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ARIADNE

gestes d'une femme en travail d'enfant D'après une autre tradition rapportée par Phérécyde (2), Thésée avait débarqué à Naxos avec Ariadne, et tandis que tous deux se livraient au 6omroeil, Minerve apparut en songe au jeune héros, lui représcutaut le tort qu'il allait se faire auprèsdes Athéniens s'il ramenait pour épouse une jeune tille étrangère. Dévoré de remords, mais obéissant aux conseils de la déesse, Thésée partit abandonnant au milieu de la nuit sa jeune femme , profondément endormie. Catulle (3) et Ovide (4) nous ont traduit éloquemment les plaintes de l'épouse délaissée, lorsqu'elle se trouve seule à son réveil, et là commence la seconde partie du mythe.

Vénus apparaît à la belle désolée, et l'engage à calmer son chagrin. Bientôt elle sera l'épouse d'un dieu , et partagera sa gloire. En effet Bacchus s'approche, la soumet à ses vœux, et lui fait présent d'une couronne d'or, que les dieux placèrent plus tard parmi les astres (5). Tout l'Olympe assiste à cette uuioii , en faveur de laquelle, selon Hésiode (6), Jupiter accorda à la nouvelle épouse une immortelle jeunesse. Cependant la fille de Minos n'était pas destinée, si nous en croyons Ovide (7), a jouir d'un bonheur sans mélange. Parmi les captives que Bacchus ramenait alors de l'Inde se trouvait une jeune fille qui le rendit infidèle. Ariadne dut pleurer pour la seconde fois l'inconstance de son époux, et ses plaintes furent si touchantes que le dieu ne sut pas y résister : « De ses lèvres , ajoute le poète de Sulmone, il essuie les larmes d'Ariadne, il la prend dans ses bras : Montons ensemble, lui dit-il , vers la route des deux ; l'amour nous a unis, qu'un même nom nous unisse encore ; et puisqu'on me donne le nom de Liber, prends le nom de Libéra dans ta nouvelle demeure. » Nous voyons par ces paroles d'Ovide, ainsi que nous le voyons encore sur quelques vases italo-grecs, Ariadne se présenter à titre d'épouse de Bacchus comme déesse Libéra : c'est plutôt à Proserpine cependant qu'il faut rapporter ce nom. Ariadne, dit M. Creuzer (8), quoique son fortuné réveil à Naxos Tait fait employer comme un symbole d'immortalité sur les sarcophages, ne fut jamais considérée comme reine des morts. Or, c'est ce qu'est essentiellement la mystérieuse Libéra, ainsi que le prouve la* connexilé originelle et permanente des Libé-

(t) Plut., /. c.

y*) Foy. fraR. 106 ap. Fragmenta Historié. Grâce, éd. IMdot., t. I, p. 97.

(5) ÊpUhal. de Thétis et Pelée, t. 60-965.

(*) Hcrold., 10.

(») Ptiérecyde, l. e. - Ovld., Mét., I. VIII. et Fntt., L III ; - Hygln, Poet. attr., I. Il, v. 5.

(6) Throgon., v. 9*7 sqq.

(7) Vattei, Hl, y. 460 et sulv.

WRelig. de FÀntiquitr. trad. de M. Gnlpnlaut , l VII, cb. iv.

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