‹ Encyclopédie moderneChapitre 127 sur 308 · ATÉ — ATHAMAS · texte numérisé non relu

ATÉ — ATHAMAS

les enfants de Néphélé , et voici la trame qu'elle ourdit contre eux : elle persuada aux femmes du pays de torréfier les grains destinés aux semailles , de façon que rien ne germa dans les champs ; puis elle gagna les envoyés qn'Athamas avait dépéchés à Delphes pour demander à l'oracle le remède à cette stérilité , si bien qu'à leur retour ils assurèrent que le Dieu avait ordonné de sacrifier Phrixus. Pressé par le peuple d'obéir à cet ordre , Alhamas allait s'y décider , lorsque Néphélé fit enlever Phrixus et Hellé par le bélier à la toison d'or, qui transporta le premier en Colchide.

Hellé s'étant noyée en route , dans la mer qui prit à l'occasion de cette catastrophe le nom d'Hellespont. D'après un autre récit , Athamas refusait d'obtempérer aux ordres prétendus de l'oracle, et Phrixus s'offrait de lui-même au sacrifice, lorsqu'un des envoyés fit l'aveu de la supercherie. Athamas alors livra à Phrixus Ino et Mélieerte, pour le? mettre à mort. Mais Bacchus , qui avait été nourri par lno, les sauva (1). Selon cette tradition, Phrixus aurait été enlevé par le bélier sur l'ordre des dieux, contents de voir son dévouement à s'offrir en sacrifice, et considérant celte abnégation comme une expiation suffisante. D'après le scholiastc de Pindare, que nous avons cité plus haut , la perfidie dont Phrixus faillit deveuir victime pourrait être égalemeut attribuée à quatre femmes, qu'il eut successivement pour belles-mères, savoir : selon Hippias, à Gorgopie ; Relon Sophocle, à Néphélé ; selon Phêrécyde, à Thémisto, et, selon Pindare luimême, à Démodicé. Cette dernière, femme de Créthéus, éprise pour Phrixus d'un violent amour, auquel il resta insensible, l'aurait accusé d'avoir attenté à sa pudeur, de telle sorte que Créthéus aurait exigé de son frère la mort du prétendu coupable (?.). La même circonstance qui avait valu a Ino, nourrice de Bacchus» la protection de ce Dieu , attira naturellement sur elle et sur ses enfants la colère de la jalouse Juuon. Athamas fut frappé de démence , et tua son propre fils Léarque, qu'il prit pour un animal sauvage. Ino , dans son désespoir , jeta Mélieerte dans une chaudière d'eau bouillante, et se précipita ensuite dans la mer, du haut de la roche Moluride, entre Mégare et Corinthe (3). D'autres mythographes cités par Pausanias (4), prétendent qu' Athamas n'était pas fou, mais furieux contre Ino, dont il avait découvert la machination. Selon d'autres encore , ce fut Ino qui conçut une si violente jalousie contre une esclave étolienne, nommée Antiphora ou Périphora, que dans un

(0 Hvg , F., «. — Phérccyde, dans IcSchoI.de Pindare, Pyth., IV, m.

(t) Hvg.. Poet. Ast,\\, SO.

(S) Apoli., III . *, 5. - Paus., éd. Clavier, 1. 1, p. Sis. f*) Ibid., p. 31»,

accès de faneuse démence elle tua ton propre fil» (l). Athamas , touillé du meurtre de son enfant, dut quitter les lieux témoins du crime. L'oracle d'Apollon lu annonça qu'il devait s'établir là ou des animaux féroces le traiteraient en hâte et pourvoiraient à sa nourriture. Après avoir longtemps erré , il rencontra des louj)g, qui s'enfuirent à son approche, abandonnant des quartiers de brebis qu'ils étaient occupés à dévorer. Jugeant alors que l'oracle était accompli, Atbainas s'établit en ce lieu. Il y devint l'époux de Thémisto, lille d'Hyptéus, qui lui donna quatre fils , Leucon, Erylhrius, Schœnéeet Ptous(2). Cependant la colère des Dieux suivait Athamas dans l'exil, et sa triste destinée n'était pas accomplie.

Ayant appris qu'lno, qu'il avait crue morte, vivait encore, Athamas la Ht chercher en secret, et la cacha déguisée dans son palais. Thémisto en eut quelque soupçon, et résolut de se venger en tuant de sa main les enfants de sa rivale. Elle fit confidence de ce dessein perfide à une de ses esclaves , lui ordonnant de recouvrir d'une étoffe blanche ses propres enfants, et de placer une étoffe noire sur ceux d'Ino, afin que le moindre rayon de lumière lui fit pendant la nuit reconnaître ses victimes. Or c'était à Ino elle-même qu'elle avait avoué son horrible vengeance. Ino ne la dissuada pas; mais elle mit l'étoffe noire où devait être la blanche , et Thémisto frappa ses propres enfants; puis, quand elle connut la vérité, elle se tua elle-même (3).

Athamas avait demeuré d'abord sur lé mont Laphystion, entre Orchomène et Coronée.

Après la mort de Phrixus, il vint habiter la plaine Athamantide,au nord-est du lacCopaïs, non loin d\£rœphlon, dont il passait pour être le fondateur (4). Il y avait aussi dans l'Achaîe Thessalienne une plaine Athamantide, près de Halos ou Alos, ville qu'on disait également fondée par Athamas. Là se trouvait de pins un temple de Jupiter Laphyslius, auquel se rattache le mythe d'Atliamas et de Phrixus. Une tradition analogue à celle qui concerne l' Athamas d'Orchomène se conservait dans ce temple (5). Cette demeure sur le mont Laphystion avait été donnée à Athamas par Andrcus. Dans les environs s'élevaient Haliarteet Coronée, villes fondées par deux des petits-fils de Sisyphe, frêne d' Athamas, que celui-ci avait adoptés, croyant toute sa postérité éteinte, et qui plus tard rendirent à Preshon, fils de Phrixus, ses droits à l'héritage paternel (6).

(1) Plot., Q. H., 18.

(•) Apollod., 8, 1-3. !

(S) Hyg., F.. 1, *.

(*) Paus., t. V, p. 181, 1W. - Steph. Byi., *. v. 'Axpaisia.

(5) Steph, Bjx-, *. v. «AXoç. - Herod., Vlï,. 179.

(6) Paus., t. V.p. in.

Athi.othètks. ( Antiquités grecques.) Dans la république d'Athènes , où la démagogie était si exigeante pour ses plaisirs, la direction et la surveillance des solennités religieuses» et des jeux étaient confiées on plutôt imposées à des administrateurs non rétribués, appartenant à la classe la plus élevée et la plus riche. Quelques-uns même étaient tenas de contribuer aux frais des fêtes, soit en totalité, soit en partie, comme le choré^e, larcinthéore, etc.

Les alhlothètes étaient des fonctionnaires du même ordre , an nombre de dix , un par tribu ; mais les jeux , les têtes n'étaient point à leur compte, ils n'étaient pas tenus d'en payer les frais. Seulement ils n'étaient point rémunérés pour les soins et le temps qu'ils y consacraient. Ils avaient pour mission de présider aux jeux publics , particulièrement an grandes Panathénées, d'aviser au meilleur emploi des fonds pris sur la caisse de l'État et plus encore sur celle du temple de Délos, de veiller à ce que l'ordre et la magnificence régnassent dans les réjouissances publiques, de prononcer dans les débals qui pourraient s'élever entre les concurrents , et de décerner les prix. Au théâtre, leur juridiction protégeait sévèrement l'art et la religion : Luciea, dans le dialogue des Ressuscité*, ch. 33, nous apprend qu'ils avaient coutume de faire punir du fouet et de livrer aux mastigophores l'acteur qui , s'étaitt chargé de jouer le rôle de Minerve, de Neptune ou de Jupiter, ne représentai! point «s dieux avec la noblesse et la dignité qui leur convenaient. C'est d'après leur décision que le héraut proclamait les noms des vainqueurs. Ce qui prouve combien l'institution des alhlothètes était importante, c'est le mode de leur nomination, c'est la pompe de leur installation. Le peuple les choisissait au sort dans ses assemblées , et ils étaient installés solennellement par les archontes.

L'athlothète n'était pas uniquement un juge, un arbitre des jeux ; quelquefois , mais volontairement, il faisait les frais des récompenses, il proposait des prix ; et c'est dans ce sens que Denys l'Aréopagite ( De Ecclesia hierarch.. ch. 2) appelle notre Sauveur alhlothète comme se proposant lui-même en prix à ceux qui le suivent.

Deiieque.

athor. {Mythologie. ) Âthor, ou suivant l'orthographe Alexandrine Athyr, était use déesse égyptienne , dont les Grecs ont traduit le nom par celui d'Aphrodite, c'est-à-dire Vénus ; mais il faut se souvenir que dans ces sortes d'assimilations ils se sont presque (ou* jours contentés de quelques vagues rapports entre des divinités qui avaient en réalité des caractères très-différente, La Vénus égyp-

ATHAMAS — ATHOR

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