‹ Encyclopédie moderneChapitre 185 sur 308 · BAYADÈRE 4Î · texte numérisé non relu

BAYADÈRE 4Î

saison; les environs étaient pittoresques, les jeux animés, la société choisie : il n'en fallait pas davantage pour amener la vogue à laquelle Bath a dû les embellissements qui en ont fait une des plusjolies villes delà Grande- Bietagne. Les Romaius, grands amateurs des eaux thermales , avaient, peu de temps après la conquête , fondé près de l'emplacement des sources une petite cité, à laquelle ils avaient donné le nom À'Aqux-Solis : on voit encore les vestiges des thermes où les légionnaires de l'Italie venaient essayer de guérir les douleurs qu'ils devaient à la rigueur du climat; et les ruines d'un temple qu'on croit élevé à Minerve remontent, dit-on, au beau-père de Tacite, à Cn. Julius Agricola. Aujourd'hui, la cathédrale gothique, la place de la reine, le cirque, la place d'armes , le théâtre , le bazar, l'établissement des bains méritent une mention particulière. La ville compte environ cinquante mille habitants, sans y comprendre les nombreux étrangers qu'y ramène la saison des eaux, bien que leur gloire soit en partie éclipsée depuis que les lieux de plaisir se sont multipliés en Angleterre.

bayadère. Ce mot, dérivé du portugais, sert à désigner des femmes de J'Inde qui se livrent au chant et à la dause*. soit dans uu but religieux , soit pour le plaisir des grands et des riches. Leur état, qui dans nos mœurs n'aurait rien de très-honorable , est dans le pays l'objet de certains respects, justifiés par la réunion des qualités et des talents qu'on exige de ces prêtresses du plaisir. Choisies parmi les jeunes filles les plus jolies, elles sont élevées avec un grand soin, et n'exercent leur art en public que le jour où elles y ont acquis une grande perfection. Elles sont divisées en quatre classes : les dévédachis, les natchés, les veslialiis et les cancenis. Les deux premières de ces classes out des fonctions toutes religieuses : elles animent les cérémonies du culte par leurs chants et leurs danses; elles diffèrent seulement en ceci que les dévédachis habitent les temples, et n'en sortent pas, tandis que les natchés, nu contraire, ne sont pas attachées à un temple particulier. Les deux autres classes sont consacrées aux divertissements des grands seigneurs de l'Orient. Il y a quelques années, nous avons eu, sur un des théâtres de Paris, aux Variétés, le curieux spectacle de danses indiennes, exécutées par des Bayadères qu'on s'accordait généralement à regarder comme authentiques. Ces danses, dont chacune avait un nom significatif, tel que le Poignard, la Colombe, etc., se composaient de mouvements tantôt violeuts et désordonnés, tantôt voluptueux et lascifs, dont le caractère, quel qu'il fût, devenait de plus en plus marqué du commencement à la fin. Elles se recommandaient par

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