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BAYADÈRE

une extrême souplesse et par une étrange agilité, qui étaient loin d'ailleurs de manquer de grâce et de charme.

belladone. ( Botanique et ThérapeU' tique.) Atropa belladona. Plante de la famille des Solanées, penlandrie monogynie de Linné; une des plus vénéneuses de nos climats. La belladone croit de préférence sur le bord des chemins, dans les parties défrichées des bois; elle s'élève à la hauteur de trois à six pieds et forme quelquefois un buisson à cime arrondie; sa lige est verte, cylindrique, dichotome; les feuilles sont alternes ou géminées, aiguës, entières , molles au toucher, d'un vert foncé, pubescentes sur les nervures. Les fleurs sont solitaires, pendantes; calice à cinq divisions, aiguës ; corolle campaniforme, à cinq lobes arrondis , d'un pourpre obscur; cinq étamines, insérées sur la corolle , à filets courbés en dedans; anthères biloculaires, s'ouvrautpar des fentes longitudinales ; pistil porté sur un disque jaunâtre , composé d'un ovaire surmonté d'un style filiforme, à stigmate aplati, bilobé. Le fruit est une baie faiblement déprimée , de la grosseur d'une cerise, verte d'abord, d'un noir violacé plus tard, couronnée sur le calice et renfermant des graines réniformes et chagrinées. — Nous insistons sur cette description parce que la belladone est très-commune, et que l'apparence agréable de son fruit et sa ressemblance avec la merise portent souvent les enfants et même de grandes personnes à en manger. 11 est cependant facile de distinguer le fruit du merisier de la baie de belladone : celle-ci est couronnée d'un calice persistant et contient des graines réniformes et chagrinées à leur surface; la merise ne porte pas de calice, et coutient un noyau ; ces caractères dîslinctifs peuvent-être appréciés même sur les fragments de belladone qui sont rejetés parle vomissement.

La belladone doit ses propriétés vénéneuses à un principe immédiat, découvert par Brandes, l'atropine, qui se comporte comme un alcaloïde. Cette substance abonde dans la racine ; sa proportion est moindre dans les feuilles et les fruits. Quelques animaux, comme les lapins, peuvent se nourrir impuuément de belladone ; mais c'est un poison énergique pour le chien, pour les oiseaux et pour l'homme. Il est certain qu'une personne adulte et en santé peut sans inconvénients manger quelques baies de belladone ; mais on aurait tort de se fonder sur ces faits exceptionnels et de croire qu'on s'est plu à exagérer les propriétés vénéneuses de cette plante. M. Gaultier de Claubry a eu l'occasion de les observer sur une grande échelle ; cent cinquante soldats campés dans le bois de Pirna, près de Dresde, se jetèrent, pour élao-

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