BELLADONE
cher leur soif, sur des baies de belladone, et en mangèrent chacun en quantités diverses; ils éprouvèrent les symptômes de l'empoisonnement, quelques-uns furent trouvés morts au pied même des buissons dont ils avaient cueilli le fruit, Les symptômes de l'empoisonnement variaient avec ta quantité de fruit ingérée. En général, il y a des nausées, des vomissements ; les yeux sont rouges, hagards; la pupille est extrêmement dilatée et immobile, avec trouble et même abolition de la vue ; il y a un délire gai , rarement de la fureur; le malade passe sans cesse du calme à l'agitatiou , de la taciturnité à la loquacité la plus déréglée; on observe aussi la sécheresse de la gorge , l'impossibilité d'avaler, et quelquefois de parler; la circulation et la respiration présentent des phénomènes variables. La dilatation de la pupille et le délire sont les symptômes les plus constants et les plus caractéristiques de l'action de la belladone. On ne connaît pas de contre-poison de cette piaule ; en conséquence, le traitement de l'empoisonnement consistera d'abord à provoquer par des vomitifs et des purgatifs l'évacuation du fruit ingéré , et ensuite à combattre un à un les symptômes qui se manifesteront ; il sera bon d'administrer du café s'il y a de la torpeur ou de la somnolence.
La belladone est facilement absorbée par la peau recouverte ou dénudée de son épiderme, par la muqueuse de l'œil, de l'estomac, de l'intestin ; l'effet principal qui résulte de celle absorption consiste dans la dilatation et l'immobilité des pupilles des deux yeux, avec trouble plus ou moins prononcé de la vision. On obtient cet effet sur les deux yeux en appliquant la belladone sur un d'eux seulement La jusquiame partage celte propriété avec la belladone, mais à un moindre degré.
On la met en usage daus le traitement des maladies des yeux , lorsqu'il s'agit de combattre un resserrement spasmodique de la pupille, d'empêcher des adhéreuces de s'établir entre l'iris et les autres parties intérieures de l'œil, ou quand on veut éviter la piqûre de l'iris dans l'opération de la cataracte. L'extrait de belladone uni au cérat mercuriel est employé avec succès dans les cas d'iritis.
La belladone a été proposée comme succédanée de l'opium pour produire le sommeil ; mais elle réussit très-mal dans ce cas, et à dose un peu élevée elle produit de l'agitation plutôt que du calme. Mais elle a une action stupéfiante des plus marquées sur la contractilité des muscles et sur la sensibilité ; aussi a-t-elle été employée avec succès dans les affections douloureuses et spasmodiques. Elle réussit très-bien dans les névralgies qui n'ont pas le caractère inlermilleut ; elle calme les douleurs de la goutte aiguë, du rhumatisme,