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mente stimulants les plus énergiques; elle doit celle propriété à une huile volatile et à une malière jaune amère contenues dans la racine. Son action se rapproche de celle du camphre; elle détermine particulièrement la sueur et la sécrétion urinaire. On lui attribue en Amérique la propriété de combattre reflet des morsures des serpents venimeux , et son efficacité dériverait de la faculté qu'elle possède de produire la diaphorèse: elle agirait dans ce cas à la manière de l'ammoniaque; cette propriété n'est pas suffisamment établie. On n'emploie cette plante que rarement; elle convient comme antiseptique et tonique dans les formes adynamiques des fièvres graves»
dans les cas d'atonie et d'épuisement produits par de longues maladies; associée au quinquina, elle paraît en favoriser l'action dans les fièvres intermittentes rebelles. La serpentaire s'administre en poudre, à la dose d'un demigramme à un gramme; l'infusion se fait avec dix ou quinze grammes de la racine et deux cent cinquante grammes d'eau bouillante; on ne doit pas en préparer de décoction , l'ébullition détruisant les propriétés de la plante.
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armoise. (Botanique et Thérapeutique. ) Plante de la famille des synanlhérées, tribu des coryrobifères, syngénésie polygamie superflue de Linné. Elle présente des feuilles larges, pinnatifides, blanches, cotonneuses en dessous ; ses tiges sont glabres et rameuses ; les fleurs sont en grappes d'un jaune roux, à calice imbriqué un peu laineux , d'une odeur pénétrante, un peu amère, d'une saveur aromatique prononcée, mais moins forte que celle de l'absinthe. On met en usage les feuilles et les sommités fleuries, que l'on recueille en août et en septembre, et dont on prépare une eau distillée, une teinture alcoolique, un extrait, un sirop; enfin on l'emploie en poudre et en tisane ; elle entre dans la préparation de l'eau hystérique, des trochisques demyrrhe.
Cette plante jouit de toutes les propriétés des plantes aromatiques, qui contiennent une huile essentielle et un principe amer, c'est-àdire qu'elle est tonique et stimulante; elle est particulièrement mise en usage comme stomachique, fébrifuge, anthelmintique, antihystérique, et surtout comme emménagogue. On se trouve bien de son emploi dans les cas de chlorose et d'anémie , dans les cachexies paludéennes, dans les dysménorrhées et les aménorrhées liées aux pâles couleurs; on a proposé, il y a peu d'années, d'employer la racine d'armoise dans le traitement de l'épilepsie , mais elle parait avoir échoué.
Les Japonais préparent leurs inoxas avec le duvet cotonneux de Yartemisia chinensis ; ce duvet ou cette bourre s'enflamme facilement, et produit sur la peaih des escarres
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assez profondes. On peut employer au même usage le duvet de notre armoise commune, l'amadou , le coton , la moelle de certaines espèces de jonc.
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arnaldistes. ( Histoire religieuse.) On donne ce nom à une secte d'hérétiques qui se rallièrent, pendant le douzième siècle, aax doctrines professées par Arnaud de Brescia.Ce novateur, qui vint en France dans sa jeunesse, y étudia sous Abeilard , dont il partagea les erreurs. De retour en Italie , il prit l'habit monastique, et chercha à se faire un nom en préchant la réforme du clergé. En l'an 1139 il fut condamné pour ses opinions par le concile de Latran. Obligé de quitter l'Italie, il se réfugia dans l'évéché de Constance ; mais la vigilance active de l'Église sut l'y découvrir et l'y suivre : saint Bernard s'efforça d'exciter par ses lettres une nouvelle persécution contre lui. Cependant Arnaud continuait de préelter sa doctrine en Suisse, et cinq ou six ans après on le voit revenir triomphant dans Rome, soulevée contre le pape Innocent II. Il y vécut en paix pendant plusieurs années, protégé par le sénat et gardé par les nombreux partisans qu'il s'était faits dans le peuple. En 1155, le pape, poussé à bout par la violence de ses prédications contre le clergé, mit Rome en interdit. Le peuple, en se voyant privé des saints offices , expia sa révolte par son repentir , et Arnaud , obligé de nouveau de quitter Rome, se retira à Otricoli, qui faisait alors partie de la Toscane. Le pape , fort de la présence à Rome de l'empereur Frédéric Barberousse, ne se contenta pas de cet exil volontaire : Arnaud fut arrêté, enfermé d'abord an château Saint-Ange, puis conduit sur la place du Peuple et brûlé vif, avant que ses partisans eussent le temps de prendre sa défense.
A en croire les écrivains protestante, tels que Mosheim et Sismondi, Arnaud de Brescia était d'une pureté de mœurs irréprochable et d'une érudition sans égale ; son hérésie , peu condamnable, consistait dans quelques erreurs obscures et inintelligibles sur le dogme de la Trinité. S'il s'attira la persécution du clergé, ce fut par sa haine rigoureuse des abus alors existants, par ses prédications éloquentes contre la possession des biens ecclésiastiques, qu'il traitait d'usurpation, contre les vices des dignitaires de l'Église, contre les dangereuses conséquences du pouvoir temporel des prêtres. Mais les historiens catholiques l'accusent d'à* voir professé des opinions bien autrement dangereuses et en opposition directe avec les dogmes fondamentaux du christianisme. Selon eux, il rejetait le baptême, des enfants , le sacrifice de la messe, la prière pour les morts, le culte de la croix, elc. En outre , il était
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d'un caractère turbulent, dévoré d'une inquiète ambition , et il montra dans toute sa conduite une violence aussi criminelle qu'imprudente , une ardeur à exciter des séditions et à troubler la paix publique , tout à fait incompatible avec l'esprit de la véritable religion. En conséquence, la persécution qui s'acharna sur lui et le supplice qui mit fin à ses jours furent des actes de justice et non de vengeance, et sa mort, utile à la religion, le Tut aussi au repos et à la sécurité de l'État. Quoi qu'il en soit, Arnaud de Brescia doit être considéré tout aussi bien comme un réformateur politique que comme un réformateur réligieux. Voici le portrait qu'en a tracé M. Gérusez : « Arnaud, le disciple chéri d'Abeilard, l'écuyer de cet autre Goliath, comme disait saint Bernard, poussait la résolution de l'audace beaucoup plus loin que son maître; il représente beaucoup mieux que lui l'indépendance de la pensée, l'insurrection de la pensée contre la foi. La discussion n'était pas pour lui un simple exercice de l'intelligence, mais un prélude à l'action. Ses doctrines et ses actes uni des réminiscences de l'antiquité républicaine et des pressentiments de la philosophie rooierne. H fit à Rome, avec un succès de quelque durée, ce que tenta deux siècles plus 'art l'ami de Pétrarque, Nicolas dè Rienzi ; ce Tôt le plus redoutable des novateurs que combattit saint Bernard, et la crainte qu'il lui inspirait (ut telle qu'elle entraîna l'abbé de Clairvaux aux emportements de la colère. »
La mort d'Arnaud ne mit pas fin à l'hérésie qu'elle avait pour but de punir et de couper dans sa racine. Quelques-uns de ses disciples, qu'on nommait aussi publicains ou poplicains , passèrent de France en Angleterre, vers l'année 1 166 : ils y fuient arrêtés et dispersés. D'autres, qui étaient restés en France, continuèrent d'y former une secte qui se confondit plus tard dans la grande hérésie des Albigeois. 11 ne faut pas confondre Arnaud de Brescia avec Arnaud de Villeneuve, chimiste et médecin célèbre, qui pratiquait et enseignait brillamment son art en Espagne et en Italie vers le commencement du quatorzième siècle. Celui-ci fut aussi un hérétique, et eut en Espagne quelques sectateurs. H enseignait dans ses livres qu'en Jésus-Christ la nature humaine est égale en toutes choses à la divinité et a su tout ce que savait la divinité , que le démon a fait périr la foi , que Dieu n'a pas menacé de la damnation éternelle ceux qui (lèchent , mais seulement ceux qui donnent mauvais exemple; que le monde devait finir l'an 1335, etc. Quinze propositions extraites de ses ouvrages furent condamnées après sa mort par l'inquisition de Tarragone.
N. des v.
AEWICA. (Botanique et Thérapeutique.)