‹ Encyclopédie moderneChapitre 19 sur 308 · ADRIA · texte numérisé non relu

ADRIA

«le Byzanee (1) , Adria était située sur une rivière et au bord d*une baie qui portaient !e même nom qu'elle. La rivière, c'est le Tartaro ; mais la baie dans laquelle elle avait son embouchure est comblée depuis longtemps. Le vaste port dont parle Pline (2) est peut-être l'Hadrianum des Itinéraires : il faudrait admettre dans ce cas que, ainsi qu'il arrivait souvent dans les anciennes cités , le port se trouvait à quelque distance de la ville à laquelle il appartenait. La prospérité d'Adria n'a pas survécu à la puissance des Toscans au nord des Apennins. Bien que sa situation avantageuse et facile à défendre pût la leur conserver encore après la perle de leurs autres possessions de la haute Italie, il est probable qu'ils l'abandonnèrent vers le milieu du quatiième siècle après la fondation de Rome (3). Adria existait encore au temps de Slrabon , mais ce n'était plus qu'un bourg sans aucune importance (4). Aujourd'hui cest une petite ville du royaume Lombard-Vénitien , dans le gouvernement de Venise. Elle a une f/opulation de 9,000 habitants. Elle est située sur le canal Bianco , à 20 kilomètres de la mer, reculée par les atlerrissements du Pô.

L'autre Adria, Adria Picena, para» avoir formé avec son territoire, connu anciennement sous le nom de Adrianus Ager, un petit État indépendant, et avoir subsisté ainsi jusqu'au moment où elle devint colonie romaine et fut comprise dans la province du Picenum. L'origine de cette cité, comme celle de son homonyme de la Vénélie, est entourée de profondes ténèbres. Pourtant, et malgré le silence des auteurs anciens à cet égard, on peut induire de la teneur générale de l'histoire des Étrusques, qu'Adria Veneta fut la métropole d'Adria Picena. C'est l'avis des meilleurs critiques. Les Tyrrhéniens Pélasges, repnussésdu nord de l'Italie, ne voulurent pas renoncer à la lucrative navigation de l'Adriatique, et nous savons par Strabon (5) qu'ils avaient des possessions sur la côte du Picenum. Nulle preuve émanée des anciens écrivains ne constate, il est vrai , qu'Adria leur ait appartenu ; mais les nombreuses médailles qu'un y a trouvées portant une légende en caractères étrusques peuvent suffire à établir le fait (6). Il y a aussi des médailles de la mémo ville dont l'inscription est en lettres grecques , et on a conclu de là qu'Adria reçut plus tard une colonie hellénique (7). Cette colonie était venue de Syracuse , dirigée sur

(i) Loe. cit.

(S)Den. Hat., VII.3.

(«) Strab.. V,ïl*. - Tac, Hist., III, 15. - Ptol., p. €8. 15) V, t*i.

(c) yoy. Zarul. t. 111, p. 6*3. - Mionnct, Mid. Jnt., I, p. — R«>nianc!tl, part. III, p. 308. (?) Matzochi,'/W«f fleracl. Prodr. diatr., 1, c. 8.

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ce point par Denys l'Ancien (I) tant pour protéger la navigation sicilienne dans l'Adriatique que pour surveiller et réduire les réfugiés syracusains qui, fuyant sa tyrannie, s'étaient retirés à Ancône(2). D'après une autre opinion, la colonie d'Adria se composait de ces réfugiés eux-mêmes. En effet, l'historien Philistus, banni de Syracuse, écrivit à Adria la plus grande partie de ses œuvres (3). Mais ce fait ne parait pas très-concluant , la volonté du tyran ayant fort bien pu indiquer pour lieu d'exil à celui qu'il condamnait à la déportation une des colonies de la métropole. Environ un siècle plus tard , nous apprenons qu'une colonie romaine fut envoyée à Adria (4). Cette ville était située à quelque distance de la mer, entre la rivière Vomana (5) et le fleuve Aterne.'mais plus près de ce dernier, à l'embouchure duquel se trouvait son port (6). On pense généralement que l'empereur Hadrien descendait d'une famille originaire d'Adria (7).

Cette ville s'appelle aujourd'hui Atri, et son port, situé à l'endroit où il était déjà jadis, se nomme Porto d'Alri. Atri est une ville du royaume de Naples, dans la province de l'Abruzze-fJltérieure , au sud-est de Teramo. Elle est peuplée de 5,500 habitants.

jEVUM. (Mythologie.) Des mythographes modernes ont supposé que ce nom servait aux Romains des temps postérieurs pour désigner un être de raison , dont ils avaient emprunté l'idée au culte de Mithra, cher les Perses, et qui était la personnification de la force immobile du temps. Cet être était représenté sous la forme d'un homme nu, le visage couvert d'un masque de lion , debout sur une sphère entourée de deux zones qui se croisent. Le corps est enlacé par un serpent, qui décrit plusieurs tours depuis les pieds jusqu'à la tête, et mord le sommet de la face du lion. Sur le dos sont attachées quatre ailes, dont deux tournées en haut et les deux autres en bas. La main droite tient une clé, la gauche une mesure marquée de plusieurs divisions. Sur quelques monuments, on distingue les signes du zodiaque, gravés sur le corps entre les replis du serpent. Voici comment on a cherché à expliquer la signification de ces divers attributs. Le masque de lion doit indiquer la force dévoratrice du temps; le serpent, ses retours périodiques; les ailes, sa vitesse. La clé servirait à l'ouverture et à la fermeture des portes qui don-

(l) Ticlr.. ap. Lycophr., gjo.

(S) Strab., V, p. 166.

(3) Plut., Fit. Dion.

(») Llv., Epit., XI; XXVII, 10.

(5) SU. IUI., VIII, 43».

(61 Strab., V, p. S4t. - Met., Il, *. — PHn . lit, 13. — Ptol., p. 6.

(7> Aur. vtci., Ha<\r. - 4Ulan, Spari., Natlr,

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nent passage au soleil. La mesure désignerait les points d'arrêt et les divisions régulières du temps. Enfin la sphère figurerait là l'univers , sur lequel le temps exerce ses diverses actions , et le zodiaque rappellerait les révolutions périodiques du soleil, sur lesquelles se base la division du temps et son évaluation.

D'après les récents travaux de M. Lajard sur un nouveau bas-relief représentant le sujet que nous venons de décrire, bas-relief trouvé à Vienne en Dauphiné, dans l'année 1840, tes figures léontocéphales que Zoéga et d'autres antiquaires après lui avaient prises pour une personnification du temps, jEvum (1), sont la représentation de Mithra, roi du ciel mobile, reconnaissable au symbole solaire de sa tète de lion, à ses deux ailes ascendantes, qui attestent son origine divine et ses fonctions célestes, aux clés qu'il tient à la main, et qui sont, l'une la clé de la porte du soleil, l'autre la clé de la porte de la lune. Lorsqu'il ne tient qu'une clé, c'est celle de la porte du soleil , et l'objet qu'il lient de l'autre main n'est point une mesure , mais un sceptre, emblème de sa puissance. Les deux ailes inférieures, qui s'abaissent vers la terre, indiquent que Mitltra est pareillement chargé du gouvernement de la région terrestre, à laquelle il distribue les saisons, les jours, les nuits, la pluie, la chaleur, les fruits et les moissons. Quant au serpent qui s'enroule autour de sou corps, il rappelle la route tortueuse que le soleil, selon les idées des anciens, suivait dans l'écliptique (2).

affranchi (3). (Histoire romaine.) L'affranchi chez les Romains s'appelait, du mot libertas, liberté, ou Ubertus ou libertinus; liber fus, quand il était fait mention verbale ou tacite du patron : l'affranchi de Cicérou, de César, mon affranchi, liberlus Cœsaris, meus liber (us ; et libertinus, quand on désignait l'état de celui qui d'esclave était devenu libre, libertinus homo, liberiina conditio. Cette propriété d'expression n'a pas été constante : libertinus a désigné aussi le fils de l'affrauchi, Ubertus.

Les Romains furent près de deux siècles avant d'admettre qu'un esclave pût sortir de sa condition. Le roi Servius Tullius, qui luimême n'était pas d'origine libre, fut le premier qui affranchit des esclaves et en fit des citoyens. La liberté que les patriciens continuèrent d'accorder aux esclaves qu'ils en jugeaient digne» fut assez longtemps encore la récompense de la bonne conduite, de la probité , du dévouement. Très-peu d'esclaves se rachetaient au moyen du pécule (4) ; mais à

(0 fojr. Zoéga. Bats i rillevi di Roina, t II, p M-*o. (S) Mémoires de l'Acad. des Inscr., nouvelle série, t. XV. p. 901 et sulv.

(S} Du mot germanique Frank , libre.

{*) ftcnlum, gratification donnée par le maître à

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