‹ Encyclopédie moderneChapitre 157 sur 308 · BA AL · texte numérisé non relu

BA AL

«{uaient. Lcsdieux des populations qui ne jouèrent qu'un rôle secondaire et passager dans l'histoire de l'Asie occidentale furent promplement oubliés. Ceux, au contraire, qu'invoquaient les villes et les nations auxquelles de grandes destinées étaient réservées participèrent de la fortune de leurs adorateurs. Le dieu de Tyr, BaaJMelcarth , dont le temple conserva longtemps une grande célébrité, fut porté dans la plupart des colonies fondées par les marins de cette cité. Les Grecs nous le montrent, sous le nom d'Hercule-Tyrien, apporté jusqu'à Gadès et sur le littoral de l'Espagne, de la Gaule et de la Ligurie. L'histoire du progrès de la domination lyrienne, du développement de ses colonies, se lia à celle du dieu, et devint comme une trame sur laquelle l'imagination créa mille fables.

Baal-Melkai th était un dieu solaire, auquel les Ty riens rapportaient la construction de leur ville, l'accomplissement de tous leurs grands travaux ; et c'est sans doute pour ce motif que les Hellènes l'identifièrent a leur Hercule, le héros des grandes entreprises, des œuvres gigantesques. L'idée phénicienne réagit à sou tour sur la conception hellénique, et cette assimilation contribua beaucoup à faire regarder par les mylhographes alexandrins Hercule comme une personnification du soleil.

Le feu était le symbole de la plupart de ces liaalim ou dieux syro-phéniciens. La flamme entretenue sans cesse sur leur autel était regardée comme l'image de leur clarté céleste. Celte idée se retrouve également chez les Aryas et les Perses, dans le culte d'Agni et dans celui de Mitra. Nous ne possédons malheureusement presque aucun détail sur l'organisation de leur culte. Le livre de Daniel donne soixante-dix prêtres au dieu Bel de Babylone (XIV, 9). Chaque divinité avait sans aucun doute son culte et ses rites spéciaux. Les tribus sémitiques n'avaient pas de prêtres proprement dits; le ministre du dieu de la tribu était le zàken ou cheikh, comme cela a encore lieu chez les Bédouins. Tels furent Abraham et Mclkitsédek. Les devins ou prophètes étaient des gens inspirés, qui n'avaient point de caractère exclusivement sacerdotal. A certains dieux , comme à Moloch et à Melkarth, on offrait des sacrifices humains (I), dont l'usage était originairement fort répandu chez les Canauéens, et se ren-

(1) Ces «acrlQrcs avalent tic adoptés par te» Israélite» de la vallée d'Lnnon (Jérém. XIX, 6). Ces sacrifices étalent souvent, comme celui d'Abraham, le résultat d'un vern. On a plusieurs exemple* tic vœux semblables cher les Arabw avant l'établissement du l'islamisme. { f'oy., dans Caussln de l'crceval, Essai sur l'Histoire des Arabes avant l'Islamisme, t. Il, p. W3, l'épisode d'Abdclmottalib. ) l e vnu de Jcphllie était encore du même j;cnre. Clic/, cet laine» tribus ce* sacrilicci étaient plus communs.

IUCC1HJS 384

contrait, quoique plus rarement, clic/, les Sémites; aux autres on adressait des sacrifices moins inhumains, et ou immolait des animaux. On célébrait aussi des fûtes en leur honneur, fêtes qui, si l'on en juge par celles d'Adonis à Byhlos, les seules sur lesquelles nous ayons quelques détails, étaient destinées à rappeler les faits principaux de l'histoire mythique 'de la divinité (1). Chez, les tribus nomades, on se bornait à élever en l'honneur du dieu des stèles de pierre ( lielh-el ), devant lesquelles on faisait des libations (2).

Le culte de Baal et des autres divinités suprêmes, altéré et confondu souvent avec celui des divinités grecques à partir de l'époque alexandrine, se continua dans ce pays jusqu'au temps de Constantin. Ce prince défendit la célébration des fêtes, et (il fermer les sanctuaires de Hiérapolis, de Bybloseld'Aphaca. Toutefois, à Gaza le culte du dim Marnas, le Baal de la ville (3) se prolongea jusqu'au règne de Théodose.

Dans l'Assyrie le culte de Bélus ne semblepas avoir été si vivace. La religion assyrienne fut de bonne heure absorbée par la religion zoroastrienne, et les divinités du ZendAvesta chassèrent les dieux nationaux. Le judaïsme fit aussi beaucoup de prosélytes, d'autant plus que dans la Babylonie il avait emprunt de nouvelles idées au mazdéisme , en sork que la différence entre les deux religions n'était point fondamentale et qu'un fond commun de doctrine rapprochait aiiibi naturellement les disciples de Moïse et les sectateurs de Zoroastre. Toutefois, Pline nous apprend ( ilist. Nat.y VI, 36 ) que le temple de Bélus existait encore de son temps. Dion Cassius (LXXYIH,8) rapporte que ce dieu était adoré à Apamée de Syrie. L'Osrocne et la Mygdonic sont les deux pays où les divinité;; assyriennes conservèrent le plus longtemps des autels et luttèrent avec le plus de ténacité contre les envahissements du christianisme. Mais dans ces provinces la teligiou avait pris depuis l'époque des Arsacides un caractère nouveau, et la trace du culte de Baal ou Bélus s'était sensiblement effacée.

.Alfred Maury.

F. Movers, Vntersuchungen ûber die Religion tmd die Collheiten der l'hônizier, formant le tome l du l'hôniiicr (Ronn, 1S41).

Crcuzer refondu par Guigniaut, Religions de antiquité, t. 11. part. I et III (Paris, 18H-IM9, In S

F. Mlintcr. Religion der Babylonien ; ISM, \n-v

B A ce H lis. ( Mythologie. ) Bacchus eU le surnom d'un dieu hellénique appelé par les Grecs Dionysos. Ce surnom finit par priva-

(l) F oy. n. Rochelle, Us Jardins d'Jdonis, en* cités.

(t) Cènes., XXXV, », 1S. où l'on planlallcn ricaneur du dieu des bois sacre; {C'eut s , X\X. 33 ). (V, Manias, c'cst-A-dirc notre seigneur; tuar -iu).

Page 1