangrène du poumon. l'ar lui-même, l'eniplivsème n'esL pas un accident redoutable.
Traitement.
On combat la douleur par des sangsues, des ventouïes scariBéea au point du choc, une saignée, si l'état général le permet, ou par des injections de morphine. Dans les formes graves il faut lutter contre le collapsus du début. On a conseilla, pour lutter contre l'hémorrhagie interne, les grandes ventouses Junod ; faire prendre au malade du perchlorure de fer, du ralanhia, de la glace, etc. Le malade sera placé sur un lit, le iborax élevé, et plus lard on lui fera prendre de l'alcool. Il est utile de mettre un bandage de corps, qui diminue un peu la dvspnce. On combattra les complications par les moyens ordinaires.
Causes.
Nous trouvons comme causes prédisposantes le sexe mâle. Les causes efficicnles sont les chutes d'une certaine hauteur, les coups violents, le passage sût la poitrine d'une roue de voiture, les tamponnements dans les gares de chemins de fer. Presque toujours le squelette, sternum ou eûtes, sont fracturés et enfoncés, ils viennent alors blesser directement les viKères. Mais quand il n'v a pas de fracture, on admet que le cœur, fortement comprimé au moment où il est plein de sang incompressible, se rompt & la manière d'une vessie pleine d'eau (Chausiier).
Anatomle pathologique.
S'il y a eu contusion seulement, on a trouvé la surface du cœur livide, ecchymosée, même ramollie el ulcérée (Uuplay); et dans le péricarde on a rencontré du sang, du pus ou même des fausses membranes. Les cas de ruptures sont mieux connus. Le péricarde est le plus
souvent atteint le premier, mais il est des cas où il est resté intact, le cœur s'étanl seul déchiré. En général le péricarde est lacéré. On le trouve contenant des caillots de sang ainsi que la plèvre, el la rupture siège le plus souvent suies parties latérales. Les déchirures du cœur peuvent être limitées à une oreillette ou un ventricule, indifféremment des deux côtés. Rlles
Fig. ÎI9Î. — Eccliyiii
ruptures du i
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(*) l.rDpInreducreariep.eccliymoscacardlaqnsBvolumlneniei du ventricule gauclie e^ la-deMus eccby-
maseï moindres; p, perrontlon tjtnt eu lieu il<> dedans en dcbori ; !, caillé iccidamelle ouverte «n dedans et B]tuée au milieu d'an endroit occbjrmoaé: 3, perforation a'étendant de l'intérieer a l'cxlérienr parun trajet oblique (Laboulbène, Annlumic path'-' logii/iie, p. àîO).
sont assez profondes pour comprendre toute l'épaisseur de la paroi et èlre complètes. Dupuytren et Mo rel- La vallée en ont vu d'incomplètes. Quelquefois le cœur peut se diviser en totalité, avec les bords de la déchirure plus ou moins nets. Nous avons vu un cœur dont les ventricules s'étaient détachés des oreillettes, sans fracture du sternum. On a vu en même Icmps des ruptures des gros vaisseaux.