‹ Encyclopédie moderneChapitre 155 sur 308 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

commençait l'année dans l'ancien calendrier alhaiuou latin. Il se composait alors de trente* six jours. Quand Romulus institua son année de dix mois , qui commençait en mars, avril se trouva le second mois, et fut réduit à trente jours. Numa Pompilius lui retrancha encore un jour, que Jules César lui rendit plus lard, et depuis lors il n'a plus varié. A cette époque de l'année le soleil passe par les divisions de l'écliptique qui portent l'appellation du Bélier et du Taureau. Le nom du mois d'avril est regardé généralement comme dérivé du verbe aperire, ouvrir, soit à cause de cette circonstance mentionnée plus haut, qu'il ouvrait l'année dans le calendrier albain , soit parce que les bourgeons des plantes s'entr'ouvrent pour donner passage aux feuilles, ou que la terre ouvre son sein aux premières pousses des graminées; soit enfin, ainsi que le dit Virgile, parce que le Taureau ouvre dans le ciel la route du Soleil (I). Mais Ovide revendique ce mois pour Vénus, et retrouve dans son nom le nom grec de la déesse née de l'écume de la mer, 'Açpoôitrj. Vainement, selon lui, on avait voulu rapporter le nom d'avril à l'ouverture de l'année rurale, au printemps qui ouvre tout et à la saison qui s'ouvre, la déesse a maintenu ses droits (2). Le culte de Vénus commençait en effet dès les calendes d'avril, et se reproduisait le 3 et le 21. Mais cette circonstance n'a aucune valeur étymologique, l'institution de ces fêtes étant certainement postérieure à l'établissement de la république; Macrobe dit aussi à ce propos que Romulus avait nommé le second mois avril ou plutôt aphril du mot àçpôv, écume, de laquelle on croyait que Vénus était née, et qu'ayant appelé le premier mois du nom de Mars, son père, il avait voulu que le second prit son nom de Vénus, mère d'Énée, afin que les dieux à qui les Romains devaient leur origine occupassent les premiers rangs au commencement de l'année. Cependant Cincios dans son Traité des Fastes et Varron affirmaient que le nom de Vénus u'était pas connu des Romains au temps des rois, et qu'ainsi le mois d'avril n'avait pas pu en tirer sa dénomination; « mais, ajoute Varron, comme jusqu'à l'équinoxe du printemps le ciel est triste et voilé de nuages, la mer fermée aux navigateurs , la terre elle-même couverte par les eaux, les glaces ou les neiges, de même, lorsque le printemps survient dans le mois d'avril, il ouvre toutes les voies, et les arbres commencent à se développer ainsi que tons les germes que la terre renferme. » Dans un travail Sur la Religion des Romains d'après les fastes d'Ovide, M. L. Lacroix conclut de ces passages qu'en réalité Vénus n'est pour rie»

(I) Vlrj?., Gcovg. |, «t7.

(8) Ov., Fastes, IV.

AVRIL — AXUM

dans Je mois d'avril. Ce n'est pas, ajoutc-l-il, à dos fables poétiques faites après coup qu'il faut demander l'explication des vieilles institutions de Rome, mais aux antiquités nationales du Latimn et des pays voisins, dont malheureusement nous n'avons que de bien faibles débris (t). Le premier et le troisième jours du mois d'avril avaient été consacrés à la Fortune, qui y partageait avec Vénus les hommages publics, et les recevait seule au jour des nones. Une plus brillante solennité avait lieu le 5, sous le nom de jeux Mégalésiens, jeux dédiés aux grands dieux et particulièrement à Cybèle. Ils étaient consacrés en grande partie aux représentations scéniques, et la plupart des pièces de Térence sont précédées de cette annotation : Acta ludis Megalensibus. Le 10 ou le 19 venaient les fêtes deCérès, pendant lesquelles le peuple était convié aux jeux du Cirque. Le culte de Jupiter vainqueur marquait les ides, fixées en ce mois au 13, et dans les dix-sept jours suivants se distribuaient les fêtes Vinaliennes, les Palilies, les Robigalcs et les fêtes de Flore. On ne sait trop si aux Vinalies c'était à Vénus ou à Jupiter qu'on faisait les libations; les fêles de la déesse ou du dieu Paies (car Virgile en fait une déesse et Varron en fait un dieu mâle) se célébraient dans les campagnes avec une grande solennité; les Robigaies avaient pour objet de supplier le dieu Robigus, personnification de la nielle (robigo), d'épargner les moissons; quant aux fêtes de Flore, Ovide ne nous explique pas très-clairement commeut elles se divisaient ou se confondaient à la lin d'avril avec celles de Pbœbus et de Vesta : il nous apprend seulement qu'elles furent transférées aux calendes de mai (2). Dans l'année chrétienne, le mois d'avril se trouve le plus souvent sanctifié par la fin du carême et la solennité de Pâques. Celle concordance ordinaire de l'anniversaire de la passion de Noire-Seigneur avec les premiers jours du mois d'avril a donné lieu à l'expression proverbiale de poisson d'avril, par laquelle on désigne une fausse nouvelle qui fait courir inutilement et successivement d'un endroit à un autre. Les personnes qui se sont occupées de l'origine des proverbes ont supposé que le mot poisson était dans ce cas corrompu de celui de passion, et qu'il fallait voir dans ce dicton populaire une allusion mal-séante aux humiliations supportées par le Sauveur, que les Juifs renvoyaient d'un tribunal à | l'autre comme pour en faire un objet de moquerie et de dérision (3). Le mois d'avril , se

|i) Recherche» sur la Religion des Romains,' p. ss. (S) Daunou , Cours d'études historiques, p. m et «uiv.

(») Voy. le Dictionnaire de Trévoux cl Le Spectateur Anglais , Journal de Verdun, 17*9.

trouvant au commencement du printemps, a été quelquefois pris par nos vieux poètes pour le printemps lui-même, et de même qu'on dit aujourd'hui au printemps de ma vie, on disait en l'avril de mes jours, pour dire en la fleur de mon âge. Racan a écrit :

En Vavrit de mes Jours, L'adorable Amarante Eut toutes mes amour*.

N. des V.

axum. (Géographie.) Ancienne capitale du royaume de Tygré , qui forme la partie nordest de l'Abyssinie. Cette ville est située dans une plaine fertile, à cent quatre-vingts kilomètres de la mer Rouge et à six cents kilomètres environ à Test du Sennaar. Elle était autrefois la résidence des rois abyssins, qui vont encore s'y faire couronner. Si l'on s'en rapporte aux chroniques de l'Abyssinie , ce serait au temps d'Abraham qu'il faudrait faire remonter l'antiquité d'Axum : mais ce qu'il y a de certain, c'est que cette ville fut inconnue à Homère, à Hérodote, et qu'elle n'est citée par aucun auteur grec avant Strabon. Quelle que soit du reste l'époque de sa fondation, elle fut embellie par les successeurs d'Alexandre, qui portèrent leurs armes dans la mer Rouge et qui semblent même avoir temporairement occupé le trône d'Axum. Airien la représente comme étant de son temps, c'est-à-dire au deuxième siècle après Jésus-Cbrist , le siège principal du commerce de l'ivoire, et son état florissant pendant les quatrième, cinquième et sixième siècles de notre ère nous est attesté par des descriptions qu'en font Procope , Etienne de Byzance, Cosmas cl Nonnose. Lors du voyage en Abyssinie de Poncet, médecin français (1098), cette ville était connue sous le nom d'Hélène : « J'y ai vu , dit ce voyageur , la plus belle église qui soit en Ethiopie. Elle est dédiée à sainte Hélène, et la ville entière a dû son nom à cette église. Dans la vaste place qui la précède sont trois aiguilles pyramidales et triangulaires, couvertes d'hiéroglyphes, parmi lesquels je remarquai sur chacune des faces la représentation d'une serrure, chose qui me parut d'autant plus étonnante que les Éthiopiens ne font pas usage de ce mode de fermeture, qu'ils ne connaissent même pas. Ces obélisques sans piédestaux ne sont guère moins grands que l'obélisque de la place Saint-Pierre, à Rome, sur son piédestal. » Lorsque le voyageur Bruce visita Axum à son tour, un seul obélisque était resté debout, les deux autres grandes aiguilles étaient à terre ; et dans cette même place qu'il suppose avoir été le point central de la ville antique, il n'y en avait pas moins de quarante plus petites couebées el rompues, dont aucune toutefois ne portait d'hiéroglyphes. Tous ces obélisques sont en granit ; et

AXUM

celui qui est debout est tetminé par une espèce de coupe de sljle grec parfaitement ciselée. Bruce en altrihue l'érection A Ptolémée Évergète, le second souverain de la dynastie macédonienne. En dedans de la porte intérieure d'une chapelle qui a remplacé l'ancienne église vue par Poucet et détruite depuis par Mohamed, général du roi d'Adel, sous le règne de David III , au pied des marches qui conduisent dans le sanctuaire, se voient trois petites clôtures carrées en granit avec des piliers octogones «'élevant dans les angles. C'est sur une pierre placée au milieu d'une de ces enceintes que les rois d'Abyssinie viennent s'asseoir pour y être solennellement couronnés. Un autre monument curieux de l'ancienne prospérité d'Axum est l'inscription

grecque trouvée par Sait h une demi-mille environ de l'église. Elle relate l'expédition d'Acizanas, roi des A\nmites et des Homéri* les, contre la tribu des Ttodjas, expédition dans laquelle les Axumites avaient fait un grand nombre de prisonniers. Le monument parait avoir été élevé vers l'an 330 de l'ère chrétienne. La ville d'Axum, Irès-décbue aujourd'hui de son ancienne splendeur, compte environ six cents habitations bien modestes.

L'église est l'édifice le plus remarquable; on y conserve l'histoire d'Abyssinie connue sous le nom de chronique d'Axum, et dont Bruce a rapporté un exemplaire en Europe. L'industrie des habitants consiste dans la fabrication du parchemin et de grossières étoffes de coton.

h A al. (Mythologie. ) Le nom de Baal est celui que les populations syro- phéniciennes donnaient a leur divinité principale ou suprême, à leur grand dieu. Le culte de Baal remonte dans la terre de Canaan à une haute antiquité , puisqu'on le voit en vigueur chez les tribus de ce pays , à Parrivée des Israélites (i). Adoré comme le Jéhovah de ceux-ci sur les hauteurs et les montagnes , il (ut parfois adopté par les Hébreux pour divinité, précisément à raison de sa grande ressemblance avec le dieu d'Abraham et de Jacob.

Le nom et le culte de Baal furent portés dans presque toutes les contrées où la race syro-phénicienne alla fonder des établissements, en Numidie et en Mauritanie, en Crète et à Cypre. La connaissance de ce dieu pénétra jusqu'en Égypte. Tyr était le siège principal de son culte et le point d'où rayonnèrent en quelque sorte ses migrations. C'était dans celte ville qu'existait son temple le plus célèbre. Peut-être même ce dieu est-il l'ancêtre du dieu soleil Belenus , adoré en Norique , et de VAbellio des Gaulois.

Le nom de Baal signifie en hébreu maître, seigneur (2); il répond au herus latin. Cette épilhèle est une de celles qui ont dû être le plus naturellement appliquées à la Divinité. Ce uora, quoique écrit dans l'Ancien Testament, sur les médailles phéniciennes uu puniques, dans les inscriptions, avec un Ain (y), parait cire le même que le nom de Bel donné par les Assyriens à leur divinité suprême, et qu'on trouve écrit sans cette gutturale par un Beth et un Lamed.

Il y a tout lieu en effet de croire que le Baal phénicien tirait son origine du Bel» assyrien, adoré à Babylone. Le culte de cette divinité dans cette ville apparaît aux âges les plus reculés ; car la tradition de la tour de Babel, c'est-à-dire de Babylone, est la plus ancienne tradition historique qu'on rencontre

0) Humer., XXII, 41. - Dcutcren . XXH, ts.

(î) Baal, au féminin Baulah, Baalcth ou Buulthis. 1 foy- astahtM ).

dans la Bible. Cette tour, ou pour mieux dire celte pyramide de briques élevée dans la vallée de Chinar est celle qui se trouve décrite par les auteurs grecs et latins sous le nom de Temple de Jupiter- Bélus.

Le Bel assyrien, assimilé d'abord par les Grecs à leur Cronos et souvent à leur Zeus (1), et par les Latins à leur Saturne, était le dieu par excellence, le souverain maître de l'univers, le roi des dieux et Je prince du ciel. Lorsque le sabéisme et l'astrologie eurent intimement pénétré la religion assyrienne, par suite du progrès de la science astronomique des prêtres chaldéens, Bel fut identifié à l'une des planètes, à celle que les Grecs, qui reçurent des Chaldéens les premières notions de l'astronomie, nommèrent pour ce motif Cronos et les Latins Saturne, et que leurs maîtres regardaient pour ce motif comme la première des planètes (2). La légende s'élant aussi emparée de la théologie babylonienne, on fit de Bel un ancien monarque assyrien, le prince fondateur de la cité dont il était considéré, en effet, comme le roi (3) : car les populations sémitiques et phéniciennes ont toujours regardé la divinité comme régnant sur eux à la manière d'un monarque; et c'est en ce sens que les Hébreux disaient que Jéhovah régnait sur Israël (4). Cette idée finit par prévaloir si bien à Babylone, qu'on en vint à montrer dans cette ville le tombeau de Bel, absolument comme les Crétois montraient le tombeau de Jupiter. Ce tombeau , à ce que nous apprend Strabon (5), fut détruit par

(i) Bérose, Hérodote et Diodorc de Sicile rapprochent Beïus de Zeus ou Jupiter.

(S) La connaissance du nom et de l'ordre des planètes est passée des Chaldéens aux Grecs, puis aux Latins. Seulement, chacun de ces peuple» a substitué aux noms des divinités chaldéennes auxquelles les planètes étaient assimilées les noms de ses propres dieux qui avaient avec les dieux chaldéens une ana. loftie d'attributs et de caractère.

(s) Amm. Marccllln, XXIII, 8. — Scrvius, ad /£*«., 1, 6**, — Cf. Hérodot., Il, 183. On attribuait aussi à Relus l'invention de la science astrologique {MarUamtt Capella,\l,p. StiS ),

(*} Oainasclus, ap. I'hot., ttibl., p. 313.

(S) XVI, p. 315.

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Xerxès. Ce Bel reçut à Babylone le nom de Bel l'Ancien, flc/ llhan,û'où les Grecs firent le nom de Bélitan (BeXttâv), de Bolaten (BwXaôrjv). L'animal symbolique de ce Bel était le serpent, qu'on retrouve chez les Grecs comme emblème d'Esculape. Ils l'appelaient SurmO'Bel. D'autres populations sémitiques désignaient leur dieu-roi sous le nom de El, El-Élion : ce nom a peut-être la même élymologie que celui de Bel; mais, quoi qu'il puisse être de sa véritable etymologie, il s'appliquait certainement à une notion divine toute semblable à celle que représentaient les noms de Bel et de Baal (1).

De même que ce dernier offrait avec le dieu national d'Israël une grande analogie, Bel a aussi des caractères qui montrent que le fond des croyances assyriennes et juives découlait d'une même source, ce qui explique comment les prophètes ont empruntédes traits à la divinité de Babylone et les ont transportés à Jéhovah. Daniel appelle par exemple celui-ci l'Ancien des Jours, lathik fomim, ce qui rappelle le surnom de Ithon, Itkan, l'Ancien, donné à Bel et qui passa aussi en Phénicie (2). Les descriptions que ce prophète donne de l'Ancien des Jours conviennent en tous poins aux caractères que nous trouvons assignés ça et lè au dieu Bel. On en peut dire autant des tableaux que nous offre Ézéchiel et de ceux qui reparaissent dans des compositions juives plus modernes, telles que le livre de Hénoch.

Ce surnom d'Ancien dénote la haute antiquité de la conception divine qui s'attachait à Bel. Cette épithètc a été employée d'abord dans l'acception iV éternel ; car dans l'enfance de l'humanité la notion d'éternité n'allait pas au-delà de celle d'un temps fort long, dont la vieillesse fournissait l'image. C'est celte idée qu'exprime l'hébreu hedem. Ce fut plus tard que la notion nette d'éternité h'attacha au concept divin, ainsi que le montrent le nom de Jéhovah et celui que certains peuples de la Syrie donnaient à leur dieu suprême; tel était par exemple celui de ilalad, c'est-à-dire celui par lequel les habitants de Gaza désignaient leur dieu et dont les Grecs avaient fait "AXSoç (3).

D'Assyrie le ctdte de Bel pénétra de proche eu proche jusqu'en Palestine, et on voyait en clfet des sanctuaires de ce dieu (fiel ou Haal ) échelonnés de Tyr et de la côte jus-

(1) Comme l'a remarqué H. Kwald, une différence rte nom a une époque où la notion divine était presque tout entière renfermée dans le nom Indique une conception différente. La communauté du titre de Baal donné à tous ces dieux montre qulls étaient tous conçus comme le maître de la terre ou tout au moins du ciel; les épithetes secondaires dénotent les caractères qui leur étaient plus spécialement attribués

(t, Movcrs, Phànnier, L I, p. *59.

(3) ibid., p. att.

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qu'à Babylone. Nous trouvons par exemple un temple de ce dieu à Élymaïs, temple que pilla Antiochus Épiph.mc (1).

Dans la Syrie et la lMiénicie, le nom de Baal ne larda pas à être appliqué à des divinités fort différentes. Il y eut une foule de dieux qui reçurent un nom composé de Baal et d'un autre mot, nom composé qui signifiait par conséquent : Seigneur de telh 'ou telle cAose. Chaque tribu posséda son Baal, son dieu à elle, su divinité nationale et piotectrice. Baal-Zebub était le dieu d'Ekron, et spécialement invoqué comme éloignant les insectes malfaisants; Baal- Her mon , le dieu protecteur delà contrée qui entoure le mont Hermon , spécialement adoré sur la cime de cette montagne ; Baal-Azor, le dieu de l'endroit fie ce nom; Baal-Semes, le seigneur-soleil, adoré à Palmyre, et dont le nom se lit sur les inscriptions de celte ville; Banl-Mvlkarth, le Jupiter Balmarcos des inst i iptions, adoré à Tyr comme la divinité principale/et auquel lliram avait fait construire un temple en commun avec Astarté; Baal-Thares, le dieu prolecteur de Tarse ; Baal-Moloéh, le seigneur-roi, qui rappelle le Zeus (tooùev; des Grecs, et qui parait se confondre ou du moins avoir une parenté fort étroite avec le Baal-Melkarth, c'est-à-dire le Baal-Mélech-Karth , le seigneur-roi de la ville. Cette divinité est mentionnée souvent sous le seul nom de Molocli, roi. De même dans la Numidie, où les colonies phéniciennes avaient porté leur religion , se rencontrent le Baal' Ram , le seigneur trèshaut, le Baal-Chewan ou Chion, le Baal- K ha m mon , le dieu de la chaleur. Les Israélites invoquaient aussi leur dieu sous le nom de Baal-Bérith, le seigneur de l'alliance, nom qu'on retrouve chez les Phéniciens (2).

Ces divers dieux offrent des caractères différents, des attributs distincts. Mais comme ils représentaient tous l'Ê Ire-Suprême identifié presque constamment au soleil, à la source de la chaleur et de la lumière, ils avaient entre eux une ressemblance frappante, qui les a fait considérer comme des formes diverses d'un même dieu. Suivant que les différentes tribus syriennes et phéniciennes avaient de la divinité des notions plus pures et moins matérielles, le Baal recevait des attributs plus propres à Dieu tel que nous l'entendons. Les unes associaient leur dieu Baal à une déesse , qu'ils considéraient comme son épouse. Chez les tribus pastorales, où dominait le sabéisme, Baal était volontiers assimilé à quelque étoile ou logé exclusivement

(l) Strabon, t. XVI. t, p. Sic.

(S) On devra consulter sur ces divinités, mais avec réserve, l'ouvrage inléressanl. quoique dépourvu dr critique, Intitulé : F. Nork, Mblteche Mythologie der alten und Iituen Testament' Stuttgart, 18» }. •

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