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BANQUET — BA

taient leurs soldats ^et passaient de mystérieuses revues, se tinrent fréquemment pendant la période des troubles de nos rues, et ne disparurent que lorsque le parti, vaincu par les armes, contenu par les lois, abandonna l'arène de la lutte, consciencieux de son impuissance. L'avenir semblait dégagé, le pays jouissait depuis de longues années d'un gouvernement d'ordre et de liberté. Sa prospérité allait croissant de jour en jour quand s'ouvrit cette fameuse campagne des banquets, dont le résultat fut une révolution.

A la fin de la session de 1847, la coalition parlementaire concerta un plan d'agitation générale de Paris et des départements sous la forme de banquets politiques. L'initiative de cette agitation lut prise par l'opposition dynastique, « comme si, dit M. de Lamartine dans son Histoire de la révolution de 1848, l'impatience eût été, dans les hommes rapprochés et ambitieux du pouvoir, une passion plus aveugle que la logique même des républicains. » Ceux-ci aperçurent avec la clairvoyance de la passion la portée de cette mesure révolutionnaire des banquets. Trop faibles de nombre et trop suspects à l'opinion pour oser et pour agir seuls , ils sentirent qu'ils allaient avoir pour auxiliaires les amis mômes de la monarchie, et se mirent à leur suite, assurés que le butin de la victoire n'échapperait pas à leurs mains.

Le banquet du Château- Rouge à Paris fut le signal d'une série de banquets d'opposition dans les principales villes du royaume. Ici les républicains réunis aux agitateurs dynastiques couvrirent de paroles élastiques et vagues les incompatibilités de leur programme. M. Odilon Barrot y fut vivement applaudi, et quand, à Ta fin du repas, il se précipita dans les bras de M. de Lasteyrie, ce tableau excita un enthousiasme général. Villustrechc/dela gauche constitutionnelle, comme on disait alors, ne demandait, ainsi que ses amis, qu'un changement de ministère. « Mais il arriva que leurs vaines clameurs, c'est M. Louis Blanc qui parle, fureut renvoyées par maint écho ignoré, qui leur donna, en les répétant , un accent formidable. » Ces messieurs durent réfléchir. Aussi, 'au banquet de Lille, M. Barrot re« fuse-t-ilde siéger si l'on ne donne pas un signe d'adhésion à la monarchie constitutionnelle par un toast au roi — Les républicains , qui «entent leur force, refusent net, et chaque parti marche alors sous son drapeau. A Dijon MM. Flocon et Ledru-Rollin, devant treize cents ' personnes, ouvriers, prêtres, industriels, commerçants, magistrats, dans une immense salle qui avait pour ornement les drapeaux et les devises de la liberté, firent retentir des paroles que M. de Lamartine, saisi de frayeur, appela le tocsin de l'opinion. — Le banquet de Cuâ-

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