‹ Encyclopédie moderneChapitre 163 sur 308 · BAHREÏN · texte numérisé non relu

BAHREÏN

parce qu'il ne vit pas la cote d'Arabie ni les lies adjacentes; mais il est facile de concevoir que 8i des lies d'une médiocre étendue et à peine liabitées étaient fréquentées par les pécheurs de perles, à plus forte raison l'esprit actif et commerçant des Phéniciens ne pouvait laisser échapper les trésors que les lies plus grandes renfermaient (1). Les lies Bahréin ont été considérées en général par les géographes comme faisant partie de la province de ce nom. N. des V.

baiamsme. ( Histoire religieuse. ) Michel Baïus, plus connu sous le nom de Michel de Bay, était un docteur de l'université de Louvain, né dans le Hainaut, au commencement du seizième siècle. Ayant acquis par de solides éludes une profonde érudition , il en abusa pour changer la nature de l'enseignement adopté dans l'université dont il était un des professeurs, et énonça un certain nombre de propositions entachées d'erreur. Telles étaient celles qui portaient sur la grâce, le libre arbitre, la charité, la mort de Jésus-Christ, le péché originel, etc., propositions qui furent condamnées par Pie Y le 1 er octobre 1567, au nombre de soixante-seize , et qu'on peut rapporter à trois chefs principaux. Les unes regardent l'état d'innocence de l'homme, et consistent à soutenir que, la destinée humaine étant la béatitude céleste, Dieu devait à la créature, comme une suite naturelle de sa création, toutes les grâces qui peuvent lui donner les moyens d'arriver à ses fins; que la félicité éternelle est plutôt une récompense due par le Créateur qu'une grâce accordée par lui ; que la vie elle-même devait être exempte de maux, et que la mort ne pouvait exister tant que l'homme était resté a l'état d'innocence, ce bonheur durable étant exigé par la loi naturelle, toujours invariable, parce qu'elle a pour objet ce qui est essentiellement bon et juste. Le second groupe de propositions condamnées par le saint-siége regarde l'état de nature corrompue par le péché. Dans le système de Baïus, la transfusion du péché d'Adam, qui n'était autre que la concupiscence, devenante résultat tout phy sique d'une disposition héréditaire , pareille h celle qui transmet certaines maladies d'une gtfhéiation à une autre ; la nature tombée et destituée de la grâce, étant impuissante pour le bien par suite de celte disposition préconçue, se porte an mal, au gré du penchant qui la domine , sans pouvoir même recourir au libre arbitre pour résister, et n'en est pourtant ni moins criminelle ni moins punissable devant Dieu. Enfin, la troisième série d'erreurs enseignées par Baïus a trait à l'état de nature relevé du péché par le Fils de Dieu fait homme et mort sur la croix. Selon

(0 Huren, Babylonien, sect. 11, ch. u.

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lui, la rétribution de la vie éternelle s'accorde aux bonnes actions sans avoir égard aux mérites de Jésus-Christ; elle est la récompense nécessaire de l'obéissance à la loi et la conséquence des œuvres dont le mérite ne saurait être attribué à la grâce sanctiûante.

Cette doctrine, composé bizarre, selon les théologiens orthodoxes, de pélagianisme , de luthéranisme et de calvinisme, se trouvait directement opposée aux doctrines du concile de Trente, el fut en conséquence vigoureusement combattue dès sa naissance par les censures ecclésiastiques. Déjà, en 1552, plusieurs docteurs de l'université de Louvain avaient signalé et flétri de leur réprobation énergique les premières lueurs de cette fausse lumière. En 1560, la Faculté de Théologie de Paris, saisie du jugement à porter sur dix-huit propositions de cette doctrine, en déclara trois fausses et les quinze autres hérétiques. Enfin, la bulle de Pie Y, en date du 1 er octobre 1567, condamna les soixante-seize propositions de Baïus, sans toutefois nommer l'auteur. Celuici essaya en vain de se justilier par une éptlre apologétique qu'il adressa h Borne en 1569; il fallut se soumettre et déposer entre les mains du vicaire général Morillon une rétractation en bonne forme. Dix ans plus tard, les erreurs de Baïus reparaissant de nouveau, Grégoire XIII envoya à l'université de Louvain le jésuite Tolet, porteur d'une bulle qui confirmait celle de Pie Y, et Bai us dut rétracter encore ses propositions de vive voix et par écrit. 11 mourut en 1589, chancelier de l'université. Ses disciples, moins dociles que lui, s'agitèrent plus d'une fois pour réveiller ses idées ou répandre son enseignement. La paix parut enfin rétablie lorsque les théologiens de Louvain eurent dressé un corps de doctrine où toute trace de baïanisme semblait avoir disparu. Cependant, quelques années plus tard, Jacques Jansou, professeur de théologie à Louvain, revint aux opinions de Baïus, et eut pour élève Jansénius, évèquc d'Ypres, qui, dans son livre intitulé Augustinus t tenta do faire revivre une doctrine formellement condamnée , doctrine qui doit être ainsi' considérée comme la source première du jansénisme, dont les propositions, tout autrement célèbres, ont été attaquées et défendues avec un acharnement qui n'a eu qu'un fâcheux effet , et prouve avec quel soin les théologiens doivent, dans l'intérêt de la religion, s'abstenir de tout système particulier pour ne s'attacher qu'aux dogmes de la foi.

balbuzard. ( Zoologie. ) Buffon a appelé ainsi une espèce du genre faucon , de la division des aigles, que Liniié a nommé falco haliœtus, et Gmelin falco arundinaceus.

Plus tard, Cuvier, Savigny et Vieillot ont séparé te balbuzard des faucons, pour en faire

BALBUZARD

— BALEINE

le type d'un genre particulier. Le balbuzard est ainsi devenu un genre de Tordre des oiseaux de proie , de la famille des falcacidées et de la sous-famille des aquilinées.

Cet oiseau a le sommet et le derrière de la lête garnis de plumes effilées assez longues, brunes , bordées de blanc ; une longue bande brune, qui de cbaque côté descend de l'angle de l'œil, et se confond , en s'élargissant , avec les rectrices supérieures, qui sont de la même couleur et légèrement bordées de blanc ; la poitrine blancbe, avec des taches brunes et fauves, plus nombreuses et plus foncées dans le jeune âge ; les cuisses et l'abdomen blancs ; les grandes rémiges noirâtres , dépassant la queue de plus de deux pouces. La queue ellemême est carrée , brune , marquée de lignes transversales plus foncées, et terminée par une petite frange bleuâtre dans les jeunes individus. Le bec , noir, est assez grand, presque droit à sa base, à pointe très-crochue , trèsacérée et très-prolongée; les narines obliques; les cuisses et les jambes très-musculeuses , vêtues de plumes courtes, serrées et lustrées, couvrant aussi le haut de la partie antérieure du tarse ; ces tarses fort courts , mais gros et garnis d'écaillés hexagones , rudes et saillantes ; les doigts robustes ; les ongles presque égaux entre eux , très-grands, arqués en demi-cercle, et non creusés en gouttière.

Le balbuzard se nourrit presque exclusivement de poissons. Perché sur les grands arbres qui bordent les lacs et les rivières, embusqué sur les rochers du rivage , ou planant au-dessus de l'eau , il attend que sa proie se montre à sa portée , fond sur elle avec la rapidité d'une pierre qui tombe, et l'enlève avec une singulière adresse. Mais parfois il ne lui est pas donné de se rassasier tranquillement du produit de sa pêche : il lui faut combattre un redoutable ennemi, dans une autre espèce d'aigle , qu'on appelle vulgairement l'aigle à téle blanche. Ce pirate , abusant de sa force supérieure, fond sur le balbuzard au moment où il s'élève dans l'air tenant le poisson qu'il vient de saisir ; il le harcèle, le fatigue, le force à laisser enfin échapper sa proie, et, se précipitant après elle avec la rapidité de la foudre, la rattrape et s'en empare pendant qu'elle tombe encore.

Le balbuzard niche indifféremment sur les arbres et dans les fentes des rochers ; sa ponte consiste en trois ou quatre œufs, d'un blanc jaunâtre, tachetés de points rougeâtres. Sa chair, très-désagréable, exhale une fétide odeur de poisson.

Cet oiseau parait appartenir à toutes les régions des deux continents. Le balbuzard d'Europe est commun dans la Bourgogne et daus les Vosges , où il dévaste les eaux douces des étangs et des rivières. Le balbuzard

de la Caroline , qui ressemble beaucoup au précédent, habile au bord de l'Océan, et se nourrit de poissons de mer.

baleine (Pêche de la). Plusieurs passages des auteurs anciens prouvent que la pêche de la baleine n'a pas été connue dans l'antiquité. Voyons d'abord, dans le livre de Job, ce qu'on en pensait chez les Hébreux. Cet éloquent interprète des tristesses et des misères de la vie prend texte de l'impossibilité de pêcher la baleine pour prouver combien la force de l'homme est bornée. « O homme ! dit- « il , entralneras-tu la baleine avec ta ligne , a et lui lieras-tu la langue avec une corde?

« lui passeras-tu un anneau dans le nez , et « lui perceras-tu la mâchoire d'un fer aigu? « la réduiras-tu à te demander grâce? tes « compagnons la couperont-ils par pièces, et « les négociants trafiqueront-ils de sa chair? « de sa peau rempliras-tu tes filets , et de sa « tête les viviers? mets la main sur elle, sou- « viens-toi de la guerre , et ne parle plus ». On a dit cependant que des haleines avaient été pêchées par les anciens Arabes ou par les Éthiopiens; mais un ne voit nulle part qu'ils en aient fait un commerce régulier, et il est plus que probable qu'ils se contentaient de dépouiller et dépecer celles qui venaient échouer sur leurs rivages. — A Rome, au temps de Claude, une baleine ayant échoué dans le port d'Ostie , l'empereur voulut se donner le plaisir de celte pêche. Suivant les historiens contemporains, voici comment on s'y prit. L'étroite entrée par où la baleine avait pénétré dans le port fut fermée par des cordes et des filets. L'empereur en personne, accompagné des archers de la garde prétorienne , monta dans une barque. D'autres archers furent répartis en différents esquifs, et tous ensemble lancèrent leurs traits sur le monstre marin.

Il y eut , dit le narrateur, plusieurs barques submergées par l'énorme quantité d'eau que la baleine lançait par ses évents. A ce récit, on voit clairement qu'on ignorait également à cette époque les mœurs de la baleine et le parti que le commerce peut tirer de ses dépouilles. Parmi les quarante-deux sortesd'huile que Pline cite dans ses ouvrages , il n'a pas lait mentiou do l'huile de baleine; tout ce que dit à ce sujet le naturaliste latin, c'est que les Asiatiques se servaient de la graisse de cet animal comme de celle des autres poissons de mer, et qu'entre autres usages ils eu frottaient leurs chevaux, afin de les préserver de la piqûre du taon. Plutarqiic cite comme un événement extraordinaire l'échouement de quelques baleines sur les côtes de la Méditerranée.

Les Biscayens du cap Breton, prèsBayonne, seraient, d'après les géographes, la première population maritime qui entreprit une pêche régulière de la baleine. Ils eu observèrent qui

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