BANQUET
anciens législateurs,ont reconnu cette bienfaisante influence des banquets. Aussi les théogonies , en en faisant l'image de la table des dieux, leur donnent-elles une origine céleste, et les constitutions politiques et religieuses de l'antiquité s'accordent-elles pour en prescrire l'usage, si nécessaire au maintien de la paix entre des peuplades confédérées, et si propre à donner des charmes à l'exercice de l'hospitalité , ce premier germe du droit des gens , cette première garantie du commerce international. Dès lors les banquets ne servent plus seulement à fêter les heureux événements de la vie de famille; ils entrent dans la célébration du culte , des joies et des gloires de chaque peuple, et servent à perpétuer le souvenir des saintes et grandes journées par d'annuelles commémorations.
Les banquets publics auxquels prenaient part soit une cité tout entière, soit une tribu ou une corporation ou confrérie d'individus, étaient parfois offerts par les plus riches citoyens. Tantôt l'approvisionnement était fourni à l'aide de cotisations individuelles, tantôt l'État se chargeait de la dépense. Ces repas, donnés aux frais du trésor national, et auxquels par cela même chacun avait le droit de s'asseoir, répugnaient très-probablement aux classes supérieures de la société; car c'est sans nul doute à ces dédaigneux que, dans le second chant des Œuvres et des Jours , Hésiode adresse les paroles suivantes : « Ne vous faites pas une peine d'assister aux festins publics, quand c'est en effet le public qui les donne : c'est un honneur sans être une dépense. » Dans la pensée du législateur, ces repas en commun avaient le double but d'accoutumer les hommes à la frugalité et à l'économie et de les rappeler au sentiment de l'égalité. Aristotenous apprend que l'Italie ne reçut pas seulement son nom du roi Italus, et que celui-ci y apporta l'usage des repas publics , usage qui fut successivement introduit chez les Crétois par Minos, et par Lycurgue, son illustre plagiaire, chez les Lacédémoniens- Les banquets des sociétés naissantes ( nous ne parlous pas ici des repas privés offerts par la richesse, mais des festins publics de solennisalion et d'anniversaire) conservaient, comme toutes les réunions de ces temps primitifs, une sorle de caractère religieux, qui renfermait les élans de la joie dans les limite» de la plus parfaite décence. Tous les excès en étaient bannis, et la fête se terminait par des lihationsnnx dieux, que les convives, dans leur naïve croyance, supposaient invisiblement assis au milieu d'eux.
.... Mensœ credere adesse deo*.
Orid., Fatt., VI. 306.
La table était alors d'une héroïque simplicité. L'âge d'or avait fui, emportant les »e-