BACCHUS
loir, en Italie , sur le nom 'véritable du dieu et par être appliqué dans la langue latine a toutes les divinités qui furent tour à tour identifiées au Dionysos de l'ancienne Grèce.
Rien n'est plus obscur que l'histoire de cette divinité, plus difficile à débrouiller que ses origines. Si nous en jugeons par Homère et Hésiode , Dionysos n'occupa d'abord dans le panthéon hellénique qu'un rang fort secondaire. Chez le premier de ces poètes, il n'apparaît que comme le dieu du vin , et chez le second , où il s'offre avec le même caractère, il est donné simplement pour l'époux de la blonde Ariadne. Le témoignage constant de l'antiquité, qui plaçait en Crète la légende de cette héroïne, tend à nous faire admettre qu'à l'époque d'Hésiode le culte de Bacchus existait déjà en Crète. D'un autre côté, il ressort d'un grand nombre de passages des auteurs anciens que la Béotie et la Thrace étaient regardées comme les deux berceaux de ce cuite. Il faut donc admettre que Dionysos n'était point dans le principe une divinité topique , c'est-à-dire particulière à un lieu , mais qu'elle était adorée chez diverses branches de la race pélasgique.
Le nom de Dionysos , qui, d'après l'interprétation la plus générale,signifie dieu de Nysa ( Ato< Nvaaïo; ) , indique que c'était la ville ou la montagne appelée Nysa qui avait été le point de départ des cérémonies en l'honneur du dieu. Si doue on pouvait déterminer l'emplacement de Nysa, on trouverait ainsi le véritable berceau du culte bachique. Mais malheureusement , une fois que ce culte se fut répandu , les localités du nom de Nysa se multiplièrent. Chaque pays prétendit à l'honneur d'avoir vu naître le dieu , et ce mot finit par devenir une appellation en quelque sorte propre aux montagnes où se célébraient les fêtes du dieu du vin. On peut même se demander si ce nom de Nysa ne désignait pas originairement un fait symbolique. Dans ces derniers temps , par exemple, un orientaliste a expliqué ce nom par le sanscrit Nisd, la nuit , et a cru retrouver dans Dionysos le dieu védique Agni-Soma. Un autre fait peut nous éclairer davantage sur l'origine de ce culte : c'est sa liaison intime à la culture de la vigne. Cet arbuste n'était point originaire de la Grèce, où il avait été cependant apporté dès une haute antiquité, et il semble indigène dans la Syrie et la Chaldée , où les traditions bibliques nous le représentent planté pour la première fois par Noé. Il est donc vraisemblable de croire que Bacchus était veuu avec la vigne de l'Asie , car il est à noter que la plupart des anciens le dépeignent comme étant arrivé en Grèce à une époque plus récente que les autres dieux. Mais si des notions 6ur une divinité liée à la culture de la vigne
SfJPPL. ENCYCL. MOD. — TOM. I.
furent introduites de la Syrie ou de la Chaldée chez les Pélasges, cette notion fut promptement associée à des idées toutes grecques , et le dieu se naturalisa si complètement, que nom et mythe, compagnons et fêtes, tout prit chez lui une physionomie grecque , sauf bien entendu certains traits à part, qui portent l'empreinte asiatique ; et encore il est à remarquer que ces traces de religions orientales paraissent tenir plutôt à un amalgame postérieur avec une divinité de la Phrygie, de la Lydie , d'un caractère analogue , qu'à un souvenir de la première patrie de ce dieu.
Bacchus , tel qu'il apparaît dans la religion grecque dès le septième siècle avant notre ère , est une personnification de la force de maturation dans les végétaux ; soit que ce dieu eût été dans le principe une de ces nombreuses divinisations du soleil qu'on rencontre chez les Grecs, soit que le caractère solaire ne lui ait été attribué que plus tard et par extension, Bacchus, à l'époque du grand développement de la mythologie grecque , revêt tout à fait les formes d'un dieu solaire adoré dans ses effets sur les productions de la terre.
Ce qui frappe dans sa légende , c'est une intervention fréquente de déesses et d'héroïnes, qui ont toutes la physionomie de personnifications de la iune : Sémélé, dont le nom paratt être une altération du uom de Séléné, la lune; Ino, sœur de Sémélé, nourrice du dieu, que son surnom de Leucothée, la blanche déesse, dénonce comme une divinité lunaire; Ariadne, enfin, fille de Pasiphaé, dont le nom indique l'astre brillant des nuits, et de Minos , dont le nom aussi rappelle celui de la lune ({t^v, privée). Dr, dans les idées des anciens, dans toutes les théogonies asia. tiques , la lune préside au principe de l'élément humide; elle a pour emblème la vache ou le taureau , dont les cornes rappelaient le croissant lunaire , et Bacchus est aussi représenté avec des cornes de taureau , il reçoit les surnoms de taupoxtpwç, TaupotieTtoTto^ , taurokeros , taurometopos. Ce symbole du taureau a fait croire à M. Creuzer que le Dionysos grec symbolisait l'idée astronomique du taureau équinoxial; mais à l'époque à laquelle il faut rapporter la naissance du mythe de Bacchus, les connaissances astronomiques des Grecs étaient encore trop imparfaites pour qu'ils entreprissent de représenter dans un système d'allégorie religieuse les phénomènes célestes : les signes du zodiaque , d'origine vraisemblablement chaldéenne, ne leur étaient point connus, et ils n'avaient d'autres notions que celles que la plus simple observation donne sur la position relative des étoiles. Cette épithèle de dieu porte-cornes , au front de