ARISTÉE
Céos : il y arriva au moment oh une peste terrible rangeait toute la Grèce, et la fit cesser en offrant des sacrifices solennels au nom de tous les Grecs. On était alors dans la canicule, c'est-à-dire au moment où se lève l'étoile du Chien ou Sirius, dit encore Oiodore; puis il ajoute qu'on ne remarqua pas sans étonnemeut que celui dont le fils avait été déchiré par des chieos avait fait cesser l'influence, ordinairement si funeste, de l'astre qui porte ce nom dans le ciel. Pendant son séjour dans l'Ile de Céos, Aristée avait eu plusieurs enfants, qu'il y laissa pour retourner en Libye, d'où il passa enSardaigne, Ile alors sauvage, qu'il rendit fertile et civilisée : il y eut deux fils, Charmus etCallicarpus, noms allégoriques, dont le premier désigne la joie , le plaisir ( 'Xapn.ovifj ), et l'autre la beauté des fruits (xoXXixocpno; ). En Sicile, où il se rendit ensuite, il fit faire à Ta- Kricuilure les grands progrès qui plus tard signalèrent celle contrée comme le séjour favori deCérès; puis il alla trouver Bacchus dans la Thrace, où il se fit initier aux mystères, et disparut aux environs du mont Hémus (I).
Tel est le récit de Diodore de Sicile, dans son quatrième livre, bien qu'il eût dit dans le troisième (2) que Bacchus avait été nourri parNysa, fille d'Aristée, auquel Jupiter avait même confié l'éducation de son fils. On sait quel rôle important Virgile a fait jouer à Ariatée dans le célèbre épisode qui termine les Géorgiques. Selon le poète latin, Aristée, cause de la mort d'Eurydice, qui fut mordue par un serpent comme elle fuyait pieds nus devant lui, en fut puni parla perte de ses abeilles, et pour les remplacer força Protée à lui révéler on secret merveilleux , qu'il transmit ensuite aux nommes : c'était la reproduction spontanée des abeilles dans le corps d'un taureau sacrifié, c'est-à-dire t'éclosion des mouches lors de la corruption des matières animales (3).
• Aristée , dit M. Creuier , le père des abeille», le ministre de Jupiter ou le fils d'Apollon, c'est au fond Jupiter Aristaeus lui-même, Jupiter lemaeus, dieu de l'humidité nourricière; c'est encore Apollon Nomios ou Agreus, pasleur ou chasseur, l'un et l'autre descendus sur la terre pour apporter aux hommes avec leur culte les premiers biens de la vie , les premiers éléments de la société. Voilà pourquoi Aristée se retrouve à l'origine des plus
(l)Dtod.,I.IV,*81 et R2.
(3) Servlus et Heyne, Comm. ad Firg. Ceorg., 1. IV, IM. M. Wolfgang Mcnzcl, dans un travail mythologique récent, regarde l'abeille comme ayant repré- «nlé le grand principe femelle de la génération, tandis qu'Aristée , l'homme aux abeilles, était (Us d'Apollon ou du «olell, grand principe mâle de cette même génération: or le taureau étant le symbole du soleil, de la le rapprochement de l'abeille et du taureau. I Hythalogitche Forschungen und Sautntungen, I, |. IW; tsW. )