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AGE — BARBIER

passa de là chez les Romains. Les dénominations de Kovptûc et de tonsor, ainsi que tous les mots qui en dérivent, prouvent suffisamment que la profession désignée main tenant par le nom de barbier consistait principalement à couper les cheveux. C'est le soin de la chevelure, soin qui précéda chez les peuples de l'antiquité, la mode de se raser le visage, dont la nécessité donna naissance à ces officines des tonsores, devenues rapidement des lieux de rendez-vous où tes oisifs et les bâtards allaient chercher ou porter des nouvelles. Eu effet, en Grèce comme à Rome, les hommes y accomplissaient les détails minutieux de la * toilette, pour lesquels ils ne possédaient pas tout l'attirail nécessaire. Il fallait être riche pour avoir à son service quelque habile esclave muni des rasoirs, peignes et miroirs formant la trousse du barbier. De celte pénurie résultait l'obligation d'une visite matinale à la tonstrine ou boutique du tondeur remplie d'une foule sans cesse renouvelée, et l'une des étapes journalières de celte vie , toute passée en public, que faisait aux anciens leur organisation politique (i).

Les barbiers avaient trois occupations principales. Ils coupaient les cheveux, en mettant leur habileté à les tailler bien égain d'abord, et ensuite à suivre habilement la mode établie ou à en inventer de nouvelles; pour accomplir celte opération, ils se servaient non de ciseaux, mais de rasoirs de différentes grandeurs et plus où moins tranchants. Accessoirement, ils arrachaient les cheveux gris clair-semés sur les jeunes têtes (2) , ou teignaient, d'après des receltes aussi variées que savantes , les chevelures que l'opération précédente aurait trop rapidement éclaircies. U seconde occupation des barbiers consistait à raser le visage , et ils essuyaient le menton des gens auxquels ils venaient de faire la barbe avec une serviette d'une étoffe à poils qu'on nommait ù(tôXivov, parce qu'on la posait sur les épaules des patients et qu'elle était lissue aVec du lin non roui (3). Enfin le troisième emploi des barbiers, qui s'exprimait par le mot éw»x&iv, consistait à couper les ongles des mains (4), ce qui se faisait avec des petits couteaux d'une forme particulière (5). L'antiquité nous a laissé un petit poème de Phanias sur le barbier Eugathès, qui contient une énumération comique de tous les outils nécessaires aux fonctions du xovpeû; et aux soins de la toilette (6).

(1) I.uclan., Àdv. indoct., c. S9. - Polloi, Onomatt,, ll,S«, X, lio. - Aristoph.. Achanx.. s*» (1) Ariatoph.. F.quit., 908.

(5) y Plut., IH (iarruiit., p. «Il, (4) Artemtd., I, », p. 3«.

[«> Pollux, OnntnatL, X, Ha.

(6) AnalccL, t. Il, p. 5S, C. - fof. Bevlligcr, Jtfbute, trad. tranç., p. m-vu.

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