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SOI

ATHOR

tienne, d'après les traditions hiératiques, est loin de ressembler au gracieux tableau qu'Ho* mère trace de la déesse de la beauté, amante de Mars et mère de l'Amour; elle a plutôt des rapport* avec la Vénus orientale, YAtergatis ou VAstaroth que les Grecs nomment Astarté (voy.) t et qu'ils distinguent par le surnom de Vénus oéleste (Aphrodite Uranie). Comme cette dernière, Athor parait avoir désigné primitivement un corps céleste, soit une planète, soit la lune. Ses attributs et son culte ont de grands rapports avec ceux d'Isl», dont elle n'est qu'une forme secondaire ou, comme dit Plutarque, un surnom (l).

Iablonski, dans son Panthéon Égyptien, quoique uniquement guidé par les écrivains grecs et par l'étude de la langue copte, a plus d'une fois pénétré le véritable sens des noms divins. Mais il n'a pas été aussi heureux pour l'étyroologie d f Athor, qu'il rapporte au mot copte Edjorh, la nuit, ce qui l'a induit à voir dans Athor une sorte de chaos primordial ou A'Érèbe t la Vénus ténébreuse (Aphrodite Scotia), qui, selon Hésychius, avait un temple en Égypte (2).

Plutarque, dans le traité Vlsis et d'Osiris, que nous avons si souvent occasion de citer, dit qu'Athor est, ainsi queThermouthis, un des surnoms d' Isis, et qu'il signifie demeure mondaine d'fforus. En effet, on a reconnu que dans les hiéroglyphes ce nom est exprimé par un épervier, symbole bien connu d'Horus ou //or, enfermé dans le plan d'une demeure qui doit se prononcer at ou Hat. On a donc At-hor, demeure d'Horus. C'est ainsi que ce nom est tracé à côté des diverses images de celte déesse, notamment dans le grand temple de Denderah (Tentyra ), lequel, selon le témoignage de Slrabon, était consacré à Aphrodite.

Athor est habituellement représentée sous la forme d'une femme ayant une tête de vache, entre les cornes de laquelle est un disque surmonté de deux plumes. Quelquefois, surtout vers l'époque grecque, elle a une tête de femme coiffée du vautour, symbole des déesses mères, surmonté d'une espèce de chapiteau que l'on a pris souvent pour un modius, avec les cornes, le disque et les deux plumes, altributs qui appartiennent également à Isis.

D'autres fois elle est représentée sous la forme entière d'une vache, animal consacré a Isis comme le taureau à Osiris. Le respect pour les vaches était universel en Égypte. On n'en immolait aucune, et celles qui venaient à mourir étaient jetées dans le Nil. Mais de plus on leur rendait des honneurs divins dans certaines villes. Strahon (3) dit que les habitants

(t) Dehid., ch. se.

(s) Hetych., Uft., v. Zxeriot,

W L. XVU.

de Momemphis adorent Aphrodite, et qu'on nourrit dans cette ville une vache sacrée comme Apis à Memphis et Mnévis à Héliopolis. Il rapporte aussi que dans ta ville d'Aphroditopolis , chef-lieu d'un nome de même nom, on adore une vache blanche (I). Hérodote parle d'un temple d'Aphrodite dans une ville de la basse Egypte, qu'il nomme Atar* bechts, et que Strabon désigne sous le nom d'Apliroditopolis, qui n'est que la traduction du mot égyptien. Atar n'est qu'une variante d'Alhor et bechis ou bakis signifie ville (2).

Les Grecs ont donné ce nom d'Aphroditopolis à plusieurs villes de la haute et de la basse Égypte, ce qui montre combien son culte était répandu. Elle faisait partie de plusieurs triades divines, dans lesquelles elle réprésente le principe féminin. Champollion, dans son voyage d'Egypte, a reconnu des temples de celte déesse dans divers lieux : à Philes,à Denderah, à Edfou, l'ancienne Apol- ' ionopolis Magna (S). La triade de cette ville était composée, suivant ce savant : « 1° de Har-hat, la science et la lumière céleste per» sonnifiées, et dont le soleil est l'image dans le monde matériel ; 2° de la déesse Athor, la Vénus égyptienne; 3° de leur fils Harsontho (l'IloriiH soutien du monde), qui répond à l'Amour des mythologies grecque et romaine. » A Ombos, Athor était le parèdre de Sevek-Rha (Le Temps-Soleil), et leur fils est nommé Khons-Hor. A Memphis, ainsi que Champollion l'a constaté par une fouille sur l'emplacement du grand temple (4), Athor était associée à Phtha, dieu principal de cette métropole , et c'est probablement l'origine de la tradition adoptée par les Grecs, qui fait de Yénus l'épouse de Vulcain (Héphaestos).

Hérodote ne mentioone à v Memphis qu'un temple d'une Vénus qu'il nomme étrangère, et qu'il supposait érigé en l'honneur d'Hélène. C'est la même sans doute que Strabon appelle Vénus grecque.

A l'époque des Lagides, Athor est fréquemment représentée comme déesse mère ou nourrice, tenant dans ses bras le jeune Horus, qu'elle allaite, et auquel, par une flatterie sacerdotale, le prince régnant est souvent assi- • milé.

Dans les manuscrits funéraires, de même que le défunt, quand c'est un homme, est identifié avec Osiris, si c'est une femme elle reçoit le titre d'Athor. Cette attribution funèbre justifie en partie l'idée d'iablonski, le« quel considérait Athor comme une sorte d'Hécate. Celte forme d'apothéose des femmes en Athor rappelle que le Pharaon Mycérinus

(i) Hérod., il, 41.

(a) Pcyron., Lez.Copt., p. S0.

(S) Lettres d'Eg. t p. ltS.

tuuttretd'ég., p. 06.

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fit ensevelir sa tille dans une Tache de bois doré qu'Hérodote vit encore à Sais (1). Entre ses cornes était le disque du soleil. Elle était représentée couchée et le corps était couvert d'une housse de pourpre. Tous les ans on la tirait de son palais sépulcral pour la promener par la ville le jour où l'on célébrait le deuil du dieu que le pieux historien ne veut pas nommer, c'est-à-dire d'Osiris.

Le troisième mois de l'année égyptienne avait pris le nom d'Atlior ou Athyr. C'était , ainsi que nous l'apprend Plutarque (2), le 17 de ce mois (jour qui , d'après le calendrier alexandrin, correspond au 13 novembre julien) qu'on célébrait la mort d'Osiris, durant quatre jours, pendant lesquels on déplorait, dit-il, la disparition d'Osiris, c'est-à-dire l'abaissement du fleuve, le changement des vents, la diminution des Jours et la chute des feuilles, image du deuil de la nature.

W. Brcnbt de Pbesle.

atlantique. ( Géographie. ) L'Océan Atlantique est divisé en septentrional , équinoxial et méridional ; il occupe l'espace compris entre l'ancien continent et le nouveau , baignant le rivage occidental du premier, et le rivage oriental du second. Suivant quelques géographes, il s'arrêterait au 60* degré de latitude ; d'autres l'étendent un peu au delà du coté du pôle nord , en le faisant empiéter sur les régions de l'Océan glacial.

La dénomination d'Atlantique vient $ Atlantide, nom d'une Ile que les anciens croyaient avoir existé à l'ouest des côtes de l'Europe , et qui , suivant eux , aurait été engloutie sous les eaux par l'effet de quelque grande catastrophe cosmique. C'est une opinion commune aux Égyptiens et aux Grecs, que cette lie a vraimeut existé , et Platon , dans deux de ses dialogues, nous a conservé tout ce qu'en rapportaient les traditions populaires de son temps. L'Ile Atlantide, dit-il, située vis-à-vis du détroit de Gades ou Gibraltar, adù son nom à Allas, fils de Neptune; elle faisait elle-même partie d'une sorte d'archipel qui conduisait à un continent plus grand que l'Europe et l'Asie ensemble. Neptune régna d'abord dans l'Atlautide, qu'il distribua ensuite à ses dix enfants, dont le plus jeune eut en partage celte partie de l'Ile, située près des côtes européennes, qui portait le nom de Gades , ce qui dans l'ancien langage signifiait abondant en troupeaux. Le règne des (ils de Neptune aurait duré neuf mille ans, pendant lesquels ces demi-dieux élevèrent leurs peuples à un haut degré de prospérité ; ils auraient même, suivant l'antique tradition, conquis la Libye, l'Asie et l'Europe , jusqu'à l'Asie Mineure. Mais, au milieu de sa gloire et

(i) Hérod., U, 131.

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de sa puissance , l'Atlantide aurait disparu un jour en s'enfoncant sous les eaux.

La croyance des anciens à l'Atlantide estelle une preuve suffisante que cette Ile ait réellement existé? N'est -il pas naturel à l'imagination humaine de chercher par delà toutes les terres visibles une terre inconnue pour en faire la patrie de ce bonheur qu'on rêve toujours sans pouvoir jamais l'atteindre? Et, même dans la supposition que d'anciens navigateurs auraient réellement abordé une terre considérable à l'ouest de l'Europe, quelle conjecture former sur leur découverte? Étaitce une Ile qui a disparu , ou bien une des 1erres encore existantes, à laquelle l'antique tradition a attribué une fausse situation géographique et une fertilité imaginaire? Ces diverses questions ont été longuement débattues par les savants modernes; nous citerons ici sans les discuter les principales opinions qui ont été émises sur ce sujet. Au dix-huitième siècle, Budbek, professeur à l'université d'Upsal, soutint que l'antique Atlantide n'était autre chose que la Suède et la Norwège actuelles, et il chercha à prouver par de nombreuses citations que tout ce que Platon el les auteurs anciens ont écrit sur une Ile perdue s'appliquait on ne peut mieux à ces deux derniers pays. Certains géographes ont dit que l'Amérique, découverte plus anciennement qu'on ne le croit , était le pays désigné autrefois sous le nom d'Atlantide. D'autres prétendent que l'Atlantide a réellement disparu , el qu'elle était située sous les mêmes latitudes que les lies Açores, qui ne seraient que les sommités encore apparentes de cette antique terre à demi submergée. Cette dernière opinion est assez accréditée. Un voyageur célèbre, M. Boryde Saint- Vincent, a même fait dans ce sens une carte idéale de l'antique Atlantide. Elle comprendrait, suivant lui, tout le groupe des tles Açores, Canaries et du Cap Vert , et le pic de Ténériffe serait la cime d'un autre Allas, qui a donné son nom à cette Ile submergée , dont l'étendue dans cette supposition n'aurait pas eu moins de sept cent quarante lieues en longueur du nord au sud , et cinq cents en largeur de l'est à l'ouest. Quant à la cause de son enfoncement, elle serait due à l'action de feux souterrains dont les traces sont encore visibles aujourd'hui ; il y aurait eu dans des temps reculés une rupture de la chaîne de montagnes qui unissait l'Afrique à l'Espagne, et la violente rencontre des eaux de la Méditerranée et de celles de l'Océan aurait fait disparaître les dernières traces de la jonction des terres actuelles avec l'ancien continent Atlantique.

Quoi qu'il en soit, l'océan Atlantique est aujourd'hui de toutes les mers la plus explorée et la mieux connue. I) est le lien nécessaire

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