‹ Encyclopédie moderneChapitre 101 sur 308 · ARGUS · texte numérisé non relu

ARGUS

ville d'Argos, où était le lombeau d'Argus (1), mais à un bois voisin qui lui était consacré (2). — Un second Argus, et celui-ci est le plus célèbre de tous, n'a pas une origine plus certaine : il était fils d'Agénor, ou d'Arestor, ou d'ioachiis, ou d'Argus etd'lsmène , ou , selon d'autres , il était sorti de la terre (3). Hygin (4) fait de lui le 61s de Polybe ou de Danaus et d'Argée, et il lui attribue la construction du navire Argo. — Quelle que fût son origine, cet Argus était doué d'une vigueur prodigieuse, et avait le corps entièrement couvert d'yeux, te qui lui avait valu le surnom de navéïrni; , qui voit tout. Quelques auteurs lui donnent seulement cent yeux, dont cinquante se fermaient pendant que les cinquante autres veillaient et restaient ouverts. Il délivra l'Arcadie d'un taureau furieux qui la désolait, d'un satyre qui volailles troupeaux, et tua, pendant qu'elle dormait, la monstrueuse Écliidna, fille du Styx, moitié femme, moitié serpent, dont les meurtres et les brigandages avaient répandu au loin la terreur. Argus, chargé par Juuon de «ai der Io, changée en génisse, l'avait attachée à un olivier dans la forêt de Mycènes; mais Mercure, envoyé par Jupiter pour enlever à son gardien la nymphe qu'il aimait, endormit Ar- K.is au son de sa tlûte, et lui coupa la tête selon Ovide, ou la lui brisa avec une pierre, selon Apollodore(£>). Junon plaça les cent yeux d'Argus sur laqueue du paon, son oiseau favori.

Quelques partisans à tout prix d'un symbolisme astronomique, ont cru voir dans le mythe d'Argus une allusion aux principes fécondants de l'action solaire : Mercure, dieu-soleil, triomphant de la nuit étoilée représentée par Argus aux cent yeux, délivre lo, dans laquelle est personnifiée la terre, condamnée à la stérilité par le pouvoir jaloux de Junon, considérée, d'après Plutarque (6), comme l'ombre terrestre. Quoi qu'il en soit, plusieurs peintures antiques, des vases, des pierres gravées parvenues jusqu'à nous représentent la fin tragique d'Argus. 11 y est souvent figuré avec des yeux sur toutes les parties du corps, couvert de la peau du taureau d'Arcadie dont il avait triomphé et portant à la main le pedum ou bâton recourbé. — Un troisième Argus, fils de Phryxus et de Chalciope ou de lop bossa, s'embarqua a Œa en Colchide pour aller recueillir l'héritage de son père, mort à Orchomène; mais jeté par un naufrage dans l'Ile d'Arétias, il fut recueilli par Jason, qui le ramena dans la Colchide (7). C'est lui, et non pas le précédent,

(1) Id., t. I, p. 479.

(2) Id., t. I, p. *68.

(3) ApolL, 11. I, S (*)Ovld., Met., 1,717.

(S» Apollod., /. e.

('.; I raom., IX. vol. X, p. 756, srqtj WM.

:7) Apollon., A., Il, 1113 isq.

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