ATALANTE
dienne, a été empruntée plut tard par la tradition béotienne, qui, toutefois, en s'en emparant, l'a rattachée à une autre généalogie héroïque. Atalaote l'Arcadienne , née A Schœnée ou Scyros, était lille de Jasus ou de Maualus, et deClymène, fille de Minya6 (I) Son père, que quelques mythographes appellent Jasion (2) et Jasius (3) , ayant souhaité un fils , vit naître sa tille avec regret, et la fit exposer sur la montagne Parthénienne, près d'une source , à l'entrée d'uue grotte qu'ombrageaient de grands arbres. Toutes ces circonstances rappellent le mythe de l'Artésais d'Arcadie, où le système d'eaux courantes qui arrosait ce pays jouait un rôle si important, rapprochement auquel on peut joindre celui qui résulte de ces paroles de Pausanias (4) ; « Au milieu des ruines de Cyphantes, on voit une fontaine d'eau très-froide, qui sort du rocher. Les habitants du pays diseut qu'Atalaute, chassant dans ce canton et souffrant de la soif, la fit jaillir en frappant le rocher de son javelot. » Quoi qu'il en soit, la jeune fille, nourrie par une ourse (encore un symbole de l'Altérais arcadieone), recueillie et élevée par des chasseurs , était devenue intrépide à poursuivre les animaux sauvages, fclle vivait dans les forêts, toujours armée , et vouée par sa propre volonté à une virginité éternelle. Les centaures Pholus et H y las us ayant voulu lui faire violence , elle les perça de ses flèches. Plus tard, elle prit part k la chasse de Calydou, blessa la première le redoutable sanglier, et en récompense reçut de Méléagre la tète du monstre (ô). Aux jeux qui lurent célébrés pour les funérailles de Pélias , elle vainquit Pelée à la lutte. Enfin, elle fit partie de l'expédition des Argonautes. Peu de temps après son retour, elle retrouva ses parents; et comme son père voulait qu'elle choisit un époux malgré la défense de l'oracle de Delphes, elle promit de donner sa main à celui qui la devancerait à la course ; elle semblait accorder de grands avantages à ceux qui entraient en lutte avec elle : elle leur laissait une longue avance et courait tout armée; mais aussi ceux qui se laissaient atteindre devaient payer de leur vie leur folle témérité. Plusieurs prétendants avaient déjà péri , quand Milaniou se présenta à son tour, et sortit vainqueur de l'épreuve , grâce au don que lui avait fait Vénus de trois pommes d'or (6), qu'il jetait
(l) V oy. surtout le Scholiaste de TbAorrltc, là. III, 40 — Spanti., Callim , p.S76ei a. — Burmaon., adOvid. Met., VIII, 878 ; X, SCS.
(«) Élien, Far. Hitt., XIII, 1.
<r, Callim., Hymn. in Dian. t tlÊ. - Hjg.. F„ 9».
(4) Bd. Clavier, t II, p. 199.
(S| Paus., t. IV, p. SS1.
(5) Ces pomme*, selon Servtus (Vlrg., Ain., III, 118) , venaient du Jardin des Hespérldes. Selon Ovide ( Met., X, SU ), elles avaient été cueillies sur l'arbre d'or qui croissait dans le bols sacré de Vénus, A
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devant la jeuee fille quand il se voyait près d'être atteint : trois fois Atalante s'arrêta ou se détourna pour ramasser les précieux fruits, et vaincue elle épousa l'heureux Milanion.
Les deux époux, étant un jour à la chasse, profanèrent l'enceinte conaacrée à Jupiter en s'y livrant aux plaisirs de l'amour, et le dieu , irrité, les métamorphosa en lions. Atalante était alors mère de Partbénopée, qui se trouva à la guerre de Thèbes , et qui était ûls de Milanion, ou de Méléagre (1), ou, selon d'autres, du dieu Mars (2). — La tradition qnfse rapporte à PAtalanle Béotienne ne varie guère que par les noms de lieux et de p«rsonnea. Elfe est fille de Schœnée, fille d'Athamas,etson vainqueur, devenu son époux, se nomme Hippomènc. Cette course a lieu à Oncheste. Le sanctuaire violé est cette fois un temple de Cybèle. C'est cette déesse qui change en lions les violateurs, et elle les attelle à son char. — Ovide (3) et Hygin (4) donnent tous deux un autre motif à cette métamorphose : ils l'attribuent à Vénus, irritée de l'ingratitude d'Hippomène, qui avait oublié de remercier la déesse du don des pommes d'or auxquelles il devait la victoire. — Il y avait auprès de Schœnunle , en Béotie , un endroit qu'on appelait La Carrière d' Atalante, et que la tradition désignait ainsi comme l'emplacement de la lutte dans laquelle la jeune 611e avait été vaincue (5). — Atalante était représentée sur le coffre de Cypsèlus, tenant un paon dans ses bras (6); Milanion était à coté d'elle. On la voyait aussi sur le tympan antérieur du temple de Minerve Aléa , à Tégée, où se trouvait représentée la chasse de Calydon (7). En général on peut dire que la chasseresse Atalante a été l'une des ligures traitées avec prédilection par l'art antique. Il n'est pas rare de la rencontrer luttant contre Pélée dans les jeux funèbres des Argonautes; mais bien plus souvent encore elle est associée à Méléagre , soit sur des vases italo-grecs (8) , soit sur des miroirs étrusques (9). Dans une mosaïque trouvée à Lyon, on voit Atalante portant, comme Diane, une courte tunique soutenue par une ceinture, et chaussée du cothurne, qui reçoit de Méléagre la dépouille du