AROËRIS
Cette plante, de la famille des radiées ( syngénésie polygamie superflue de Linné), crott dans les parties froides et montagneuses de l'Europe (arnica montana). Sa tige est simple ; ses racines sont noires , grêles , fibreuses ; ses feuilles ovales ; ses fleurs grandes , radiées , d'un beau jaune; ses fruits à aigrettes pl limeuses. Sa saveur est âcre , amère , un peu nauséabonde; son odeur aromatique et provoquant l'éternuemen t. L'analyse chimique n'y fait découvrir aucun principe particulier. On emploie les feuilles et surtout les fleurs, que l'on donne en poudre, on dont on prépare une infusion, une décoction, un extrait, une teinture , etc. L'arnica a été préconisée, dans le siècle dernier, par les médecins les plus recommandantes , comme douée de propriétés énergiques; on l'employait comme vulnéraire , dans l'épilepsie , contre I'amaurose , les paralysies, le rhumatisme, la dysenterie ( Stoll ) , les fièvres intermittentes. Ces vertus paraissent exagérées. Il est certain cependant que son ingestion à haute dose dans l'estomac produit une vive agitation , des vomissements et de la diarrhée, et qu'elle a aussi sur le cerveau une action qui se révèle par de la céphalalgie, des vertiges, des mouvements convulsifs. On voit, d'après ces indications sommaires, qu'on peut être autorisé à l'employer dans les affections de l'intestin et du cerveau où il y a débilité des fonctions de ces organes. C'est ce qui explique les heureux effets obtenus par Stoll dans les dysenteries épidémiques avec adynamie, et les succès qu'on en a retirés dans I'amaurose asthénique , dans les paralysies essentielles, etc.
D r R acle.
arokris. ( Mythologie. ) Har-oëri , c'està-dire Horus l'ancien, comme l'explique Plutarque dans son Traité tflsis et d'Osiris (t), où il rapporte une tradition mystique des plus bizarres, selon laquelle Aroëris serait le fruit des amours secrets d'Isis et d'Osiris , lorsqu'eux-mêmes étaient encore dans le sein de leur commune mère,Rhéa on Noutpé.
Selon la légende plus commune (2) , Aroëris, qui naquit le second jour des épagomènes, est fils du Soleil et de Rhéa. Les Grecs l'ont assimilé à Apollon. Nous aurons occasion à l'article Horus, en indiquant les diverses formes et surnoms de cette divinité, tels qu'Harhat, Harsonthon , Herslésis , Ilarpocrate, de revenir sur Aroëris; ajoutons seulement ici qu'un des deux grands temples contigus de la ville d'Ombos était consacré à une triade formée d' Aroëris , de Tsenenofré, et de leur fils Nebtho (3). Sur la porte
(l| Plut., ibid.
(3) Champ., Naticet descr., p *«S.. et Lettre* d'Êg., P. m.
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du sanctuaire de ce temple, reconstruit sous Ptolémée Philométor, existe une dédicace grecque à cette divinité, sous son double nom d'Aroeris et d'Apollon (1). Cette synonymie est encore confirmée par une autre inscription grecque â'Apollonopolis parva (2). Aroëris reçoit dans ces inscriptions le titre de Dieu Grand ou très-grand.Lcs Égyptiens le représentent sous la forme d'un épervier ou d'un homme à tête d'épervier.
W. B. de P.
arracacha. ( Botanique. ) Ce genre , classé par Bancroft, appartient à la famille des ombellifères, tribu des smyrnées. C'est une herbe vivace, à racine tubéreuse. Ses feuilles sontbipeniiées, ou pennées, ou pennatiparliles ; les inférieures sont pétiolées , les supérieures sessiles sur leurs gatnes. Ses fleurs sont polygames : les marginales , hermaphrodites ; les autres, mâles ou neutres. Ce genre, propre à l'Amérique méridionale, ne comprend que deux espèces. L'une d'elles, {'arracacha xantorhiza , est cultivée comme plaute alimentaire dans la province de Santa -Fé- de- Bogota. Ses tubercules, qui ont une saveur très-agréable , constituent un des mets journaliers dont se nourrissent les habitants du pays. Les essais tentés à diverses reprises, à une époque encore peu éloignée , pour naturaliser en Knrope la culture de cette plante , ont toujours été infructueux.
arrosoir. ( Conchyliologie.) Oo appelle arrosoir, aspcrgillum, une coquille d'une forme singulière : elle consiste en un tube fermé à Tune de ses extrémités, par un disque percé d'une infiuité de petits trous, qui lui donne une certaine ressemblance avec l'instrument de jardinage dont elle porte le nom.
Dans les individus bien conservés, les petits trous sont garnis chacun d'un tuyau capillaire : de là la dénomination de pinceau de mer, appliquée à cette curieuse coquille. On y a trouvé encore une autre ressemblance , qui l'a fait appeler par Lister pfiallus tesiaceus marinus, tuyau de Vénus par Rumphius, solen phalloïdes par Klein, serpula pénis par Linné, et brandon d'amour par les marchands. Ces arrosoirs sont des coquilles très-rares et très-chères.
On n'est pas bien d'accord sur la place qu'ils doivent occuper dans la classification zoologique. L'animal étant très -peu connu, il est difficile de déterminer les caractères d'après lesquels on pourrait le classer. Les premiers conchyliologistes , Laugius, Gualtieri. Lesser, etc., classaient l'espèce alors connue dans les tuyaux de mer, tubuli marini ; Linné la rangea dans les serpules ; Bruguières, le premier, (il de cette coquille, dont il distingua
(l) Lclroone, Inscr. d'Èg., I. I, p. 40 et m. I») Ibtd., pl. W.