AUTONOMIE
Les villes, les l'Asie Mineure; la
îcssalio et toutes les villes de la Grèce où les Macédoniens avaient des garnisons furent remises en liberté ; on accorda diverses places aux Achéens; enfin, les Romains déclarèrent libres et indépendants tous les peuples de la Grèce. Les services rendus aux Romains dans la guerre contre Antiochus ne furent pas moins bien récompensés. Eumènes, successeur d' Atlale, fut mis en possession de presque toutes les provinces dont les Romains avaient dépouillé Antiochus, à l'exception de la Lycie et de la Carie, dont ils firent présent aux Rhodiens. Toutes les villes grecques de l'Ionie et de l'Éolie qui avaient été assujetties à Antiochus furent déclarées libres et indépendantes , et les villes libres qui avaient pris parti contre ce rot maintenues dans leur autonomie et traitées avec autant de libéralité qu'Eumènes et les Rhodiens. Non contents d'avoir ainsi reconnu les services de leurs alliés, les Romains employèrent encore leurs armées à dompter les Galates ou Gaulois établis dans l'Asie Mineure, qui tenaient en échec le royaume d'Eumènes. Après avoir terminé ces deux guerres, ils firent repasser leurs armées en Italie, sans se réserver autre chose de leurs conquêtes que la gloire d'avoir enrichi et protégé leurs alliés, et affianchi divers peuples de la domination des rois de Macédoine et de Syrie.
Ce|>endant, les plus clairvoyants s'aperçurent bientôt que par ces arrangements les Romains restaient seuls mallrcs de la Grèce et de l'Asie ; que, après avoir écrasé les deux seuls rois qui pussent leur faire ombrage, ils laissaient toutes les autres parties de la Grèce et de l'Asie faibles et désunies, et que par là ils les tenaient toutes dans leur dépendance. Rien n'était plus vrai ; mais il était vrai aussi que tous ces Étals, toutes ces petites républiques, sentant leur faiblesse, se trouvaient encore heureux que les Romains les honorassent du tilre d'alliés, d'autonomes. Ils conservaient en effet tous les dehors de la souveraineté; on les accoutumait à obéir librement. Avant de les assujettir, le sénat les gouvernait par ses ambassadeurs , qui étaient presque toujours en campagne, parcouraient les cours et les républiques, s'informaient de la disposition des peuples et en informaient le sénat. Le sénat, pour donner plus de relief à ses ambassadeurs, qui étaient toujours tirés de son corps, revêtait de ce caractère les personnages les plus illustres de Rome, ceux qu'on avait vus honorés du consulat et du commandement des armées. Partout où ils arrivaient, ils prenaient connaissance des affaires intérieures de l'Étal, s'ingéraient dans les domestiques, et se formaient une faction qu'ils ne manquaient pas de proléger et d'avancer en toute
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occasion. Sur le moindre différend qui survenait entre quelques rois ou peuples alliés, ces ambassadeurs y accouraient, se faisaient rendre compte de l'affaire, et s'érigeaient en arbitres, sans en être requis. La crainte de les voir se joindre au parti contraire amenait une prompte soumission aux arrêts qu'ils avaieut prononcés. C'est ainsi que d'alliés les peuples devinrent sujets des Romains. Les Étoliens fuient les premiers, les Acbéens vinrent ensuite, puis la Macédoine; toute la Grèce ellemême fut bientôt réduite en province romaine- Dans le même temps, Scipion Émilien , par la destruction de Carthage, ajoutait à l'empire une autre province, qui porta le nom de province d'Afrique; le même litre et la même condition échurent à l'Asie et h la Bithynie , léguées au peuple romain par les testaments de leurs derniers rois, line resta plus qu'un assez grand nombre de villes et de populations, en différents pays, qui étaient appelées libres, indépendantes, autonomes; elles se glorifiaient encore de ces titres sous les empereurs, malgré leur sujétion. 11 s'agit d'examiner en quoi consistaient proprement les privilèges qui résultaient de ces titres dans ce temps-là; car il est sûr que depuis longtemps les Romains donnaient, étaient ou diminuaient ces privilèges assez arbitrairement.
Les alliés ou autonomes étaient censés faire partie de l'empire romain. Dion Cassius (liv. LUI), après avoir fait l'énumération des provinces qu'Auguste partagea avec le sénat, ajoute qu'il ne fait point mention des peuples libres et des rois qui avaient le titre d'alliés. Tacite (Annal, liv. I) parlant de l'état de l'empire qu'Auguste avait dressé, dit qu'il contenait le nombre des troupes romaines et alliées, les royaumes, les provinces, etc. On Toit que l'empire se divisait en citoyens romains, en alliés qui étaient des rois, des villes ou des peuples libres, et en provinces ou sujets; et cette division était plus ancienne qu'Auguste, car on voit que Cicéron (In Verr., III, et V ; Pro Dejot., c. V ) partage à peu près de même l'empire romain, et qu'il y comprend les rois et les peuples alliés. Ainsi, ces alliés, soit qu'étant réellement indépendants, ils fussent alliés sur le pied d'égalité, soit qu'ils dussent ce titre à leurs services ou à la libéralité des Romains, étaient tous cousidérés comme sujets à divers égards. La grande supériorité des Romains, le danger de leur déplaire faisaient fléchir la tête au moindre signe de leur volonté, et ne permettaient guère d'alléguer des traités qu'ils pouvaient rompre impunément quand ils le voulaient.
Les droits de la souveraineté, l'autonomie des villes ou nations libres alliées consistaient donc : 1" en ce qu'elles se gouvernaient par leurs anciennes lois et qu'elles pouvaient même
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en faire de nouvelles ; 2° elles avaient leur propre gouvernement , et nommaient ellesmêmes leurs magistrats; 3° elles avaient ieur territoire. Mais ces dois choses leur étaient communes avec bien des villes et des peuples qui étaient effectivement sujets, qui payaient tribut et qui étaient soumis au proconsul. Les Romains ne s'entêtaient jamais à donner leurs lois aux peuples vaincus et désarmés. Ainsi, plusieurs villes, qui ne prenaient les titres ni de libres ni d'alliées, jouissaient de ces menu s privilèges. Ce qui distinguait donc celles-ci de celles qui étaient réellement sujettes, c'était : 4° qu'elles étaient exemples de la juridiction du préteur ou du proconsul, cl ô° qu'elles ne payaient point de tribut.
Elles ne jouissaient pourtant pas de ces privilèges dans toute leur étendue. En premier lieu, elles ne pouvaient faire ni paix ni guerre, ni contracter d'alliance qu'avec l'approbation des Romains; 2° elles étaient obligées de loger et de nourrir les troupes et les généraux romains qui passaient sur leur territoire; 3° elles étaient quelquefois tenues de recevoir un préfet de Rome, qui y venait régler les affaires à sa fantaisie ; 4° elles paraissent avoir été assujetties sinon à un tribut, du moins à des contributions extraordinaires, et il semble même qu'elles payaient divers droits ; 5° colin, l'exemption de la juridiction des préleurs ou du proconsul, dont elles étaient gratifiées, était sujette à bien des exceptions.
En définitive, l'autonomie, la liberté des villes alliées étaient à la merci des Romains. C'est ainsi que Sylla dépouilla les Athéniens de leur liberté et de leurs privilèges, pour avoir pris parti contre les Romains dans la gueire de Mithridate. Il punit de même bon nombre de villes d'Asie de l'animosilé qu'elles avaient fait paraître contre les Romains dans celte guerre ; et en revanche, il en récompensa d'autres de leur fidélité, en leur accordant avec la liberté le titre d'alliées. On a conservé l'acte original où le peuple romain octroie ces mêmes privilèges à Thelmesse, ville dePisidie, en l'an de Rome 581 (Sigonius, De Ant. Jure Provinc. y 1, c* 10). Pompée, après avoir vaincu Mithridate et soumis une grande partie de l'Asie, fit don de divers privilèges à quelques villes qu'il laissa d'ailleurs en possession de l'autonomie, confirma dans la jouissance de leurs domaines plusieurs princes et tétrarques , et réduisit le reste en province romaine. Il rétablit, en faveur de Théophaoe de Mytilène, son ami, les Mytiléniens dans ieur liberté, dont ils avaient clé dépouillés par Sylla. Jules César rétablit de même les Tbessaliens dans leurs anciens privilèges , qu'ils avaient reçus des Romains après la défaite de Philippe de Macédoine et qu'on leur avait depuis arrachés. Les empereurs eu usèrejil
357 AUTONOMIE encore plus arbitrairement. Suétone «lit qu'Auguste priva de leurs prérogatives plusieurs villes alliées, où la liberté avait dégénéré en licence ( In Âttg., c. 47). Dion Cassius nous apprend que ce même empereur, en étant Tau tonomie à plusieurs autres villes, la donna, en y ajoutant le droit de bourgeoisie romaine, à diverses villes des Gaules (Jiv. L1V). Il se montra aussi sévère envers la ville de Cy* zique ; mais il lui rendit quelque temps après la liberté, dont Tibère la dépouilla pour la seconde fois ( Ibid. etSuéton., In Tib., c. 37). Par où il est facile de voir que le titre d'allié, de peuple libre, d'autonome enfin, n'était dans le fond qu'une sujétion très- réelle.
Il existe un assez grand nombre de médailles frappées dans les villes autonomes. C'était encore là une de leurs prérogatives. « On distingue, dit M. Charapollion Figeac ( Traité élément. d'Archéologie, t. Il, p. 2à9), dans les médailles du même peuple ou de la même ville, la diversité de leur état politique. S'ils étaient libres ou se gouvernant par leurs propres lois, la médaille est autonome; on n'y trouve l'indication d'aucun pouvoir supérieur. Celte autonomie fut quelquefois conservée aux peuples et aux villes, même après la soumission à un pouvoir étranger; dans ce cas, le nom du peuple ou de la ville est toujours sur la médaille, mais on y trouve aussi le nom du roi ou peuple conquérant, et t'est ce que Eckliel a nommé autonomie officieuse.
Ce droit a été très-variable pour les villes grecques, soumises, quelquefois en peu de temps, à des influences plus ou moins favorables à leur indépendance. Toutes ces circonstances sont autant de faits exprimés par la teneur même des légendes bien interprétées; on y trouve aussi l'indication de certains titres que les villes ou les peuples se donnaient, en signe de certains droits ou de certaines suprématies, la qualification des magistrats ou de certaines autorités légalement reconnues, et une foule d'allusions aux rites, aux usages et aux origines de la ville ou du peuple. »
autorité. Nous ne nous occupons ici que de l'autorité dans l'ordre civil et politique, et en tout ce qui compose cet ordre l'autorité c'est le pouvoir de commander, d'obliger les citoyens à obéir aux lois ; et c'est parce qu'elle exige cette obéissance au nom de quelque chose qui est au-dessus d'elle, que l'autorité est à la fois un droit et un pouvoir. Telle est celte force supérieure et protectrice de tous, par laquelle les sociétés se forment, subsistent et prospèrent. Comme l'air qui nous enveloppe et qui nous aide à nous tenir en équilibre, l'autorité est une influence générale qui nous entoure, nous accompagne, nous suit partout, qui veille sur uous sans cesse, qui
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est présente alors même qu'elle ne se manifeste par aucun signe extérieur, qui nous défend bien plus sûrement qu'en repoussant notre agresseur, car elle lui ôte jusqu'à la pensée de nous attaquer ; qui protège le petit contre le grand , le faible contre le fort, et qui corrige, autant que le permet l'imperfection humaine , le mal attaché à l'inégalité des conditions, en assurant le bien qui en est la conséquence nécessaire et invincible.
Le principe de l'autorité n'est pas une pre mière cause, qui se cache dans la nuit des temps , ni un mystère. Il est au milieu de nous; et quoique antérieur à nous, il nous est contemporain : il est pour chacun de nous dans sa propre maison : c'est la puissance pa- ' ternellc. Quelque chose existait avant Tautotorité et avant la société ; ce quelque chose , c'est la puissance paternelle, c'est la famille. Nous n'avons pas le mérite de le dire les premiers ; et c'est tant mieux , car il y a quelque chance que ce qui est dit pour la première fois soit un paradoxe. Le plus grand de nos écrivains, Bossuet, dans la Politique de l'Écriture, ouvrage admirable, qui n'est guère critiqué que par ceux qui ne l'ont pas lu, exprime, au livre II, cette proposition : « Que le premier empire parmi les hommes est l'empire paternel. >• Jésus-Christ, dit-il, qui va toujours à la source, semble l'avoir marqué par ces paroles : « Tout royaume divisé en lui-même sera désolé ; toute ville et toute famille divisée en elle-même ne subsistera pas. » Du royaume il va aux villes, d'où les royaumes sont venus; et des villes il remonte encore aux familles , comme au modèle et au principe des villes et de toute la société humaine.... Dieu, ajoute-l-il, ayant mis dans nos parents, comme étant en quelque façon les auteurs de notre vie , une image de la puissance par laquelle il a tout fait, il leur a aussi transmis une image de la puissance qu'il a sur ses œuvres. C'est pourquoi nous voyons dans le Décalogue qu'après avoir dit : « Tu adoreras le Seigneur, tou Dieu , et ne serviras que lui » , il ajoute : « Honore ton père et ta mère , alin que tu vives longtemps sur la terre que le Seigneur ton Dieu le donnera. » De là nous pouvons juger que la première idée de commandement et d'autorité humaine est venue aux hommes de l'autorité paternelle.
Montesquieu , dans une critique piquante et profonde de la plupart des législateurs (Lettres Persanes , LXXIX ), exprime implicitement la même opinion , par l'idée qu'il veut nous donner de la puissance paternelle, comme le meilleur auxiliaire de l'autorité. « Kien, dit-il, ne soulage plus les magistrats, rien ne dégarnit plus les tribunaux , rien enfin ne répand plus de tranquillité dans un Étal, où les mœurs font toujours de meilleurs citoyeus que les
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fois. C'esl de toutes le» puissances celle <lonl *>n abuse le moins; c'ett la plus sacrée de toutes les magistratures; c'est la seule qui ne dépend pas des conventions , et qui les a même précédées. Dans les pays où l'on met dans les mains paternelles plus de récompenses et de punitions, les familles sont mieux réglées. Les pères sont l'image du Créateur de l'univers, qui, quoiqu'il puisse conduire les hommes par son amour, ne laisse pas de se les attacher encore par les motifs de l'espérance et de la crainte. »
L'autorité et la puissance paternelle tirent leur droit d'une même chose, la nécessité.
Otez la puissance paternelle , c'en est fait de la famille et de l'individu. La prérogative du père est tout entière dans l'intérêt de l'enfant. Le père pourrait trouver un certain avantage à abdiquer la puissance paternelle , à cause des devoirs de protection et de prévoyance qui y sont attachés ; mais jamais l'enfant ne peut trouver avantage à ce que son père se dessaisisse de ses droits sur lui : la liberté de l'enfant serait l'abandon, ledénùment et la mort.
Il en est de même pour l'autorité. Son droit le plus évident, c'est l'immense besoin qu'on a d'elle; j'en dis trop peu, c'est l'impossibilité de subsister sans elle. Voilà ce que ne conprennent pas, ou, ce qui est plus coupable, voilà ce qu'oublient tant d'hommes qui, par je ne sais quelle jalousie de liberté, ne craignent pas de discréditer par des défiances insensées le principe de l'autorité. Ils la voient non par le grand côté , non dans cette protection universelle dont ces ingrats ont leur part, mais par le petit côté, par les avantages matériels, par les prérogatives extérieures qu'en tirent nécessairement les personnes qui en sont investies. Il n'y a pas de vue plus fausse ni plus dangereuse ni de prétention plus mesquine. Il faut savoir considérer dans l'autorité son indispensable nécessité. Ole/, ce pouvoir , ce droit de commander, voici tout l'ordre qu'il assurait bouleversé : les grands oppriment les petits, les faibles sont à la merci des plus forts , il n'y a plus sécurité pour personne. L'autorité est si nécessaire que , parmi les hommes même qui ont rompu tous liens avec la société établie , chez, les pirates ou dans une bande de voleurs, il y a un pouvoir qui commande et des gens qui obéissent. Les sociétés humaines ne naissent que par l'autorité ; elles ne prospèrent , elles ne se développent , elles ne s'affermissent que par l'aulorilé. Je défie que l'on se représente une société sans autorité. L'autorité est plus ou moins éclairée, selon que la société est plus ou moins grossière; mais la seconde ne peut pas exister un jour sans la première ; ou plutôt c'est en voyant quelque î<art l'autorité qu'on juge certainement qu'il y a là une société.
C'est l'instinct énergique que nous avons de la nécessité de l'autorité , de sa coexistence invincible avec la société , de l'impossibilité pour celle-ci de se conserver sans celle-là , c'est cet instinct qui nous a fait croire que ies princes et les familles régnantes, en qui se transmet et se personnifie l'autorité, sont institués de droit divin. On se tromperait fort si l'on s'imaginait que cette foi au droit divin de l'autorité n'est propre qu'aux nations chrétiennes. Dans les sociétés antiques , quoique les religions y fussent grossières et incertaines, la transmission du pouvoir, soit par l'hérédité, soit par l'élection populaire, était consacrée par l'intervention de la religion , et il ne semblait pas qu'un fait si considérable , et qui intéressait l'universalité des citoyens, se pût accomplir sans l'aide et la volonté des dieux. Un historien de ce tempsw:i , Prescotl , dans son Histoire de la Conquête du Mexique , ne nous montro-t-il pas la seule grande société que l'Europe ait rencontrée dans le Nouveau Monde, les Aztèques, honorant, dans les derniers de ses princes, Monté/.uma et Gualimozin, les membres d'une famille qui régnait par la protection des dieux du pays?
Mais il est très-vrai que le christianisme a donné au principe du droit divin une force nouvelle. C'est le christianisme qui a déclaré que toute puissance suprême est instituée de Dieu. « Il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu , a dit saint Paul ; et les puissances qui subsistent ont été établies de Dieu. C'est pourquoi celui qui s'oppose à la puissance s'oppose à l'ordre que Dieu a établi. » C'était le développement de la parole du Christ : « Rendez à César ce qui est à César. » Aussi • les premiers chrétiens juraient-ils par le salut des princes môme infidèles, et Tertullien rendait témoignage pour tous les chrétiens de son temps, quand il disait dansson Apologétique:
« Nous jurons, non par le génie des Césars, mais par leur salut, plus auguste que tous les génies, qui ne sont que des démons. Nous respectons dans les empereurs le jugement de- Dieu, qui les a établis pour gouverner les peu- » pies. Nous savons qu'ils tiennent de la volonté de Dieu le pouvoir dont ils sont investis ; nous demandons la conservation de ce que Dieu lui-même a voulu, et c'est là pour nous nn grand serment. »
Cette foi est aussi celle de la plupart des nations chrétiennes, et l'esprit de révolution a toujours échoué contre ce premier obstacle. Quant à d'autres, chez lesquelles la philosophie a introduit, au nom de la raison pure, d'autres principes de. gouvernement, par exemple, la souveraineté du peuple connue source unique de l'autorité, si les esprits ont cessé d'y croire que les puissances sont établies de Dieu , et se sont accoutumés à