ADONIS — ADRIA
phagede la villa Giustiniani aujourd'hui au Vatican , un autre du Casino Ruspigliosi, un bas-relief du Musée du Louvre, un autre basreliefde la villa Borghèse représentent successivement d'abord Vénus et Adonis assis à côté l'un de l'autre , puis le départ du chasseur, puis sa mort, puis enfin la douleur de la déesse (l). Plusieurs peintures trouvées à Pompéi représentent également le triste sort du jeune amant de Vénus. Parmi les miroirs étrusques , quelques-uns ont aussi pour sujet les amours d'Adonis avec la déesse de ta beauté. Là l'image de la mort ne vient plus attrister les yeux ; ce sont les caresses de deux amants, et la détermination du personnage d'Adonis serait difficile au milieu du grand nombre de dieux ou de mortels favorisés par la déesse, si le nom du jeune héros ne se trouvait le plus souvent gravé en caractères étrusques sur les monuments de ce genre.
Quant aux vases peints , bien qu'aucune inscription ne soit venue mettre hors de toute contestation l'explication de plusieurs vases par le mythe d'Adonis, on ne peut guère douter, d'après les nouvelles découvertes et les travaux récents de quelques archéologues (2), que plusieurs scènes où deux amants assis l'un près de l'autre se livrent à de douces caresses ne doivent se rapporter aux amours d'Adonis et de Vénus.
Creuzcr, Religions de r Antiquité, t. II, 1° et 8* partie, trad. de M. Gulgnlaut.
Engel. Kypros, vol. II.
Raoul Rochelte, Choix de Peinture* Antiques, p. lis et sulv.
Otto lalin, lettre à M. de Wltte sur les représentations d'Adonis, en particulier dans les peintures tle vases, onn. dl Correspond. Arcbeolog., 1845.
J. de Witte, Lettre à M. Otto lahn sur les représentations d'Adonis, ann. dell' Instituto di Corr. Arcbcol., 18*5.
A. Noël des Vergers.
adoptiens. ( Histoire ecclésiastique. ) On a nommé Adoptiens, dans l'histoire ecclésiastique, des hérétiques qui au huitième siècle prétendaient ne reconnaître en Jésus- Christ, en tant qu'homme , qu'un fils adoptif de Dieu. Ils eurent pour chef , sous le règne de Charlemagne, Élipand, archevêque de Tolède, qui avait consulté, sur la filiation du Christ, Félix, évêque d'Urgel, son ancien précepteur, et qui en avait reçu pour réponse que Jésus en tant que Dieu était bien véritablement engendré par le père, mais que comme homme et né de Marie il n'était plus que son fils d'adoption. C'était renouveler l'erreur de Neslorius. Le pape Adrien condamna la doctrine des deuxévôques, car Élipand avait
(J) Vay. lettre de M. de Wltte à M. Otto lahn sur les représentations d'AdonU.^«n. dcl'Inst.Archeol., nnnee 1843.
(?) F ny. la lettre de M. de Wltte déjà citée , et qreuwr, mr Galerie der alten Dramtike'r,
adopté l'opinion de son maître, et trois conciles, celui de Narbonnc en 788 , celui de Katisbonne en 792, et celui de Francfort-sur-le- Mein en 794, se prononcèrent contre eux. Les deux prélats se soumirent d'abord, puis ils retombèrent dans leur erreur malgré les près* santés réfutations qu'avaient formulées contre eux Alcuin et saint Paulin, patriarche d'Aqui* lée; en sorte qu'ils moururent dans l'hérésie. On a appelé aussi leurs sectateurs Féliciens, d'après le nom de l'évèque d'Urgel.
Hist.de r Église Gallie., t. V. an. 799; Nouvelles littéraires de la mer Baltique, 1699, mois d'août, et Acta Sanct. BenedicU, IV ssec. t p. 1 prttf. f { t.
ADHA8TB. (Mythologie. ) Voy. Toéaaine (Guerre).
ADRIA. ( Géographie ancienne. ) Deux villes d'Italie ont porté ce nom dans l'antiquité, avec cette différence toutefois qu'il s'écrivait pour l'une d'elles Adria, pour l'autre Hadria. Lorsque la raison de cette double orthographe fut peu à peu tombée en oubli, il s'établit une confusion qui fit tantôt donner h. chacune des deux villes la lettre additionnelle , tantôt les en priva toutes deux, de façon qu'on en viut à écrire indifféremment Hadria et Adria pour la ville située dans le fond du golfe Adriatique comme pour celle qui existait dans le Picenum.
La première de ces deux cités, qu'on nommait Adria Veneta, devait avoir autrefois une grande importance, puisqu'elle donna sou nom à la mer au bord de laquelle elle était bâtie (1). Sa fondation appartenait à des temps si reculés, que les Grecs la faisaient remonter jusqu'à la guerre de Troie et l'attribuaient à Diomède (2). On sait tout ce que de pareilles traditions ont d'incertain et d'obscur; mais rapprochées de ce que nous savons sur l'origine des villes voisines , Spina et Ravenna , elles acquièrent un certain degré de probabilité, et on peut en conclure que ces trois villes furent, à une époque très-reculée, fondées par cette race errante qu'on nomme quelquefois les Thessaliens, quelquefois les Pé* lasges, et qui, selon l'opinion de Micali, devrait porter le nom de Tyrrhéniens. Lorsque les anciens Toscans eurent étendu leurs conquêtes dans le nord de l'Italie, il est plus que probable qu'Adria tomba en leur pouvoir, et l'on peut regarder comme certain qu'elle leur appartint durant le temps où se maintint leur prospérité ainsi que leur domination sur l'Italie centrale depuis la mer d'Étrurie jusqu'au golfe Adriatique. Selon Hécalée , cité par Étienne
(1) Hecat., ap. Steph. Byz., *. t>. 'Aîpi'ot. — Theoponip.. ap. Strab., VII, «19. — Strab., V, p. 143. — Scylax, Peripl., p. 12. - Liv. V, 33. - Plio., III, 16.
(S) Steph. Byz., I. c — Justin. XX. 1. Voyez, encore sur l'origine grecque d* Adria un mémoire de Wclckcr sur les vases trouvés dans cette vUle, Bnllfit. di CorrUp./lrcheot.,im, p. in,