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pienne. Leurs voisins, les Dalii, tribu trèsnombreuse et insoumise, habitaient au nord de la frontière persane et à l'est de la mer Caspienne, dans la région qui conserve le nom de Dahistan : des ramifications de la même tribu s'étendaient irrégulièrement jusqu'à l'Oxus d'un côté et aux Palus-Méotides de l'autre. Ainsi, à l'époque dont nous parlons, les populations scythiques étaient disposées sur une vaste échelle, au-dessus de la Perse, à peu près dans l'ordre de bataille que les Romains appelaient cuneus. A part les corps détachés du Kborassan,etc, les Parthes,déjà parvenus jusqu'en Perse, représentaient la pointe du coin ; les Dahi les suivaient de près, et derrière eux se trouvaient autant de hordes qu'il en fallait pour renverser l'empire le plus puissant.
Cette masse énorme, mise en mouvement peu à peu par la révolution des Arsacides, se norta en avant. Les peuples qui la composaient, ralliés, comme nous avons dit, par une origine commune, et établis ensuite tous en conquérants sur la plus grande partie de la Perse , furent appelés indistinctement les Partîtes, d'après le nom de la province qui était la patrie des uns, le quartier général des autres , et le berceau de la dynastie.
Toutefois , les commencements de l'entreprise des Arsacides ne furent pas heureux ; car il fallait du temps pour attirer les Scythes dans la lutte, et les Grecs, en attendant, avaient pour eux l'art delà guerre, l'organisation militaire et les ressources d'un grand empire.
Dès qu'un corps d'armée macédonien put se porter sur la province révoltée, il l'occupa, malgré les efforts désespérés d'Arsace, qui fut tué sur le champ de bataille ( 248 ? ), deux ans après son premier soulèvement. Tiridale se sauva alors chez les Dahi, tAcha de se faire dps partisans parmi ces nomades, et ne cessa d'infester avec eux la frontière persane, guettant une meilleure occasion qui ne tarda pas à se présenter. Séleucus Callinicus, monté sur le trône à la mort d'Antiochus Théos (247), se trouvait engagé sérieusement dans une guerre contre son frère Antiochus Hiérax et venait d'être battu , en 243, par les Gaulois établis récemment dans l'Asie Mineure. Aussitôt Tiridate fit irruption dans la Parlhyène, suivi par une troupe de brigands, disent les auteurs anciens, reproduisant fidèlement la première impression que durent faire des hordes nomades pauvresetindisciplinées,aux yeux des officiers de l'armée macédonienne. Mais les brigands remportèrent la victoire sur le corps, peu considérable, de troupes qui pouvait se trouver sur les lieux; le gouverneur grec Andragoras fut tué, et Tiridate s'empara de la Parthyène, puis bientôt de l'Hyrcanie, province limitrophe. Attaqué ensuite par Callinicus, qui avait rétabli ses afiaircs dans l'Asie
lOKS 248 occidentale, Tiridate le repoussa unexrennère fois (238), et il paraît que deux ans apt s dans une nouvelle campagne, il le battit consternent et le fit prisonnier. Vers la roêmeép,^ Tiridate fortifia le pays, fonda la vilkdè Dara , leva une armée régulière, et organisa^ qu'on pouvait appeler désormais un royaume Les Séleucides , pendant vingt ans , ne furent pas en mesure de renouveler la guerre contre Tiridate ni contre son successeur Artaban I er , qui prit, ainsi que Tiridate et tous leurs successeurs, jusqu'à (afin de la dynastie, le nom d'Arsace , devenu ainsi un véritable nom de famille : aussi les rois de celte dynastie furent-ils appelés indistinctement par leur nom propre ou par celui tfArsace.
Maintenant c'était le tour des Arsacides à porter la guerre au cœur de la Perse. Obéissant à la force d'expansion des tribus guerrières sur lesquelles s'appuyait sa domination, Artaban envahit la Médie, en 216, au moment où la perte d'Antiochus le Grand paraissait imminente sous le coup d'une révolte dans l'Asie Mineure et d'une guerre nouvelle contre l'Égypte. Cette expédition faillit conter à Artaban sa couronne; car Antiochus, ayant triomphé de ses ennemis à l'ouest , marcha contre la Médie avec des troupes bien supérieures, par la discipline, aux 120,000 Scythes qui suivaient Artaban. En effet, il les força à évacuer la Médie , les poursuivit dans la Parlhyène et dans l'Hyrcanie, et occupa les villes principales de ces contrées. Cependant la résistance opiniâtre qu'il rencontra dans les montagnes , les secours que ses ennemis tiraient de la Scythie indépendante , surtout l'envie qu'il avait de soumettre les Grecs rebelles de la Bactriane , le déterminèrent à accorder la paix à Artaban (210). Il paraît que les Parthes fournirent un contingent de troupes pour cette nouvelle expédition d'Antiochus, qui, après quelques succès, la termina aussi par un traité , passa Pindus, et renouvela en pure perte la gloire militaire de ses ancêtres. Dans ces entrefaites, le royaume des Arsacides, reconnu par Antiochus, se consolidait dans la paix. Plus tard, vers l'année' 178, Phraatel", roi de la Part h ie, comme on appelle les États des Arsacides augmentés de quelques territoires voisins, soumit les Mardes , peuple scythique établi au midi de la mer Caspienne, et laissa le royaume à son frère Mithrtdate /«-, qui devait en reculer les limites jusqu'à l'Euphrate, l'indus, le golfe Persique, le Caucase et l'Oxus.
Déjà les guerres de succession fomentées par les Romains , la révolte des gouverneurs des provinces et les désordres de la coor hâtaient la décadence de l'empire sélencide.
Mitbridale, homme d'un génie politique et militaire supérieur à celui de son homonyme le roi de Pont, qo'ont illustré ses longues
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guerres contre la république romaine, Mithridate, roi des Parthes, disons-nous, s'aperçut aisément de la condition des Séleucides, et s'apprêta à en profiler. Il n'est pas douteux que ce prince n'eût engagé à son service de nombreuses tribus de Scythes indépendants; car l'importance et la rapidité de ses conquêtes nous indiquent des forces très-supérieures à celles que pouvait fournir la Parthie à cette époque. Après s'être emparé, vers l'année 162, de la Médie, province administrée par les Grecs et probablement très-disposée à changer de maîtres, Mithridate eut à accomplir une œuvre bien plus difficile : vaincre la résistance opiniâtre de tous ces petits États auxquels nous avons fait allusion dans le commencement de notre article, États dépendant des Séleucides, mais non pas incorporés dans leur royaume. Telle était l'Atropatene (Aderbaîdjan moderne )t entre la Médie et l'Arménie ; tels aussi l'Élymaïde, située vers les embouchures du Tigre, laSusiane,la Perse propre, la Caramanie et d'autres pays que le conquérant parthe subjugua dans l'espace de dix ou douze ans. Dans une de ses expéditions, il poussa jusqu'à Babylooe , s'empara de la Mésopotamie et fit la conquête de l'Arménie, qu'il donna à son frère Valarsace, en y établissant aiusi une autre branche de la dynastie arsacide (150). Tournant ensuite ses armes de l'occident à l'orient, il arracha plusieurs provinces au royaume grec de la Bactriane, franchit l'Indus, et soumit les régions situées entre ce fleuve et l'Hydaspe.
Pendant ces expéditions lointaines de Mithridate , la race grecque fît un effort suprême pour reprendre la Mésopotamie et la Perse.
Démétrius Nicator, roi séleucide, levait des forces considérables; les populations grecques répandues à.l'orientde l'Euphrate réagissaient contre la domination des barbares, et les indigènes, fatigués d'un gouvernement oppressif, leur prêtaient appui. Favorisé par ces dispositions des peuples, Démétrius remporta quelques avantages, franchit le Tigre et s'avançait au cœur de la Perse, lorsqu'il tomba au pouvoir des Parthes, à la suite d'uue bataille ou, comme il est plus probable, d'une, trahison (141). Mithridate, qui n'avait pas bougé des Iroutières de la Bactriane, s'apercevaut que les Grecs de ce royaume étaient tout prêts à prendre parti pour leurs compatriotes de Syrie, prît facilement sa revanche sur la Bactriane, et en même temps il envoya Antiochus prisonnier dans l'Hyrcanie, le traita avec de grands égards, et lui donna en mariage sa propre f |He Rodogune. Tout conquérant qu'il était , • ancienne gloire des Macédoniens l'éblouissait encore. Sous le règne de son fils Phraate ll t Antiochus Sidétès renouvela la lutte en 131 , a la tête de cent mille hommes et avec un
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courage et des talents militaires qui auraient pu faire présager un meilleur sort. Après avoir repris la Babylonie et la Médie, après avoir vu se soulever en sa faveur les différentes populations de la Perse , il se disposait à attaquer les Arsacides jusque dans leurs anciens foyers de la Parthie. La saison le força à s'arrêter. Prenant ses quartiers d'hiver dans la Médie, il renvoya, à ce qu'il paratt, une partie de ses troupes jusqu'à la prochaine campagne ; il cantonna le reste sur une trop grande étendue, et il ne s'aperçut pas que les peuples de la Médie, exaspérés par l'insolence des soldats de Syrie, qui certainement ne le cédait pas à celle des Parthes , se persuadaient déjà qu'il valait mieux retourner sous le joug des barbares, et conspiraient avec eux pour l'extermination de l'armée grecque. Tout à coup, dans l'hiver de 130 à 129 avant J..-C, un soulèvement généra], combiné avec les Parthes, avertit Antiochus du danger quand il n'était plus temps d'y porter remède. Marchaut hardiment au secours de ses détachements avec les troupes qu'il avait auprès de lui , Antiochus se trouva cerné de tous cotés par les Partîtes ; son armée fut en partie passée au fil de l'épée , en partie forcée de mettre bas les armes, et pour éviter la honte de la captivité , il n'eut d'autre parti à prendre que de se donner la mort. Ce désastre mit un terme aux tentatives des rois de Syrie contre les Arsacides. La domination de ces derniers sur toute l'étendue de la Perse , assurée désormais par la force des armes, se consolida, à partir de celle époque, par la force des institutions. Les monarques arsacides, comme les Kéianides, prirent le titre présomptueux de grands rois ou rois des rois, qu'on voit sur leurs médailles ( BaaiXétoc fiaaiXéwv 'Apaaxov , ^aaiXéco; j«y<xXou 'Apaôxou).
Mithridate 1 er , le conquérant véritable de la Perse, en fut aussi le législateur. Mous ne dirons pas à la vérité avec Diodore de Sicile que ce grand roi choisit les meilleures d'entre les lois des peuples vaincus pour les donner aux Parthes. Les Parthes ne pouvaient pas adopter les lois des peuples vaincus, et Mithridate ne pouvaitque partager la Perse aux différents peuples qui l'avaient suivi à la guerre. Il subit donc le système féodal , conséquence nécessaire de la conquête d'un pays civilisé par des peuples manquant d'unité politique ; il conserva aussi nécessairement les institutions religieuses et administratives des vaincus, et une partie aussi de leurs institutions politiques ; en un mot, il régularisa autant que possible la superposition de deux sociétés tellement différentes l'une de l'autre, qu'elles ne purent jamais se fondre ensemble. Ceci doit s'entendre dans un sens très-général ; car il existait dans l'ancienne Perse , comme nous l'avons dit, des populations analogues aux Scythes, ou autres, qui,
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ayant pris part dans ia guerre, ne pouvaient pas subir les lois de la conquête. D'autres groupes de population , comme par exemple , les villes grecques adonnées au commerce et à l'industrie , pouvaient bien être taillables et corvéables au bon plaisir des vainqueurs, mais elles échappaient au système féodal proprement dit. En effet un seigneur partlie se serait trouvé fort embarrassé de posséder une de ces villes, il s'y serait môme senti mal à son aise. Quant aux rois arsacides , un peu moins agrestes que leurs grands vassaux , ils avaient demeuré assez lougtemps en Perse pour connaître l'importance de ces foyers de civilisation ; mais ils n'étaient pas encore assez raflinés pour éprouver l'envie de se mêler du gouvernement de ces subtils Grecs. Aussi les laissé rent-ils assez libres. Le degré de rapprochement de la cour arsacide vers la société grecque tombée sous sa domination peut se mesurer d'après le fait que cette cour, venant ordinairement passer les hivers près de Séleucie pour jouir des avantages du climat et des commodités ou des plaisirs qu'offre une grande capitale, avait de la répugnance à habiter la ville; elle aimait mieux camper dans les environs, où ses tentes devinrent ensuite des maisons et des palais, et formèrent la ville de Ctésiphon. Séleucie donc et d'autres colonies grecques eurent des franchises municipales, presque une forme républicaine comme celle des cités italiennes au douzième siècle , plutôt par la force des choses que par la clémence des vainqueurs. D'un autre côté, la Perse propre, le Fars des écrivains arabes, conserva, à ce qu'il parait, des institutions spéciales, peut-être des chefs indigènes, et sans doute l'esprit de l'ancienne nationalité perse, que la religion de /oroastre rendit encore plus tenace. Celte religion, éloignée de celles des Scythes et des Grecs de toute la distance qu'il y a entre la pensée et les sensations, entre le zèle intolérant du monothéisme et la facilité du polythéisme, constitua une des divisions les plus profondes entre les populations indigènes de la Perse et leurs conquérants , qui, à leur tour, moins heureux que les envahisseurs de l'empire romain, n'adoptèrent jamais le culte des mages et ne ménagèrent pas cette puissante hiérarchie. Voilà à peu près les rapports entre les vaincus et les vainqueurs. Quant à l'organisation de ces derniers, à la constitution politique de l'empire parthe, on ne peut y méconnaître une monarchie aristocratique à peu près semblable à celle des Étals germaniques de l'Europe , avec cette différence que la constitution arsacide penchait davantage vers le principe aristocratique. On y remarque en effet un monarque que les nobles choisissaient dans la famille royale et pouvaient déposer de droit ou de fait, une famille royale
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très-nombreuse, dont les membres se mêlaient naturellement aux factions de l'aristocratie, des assemblées tumultueuses de nobles ignorante, inaccessibles à la civilisation et chefs nés des milices ainsi que des provinces où ces milices étaient cantonnées. Ces provinces constituaient réellement des petits royaumes ou grands fiefs, les morceaux d'un État coupé au hasard, non pas les parties d'une organisation administrative. Elles étaient au nombre de dix-huit, dont onze, au dire de Pline, portaieut le uom de supérieures et sept d'inférieures, sans y compta de petits royaumes tributaires comme la Carmanie, la Susiane, PÉlymaïde, l'Osrlioëoe, l'Antémusiade , l'Adiabène, la Characène , l'Atropatène, puis Séleucie etBabylone, qui jouissait elle aussi d'une certaine iudépendanct, puis enfin quelques établissements juifs. Ainsi donc l'empire arsacide se composait des races, des religions, des sociétés les plus diverses; il ne fut qu'un vaste assemblage d'individualités politiques hétérogènes, que le système féodal se prêtait à réunir tant bien que mal. En dehors de ce système , il y eut aussi trois grands États qu'on pourrait regarder comme confédérés, et qui obéissaieut à des branches de la dynastie arsacide. Au nordouest l'Arménie, à l'est la Baclrianc et au nord le royaume des Massagèles ou Alains,qui s'étendait dans les plaines dont se compose aujourd'hui le territoire de ia Russie méridionale. Ces États, fondés par la politique des rois parlhes de la Perse, qui comprenaient l'impossibilité de les gouverner directement, et rendus nécessaires aussi par la diversité des races scythiques qui en avaient fait la conquête, survécurent tous à l'empire où était établie la souche de la dynastie. Après l'anéantissement de celle-ci, les Arsacides de la Bactriane, réduits aux dernières extrémités par les nouveaux maîtres de la Perse , se soumirent aux HunsHephthalites, au commencement du cinquième siècle après J.-C; les Arsacides delà Scythie indépendante furent balayés par Attila, ceux de l'Arménie cédèrent la place à une branche des Sassanides. Enfin, si l'on peut se fier aux écrivains qui veulent rattacher une famille royale à une autre après une longue période d'obscurité, il paraîtrait que l'aventurier Basile le Macédonien, empereur de Constantinople au neuvième siècle, était issu du sang des Arsacides, et que la dynastie musulmane des Sassanides , établie en Perse au dixième siècle, tirait son origine d'une autre branche de la même famille, échappée aux persécutions des Sassanides.
Reprenant l'histoire des Partîtes après la conquête définitive de la Perse , nous remarquons en premier lieu qu'ils durent arrêter ce mouvement des populations de l'Asie centrale attirées par enx du nord au midi. Cette reac-