AUNE
plantes, de la famille des amenlaeées, suivant la classification de Jussieu. Distingué du bouleau (betuta) par Tournefort , réuni à lui par Linné ( betula alnus), il en fut de nouveau séparé par Gessner. Depuis, l'aune a gardé la , place que lui a assignée ce naturaliste , et que désignaient suffisamment ses caractères botaniques : fleurs monoïques, les mâles disposées eu chatons pendants, cylindriques et allongés, munies de pédicelles rapprochés, à quatre écailles inégales, avec on calice à quatre lobes et quatre étamines ; les femelles disposées en chatons ovoïdes , présentant des écailles imbriquées, obtuses , cunéiformes , quadrifides, dont chacune porte sous elle deux fleurs composées d'un ovaire comprimé , surmonté de deux styles , qui devient un fruit coriace , à deux loges monospermes , à écailles presque ligneuses.
L'aune est un des arbres qui végètent le mieux dans les terres marécageuses. Il s'élève h la hauteur de cinquante à soixante pieds. Son bois est d'un graiu fin, d'une teiute rougeâtre. Tous les climats lui sont bons, et on le trouve sous toutes les latitudes, depuis la Laponie jusqu'en Barbarie. On en compte cinq espèces, distinguées entre elles par la nature et la forme de leurs feuilles. Dans Y alnus serrulata , qui crotl en Pensylvanie , les feuilles sont obovales , acuminées et dentées en scie, avec leurs stipules elliptiques et obtuses; elles sont allongées, aiguës, arrondies à la base , munies de stipules ovales oblongues , daus Y alnus undulata, originaire de Canada; elles sont elliptiques , un peu obtuses et glulineuses dans Y al nus oblongata; elles sont oblongues , aiguës , intérieurement pubescentes et blanchâtres, munies de stipules lancéolées, dans Yalnus incana. Ces deux dernières espèces sont indigènes en France. Dans toutes , en général , les feuilles sont presque rondes, dentées à leur contour, glabres et enduites d'une matière visqueuse, qui s'attache aux doigts. L'alnus incana est seul exempt de cette viscosité.
Le bois d'aune lorsqu'il est sec prend une teinte rougeâtre, d'un rose pâle, tirant sur le jaune. Son grain est susceptible de recevoir un assez beau poli , mais sans éclat : il prend très-bien le noir ; les tourneurs et les ébénistes le recherchent. A raison de sa légèreté, on en fait des sabots, des perches, des échalas , des échelles. Les boulangers le préfèrent à tout autre pour chauffer le four. On en fait aussi des tuyaux de fontaine, des pilotis qui durent aussi longtemps que ceux de chêne, pourvu qu'ils soient toujours dans l'eau ou dans la glaise bien humide. Le bois des racines est agréablement veiné, et propre à des ouvrages d'ébénisterie. Eu Écosse on en fabrique des sièges , qui sont recherches