ARION — ARISTÉE
vaient pu toucher des hommes cupides, avaient attiré des dauphins se jouant en troupe autour de l'harmonieux navire ; un d'eux prit le chanteur sur son dos , et le porta jusqu'au cap Ténare, d'où Arion se rendit à Corinthe.
Périandre se montrait encore incrédule au récit de cette incroyable aventure, lorsque le ▼aisseau qui portait les coupables aborda au port de la ville. Le roi fit mander l'équipage, et demanda des nouvelles d'Arion. Les matelots répondirent qu'ils l'avaient laissé à Tarente en bonne santé. A ces mots, Arion se montra, et les misérables , confondus , furent obligés d'avouer la vérité; ils furent condamnés à mort et mis en croix. Tèl est le récit d'Hérodote et d'Hygin (1): toutefois ce dernier, après avoir ainsi rapporté ce mythe dans ses fables, y revient dans son Poeticon Astronomicon , et y introduit une variante. Les coupables, d'après ce second récit, étaient le?
propres esclaves d'Arion. Arion , ou, sinon le citharède lui-même, au moins sa lyre et le dauphin , furent placés par Apollon parmi les aslres. AU nombre des offrandes votives qui se trouvaient sur le Ténare, on voyait une statue en bronze représentant Arion porté par le dauphin (2). — Arion était aussi le nom d'un cheval , né de Neptune et de Cérès :
cette déesse , poursuivie par le Dieu des mers, s'était enfuie, transformée en jument; mais Neptune, ayant deviné sa ruse, se métamorphosa en cheval, et satisfit sa passion. De celte union haquirent une fille , dont le nom restait un secrét pour ceux qui n'étaient pas initiés , et le cheval Arion (3). Selon une autre tradition , c'était Geea ( la Terre ) qui avait engendré Arion et Cœus , près du bois d'Apollon Oncéen, en Arcadie (4). — D'autres font « naître Arion de Neptune et d'une Harpye, ou d'une Harpye et de Zéphyre (5). — D'autres, enfin, prétendent qu' Arion était le nom du cheval que Neptune fit sortir de terre d'un coup de trident, lorsque Minerve et lui disputèrent à qui ferait aux hommes le plus utile présent (6). Neptune le donnaàCoprée, celui-ci aOncus, des mains duquel il passa dans celles d'Hercule, pour appartenir ensuite à Adraste (7). Sous ce dernier maître, Arion se signala en remportant le prix aux jeux Néméens, et en sauvant la vie d' Ad ras te, le seul des sept chefs qui ne périt point sous les murs de Thèbes. Une dernière tradition , due au scoliaste de Stace (8), nous apprend que Neptune
(l)Hérod., Clio, XXIV. - Hyglo, Pab., 194, et Poet. Astr., II, 17.
(S) Paus., tû. Clavier, t It, p. «11.
(3î Id., t. IV, p. 396.
(*) AnUmachus, dans Pausanlas, t. IV, p. 999. (5) Euslath., Ad Hom., p. 10S1. - Quint. Smyrn,, IV , 670.
(c) Scrv., Virg., Ceorg., 1, 12.
(7) Paus., /. c.
(») Thebald., IV, W.
produisit en Thessalie les deux chevaux Arion et Scyphon. Le premier de ces différents mythes nous explique pourquoi Cérès avait à Phygalie une statue qui la représentait avec une tête de cheval à la criuière ondoyante (1).
N. des V.
ARISTÉE . ( Mythologie ). Fils dUranuset de G*a ( la Terre ), ou d'Apollon et de Cyrène, ou bien encore du centaure Chlron en Grèce, ou de Carystus dans l'Ile de Céos, Aristée avait été élevé sur le Pélion par Chiron et instruit par les Muses, qui lui apprirent la médecine et l'art de la divination. Honoré en Grèce dès les temps reculés comme une divinité propice, il présidait aux travaux champêtres, protégeait les diverses eu Hures , particulièrement celles de la vigne et de l'olivier, veillait sur les pâturages et éloignait des moissons les chaleurs desséchantes ainsi que les autres fléanx qui les menacent. C'était encore lui qui arait appris aux hommes à élever les abeilles et à récolter le mie), auquel l'antiquité attribuait les qualités les plus bienfaisantes. Aussi le culte d'Aristée se relrouve-til dans un grand nombre de lieux divers. On l'adorait en Thessalie, patrie de sa mère Cyrène, fille du Péoée; dans l'Ile de Céos ; en Béotie ; en Arcadie, d'où vientque la poésie l'appelle MagisterArcadius; à Cyrène dans la Libye, où Apollon avait transporté sa mère après l'avoir enlevée de Thessalie. La divinité de ce protecteur des champs se confondit plus tard avec celle de Jupiter-Icmœus et d'Apollon Agreus ou d'Apollon Nomios. C'est ce que nous apprend positivement un texte de Pindare : « Aristée, dit le grand lyrique, fut porté par Mercure, sitôt qu'il eut vu le jour , chez Gaea et les Heures. Celles-ci lui donnèrent le sein, et, faisant couler sur ses lèvres le nectar et l'ambroisie, le transformèrent en dieu éternel, Jupiter, et en dieu pur, Apollon, gardien des troupeaux , chasseur et protecteur des pâturages, appelé aussi Aristœus (2). » D'après Diodore de Sicile , c'était aux nymphes qu'Apollon avait confié son fils, auquel elles avaient imposé le triple nom de Nomios, d'Agréos et d'Aristée. Elles lui apprirent aussi l'art de cailler le lait, de construire les ruches, de recueillir le miel, de presser les olives, art qu'il enseigna aux hommes. En Béotie, Aristée épousa Autonoé, fille de Cadmus, et en eut Actéon, dont le sort cruel lui causa un vif chagrin. Après la mort de ce malheureux fils, Aristée alla consulter l'oracle de son père Apollon , et en reçut l'ordre de se rendre À l'île de
(i) Pans , l. vm. w.
(*) P\nti.,Pyth. IX, 57-71. Les habitants de Céo«, * ce que nous apprend encore Atbénagore £ Pro Christian* p. J90 ), identifiaient Aristée avec Jupiter et «*« Apollon :Ketot 'Aptdratov TÔvaÙTÔv xal Ats tod
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