‹ Encyclopédie moderneChapitre 100 sur 308 · ARGUS · texte numérisé non relu

ARGUS

leurs dérisions et de leur mépris. Le duc de Brunswick , aussi surpris et presque aussi effrayé, fait suspendre l'attaque. La bataille était gagnée ; l'action avait duré à peine quelques minutes.

Au bout de quelques heures, le duc de Brunswick essaya une nouvelle tentative; mais il n'était plus temps. Nos soldats savaient ce qu'ils pouvaient, et les siens avaient appris à les connaître. Dumouriez cependant, instruit de la position fâcheuse où se trouvait Kellermann, avait envoyé des renforts. Le matin on était parvenu à s'emparer de toutes les positions occupées sur les hauteurs par les Prussiens ; le soir la victoire était complète, et l'armée prussienne n'avait plus qu'à se retirer.

Telle est cette fameuse bataille de Valmy, qui ouvrit l'époque de nos succès à la fin du dix- huitième siècle et au commencement du dix- neuvième. Elle fut gagnée par Kellermann ; mais le plan en avait été conçu par Dumouriez : c'était la conséquence des opérations de l'Argonne ; on sait quels en furent les résultats. L'armée prussienne, découragée et honteuse d'elle-même en quelque sorte, ne pensait plus qu'à rentrer dans ses foyers. Tous les projets d'invasion avaient disparu, et l'on s'estimait trop heureux de pouvoir fuir sans être inquiété. En moins de quinze jours les désertions et la maladie l'avaient presque réduite de moitié. Ce n'est qu'en 1806 que la Prusse songea à rentrer en lice pour éprouver encore une fois le même sort. C'était tout au plus si l'on avait perdu neuf cents hommes de part et d'autre, bien qu'on eût tiré plus de vingt mille coups de canon depuis le malin jusqu'au milieu du jour. La gloire de celle campagne célèbre appartient tout entière à Dumouriez. Celle gloire, il est vrai, il l'a teruie à la fin de sa carrière. Mais si le souvenir des fautes doit rester, peut-être doit-on conserver aussi celui des grandes actions, et accorder à celui qui a sauvé son pays quelque chose de l'iudulgencc qu'ont obteuue de la postérité les Turenne et les Condé après avoir eu le malheur de combattre sous des drapeaux qui n'étaient pas ceux de la France.

Kermoysan.

abgcts. (Mythologie.) Ce nom est commun à plusieurs personnages des temps mythiques.— Argus, fils de Jupiter et de Niobé, fille de Phoronée, ou, suivant d'autres, fils d'Apis, épousa soit Évadné, soit Pitho; il en eut deux fils, Pirasus et Phorbas, ou, selon d'autres mythograpb.es, cinq fils, Jasus, Piraulhe, Épidaure, Tiryns et Criasus. Il succéda à Phoronée, fils d'Inachus,ouà Apis, et, devenu roi, il donna son nom à l'Argolide où il régnait (1). Le nom resta non-seulement à la

(1) Apollod., II, l. - Scliol. Kurip., l'hœn.. 1161. - Pau»., éd. Clavier, t. I, p. lai.

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