‹ Encyclopédie moderneChapitre 124 sur 308 · ASTRÉE · texte numérisé non relu

ASTRÉE

nombreux, non-seulament à Carthage, mais encore sur les côtes d'Afrique, à Malte, en Espagne près de Gadès. Ce cuite, comme l'observe Creuzer (1), se maintint dans Cartilage devenue romaine, et fut même cause que Caïus Gracchus(2) appela Junonium la colonie qu'il y avait conduite. Le temple de celte déesse, identifiée avec la Junon latine, fut rebâti avec une grande magnificence, et ses fêtes continuaient encore de se célébrer au temps de saint Augustin et de Salvien.

On ne sait pas sous quelle forme les Sidoniens et les Carthaginois représentaient leur déesse. Il paraît vraisemblable que son idole était originairement une pierre conique, comme celle que l'on voit figurée sur diverses médailles phéniciennes, pierre identique à celle qui représentait le dieu Élagabal, que l'empereur de ce nom voulut précisément unir solennellement à la déesse. Aschera était représentée parunarbreou une colonne (3), image, scion M. Movers, du phallus dressé.

Dans le pays de Canaan, un passage du livre de Tobie (I, 5) nous donne à penser que Aschera était adorée sous l'emblème d'une vache, ainsi que Baal ou Moloch sous celle d'un veau ou d'un taureau. A l'époque du syncrétisme, on transporta aussi à cette divinité les traits de Junoo et de Cybèle. Ce que Lucien , dans son traité De la Déesse de Syrie, nous dit de l'image de cette déesse adorée à Hiérapolis, et dont le nom était Tirata ou Atergatis, rappelle beaucoup les représentations de l'épouse de Saturne. Comme divinité mère et nourricière, symbole de la terre, Aschera identifiée avec Astaroth offre en effet une grande analogie avec la Cybèle ou la Rhéa grecque, VOps latine. Voy. Baal.

Alfreo Maurt.

astrÉe. (Mythologie.) Fille du Titan Astrœus et d'Héméra (le Jour ou l'Aurore), ou, suivant d'autres , de Jupiter et deThémis, Astrée est la vierge immortelle, déesse de la justice. Quand l'âge de fer parut, elle quitta la terre , souillée de sang, et remonta vers le ciel (4). C'est la Vierge du zodiaque. Celte place lui a été disputée par Thémis, Cérès, lsis, Atergatis, Tyché et Erigone, ou enfin par une fille d'Apollon et de Chryso* thémis, morte en bas âge et placée par sou père au nombre des astres. Quoi qu'il en soit, les attributs donnés à la Vierge par les cartes

(i) Religions de l'antiquité, refond, par M. Gulgniaul, t. Il, part, i, p. as*.

(i: Plutareli., Fit. C. Gracch., cil. Cf. Macrob., I. II.

(s) f-'og. Movers, UMersuehungen ûtter die Miçion «. die Gottheiten der Phôntzier, tt Crcuzcr, ©wd. cit., avec les éclaircissements de M. GuiffOiaot et ceus de fauteur de cet article, tom. II, Part. 11. sect. 9, pour de plus amples detaib sur cette déesse v

(*) Ara t., Pham., % ssq. — Or., Met., I, |«», - Hyg., P. n. w. - Eraloatli., Catsat, IX.

293 ÀSTRÉK —

stellaires fournissent an puissant argument a l'opinion qui veut reconnaître en elle la déesse de la pare et bienfaisante justice. En effet, la vierge céleste est représentée ailée, tenant d'une main une balance ou une branche de palmier, et de l'autre des épis, et ces attributs conviennent tous à la déesse Astrée , à celle qu'Ovide (1) nous représente comme quittant Is dernière et à regret le séjour des hommes devenus criminels.

astykombs. (Antiquité. ) La police des rues, la sûreté de la ville étaient confiées, dans Athènes et au Pirée, à des magistrats qu'on nommait astynomes. ils étaient au nombre de quinze pour la ville et de cinq autres pour le Pirée. Leur mission n'avait aucune des attributions de ce que nous appelons la police secrète, la haute police, institution peu compatible avec la démocratie; ils étaient chargés de veiller au bon ordre sur la voie publique, de maintenir la propreté, de surveiller l'exécution des règlements de voirie. Ils avaient sous leur direction des employés d'ordre inférieur, notamment ceux qui enlevaient les immondices xoirpoXoyoi, et cette troupe de Scythes qui campaient sur le marché ( Vog, Agora), plus tard à l'aréopage, et qui étaient comme les gardes du corps du peuple-roi d'Athènes. Ainsi que les édiles à Rome, ils confiaient les constructions des édifices publia, des temples, et leur réparation à des entrepreneurs èpYoXâ6oi » e » latin redemp tores. Us inspectaient les travaux, surveillaient kar bonne direction, et s'assuraient de l'emploi des fonds. Au besoin , ils ajoutaient de leurs propres deniers aux fonds votés, et par là ils voyaient quelquefois leurs noms honorablement mentionnés dans les décrets publics.

Le préfet de police d'Athènes s'appelle aujourd'hui l'astynome, ô àoxuvou,o«.

roW Harpocratton, au mot àaruvéao;. et la salante note de Haussée, édtt. de Uyde, itu.

DfjiÈQUB.

ATALANTB. ( Mythologie. ) Deux héroïnes de ce nom, dont n'ont parlé, du reste, ni Homère ni Hésiode, jouent un rôle qui n'est pas sans Importance dans la mythologie des Grecs : l'une était née en Arcadie, l'autre était Béotienne. Cependant, malgré la diversité de patrie et de généalogie, on a ^vainement cherché à établir entre elles une distinction claire et précise. Les deux traditions sont tellement identiques pour le fond et la plupart des détails , qu'on est forcé d'admettre l'identité des deux personnages. Il nous faut donc conclure que cette fable, née d'abord eo Arcadie , où elle se trouve liée par une étroite connexité au mythe de l'Arlémis arca-

U) Lac. cit.

Page 1